vendredi 20 février 2015

Légende urbaine : finir ses repas par un produit laitier protège les dents.


Pour une fois une légende urbaine qui n'en est pas une !

Oui les produits laitiers protègent les dents de l'attaque carieuse. Mais dans certaines conditions.

Vous le savez chez le jeune enfant, la consommation régulière de boissons sucrées dont le lait provoque le syndrome du biberon (qui n'est pas liée au contenant mais au contenu).

Une consœur (Dr Amandine Neveu) a fait sa thèse d'exercice sur le lien entre allaitement maternel et caries. Si l'allaitement prolongé doit être encouragé, il faut savoir que le brossage et la surveillance des dents temporaires doivent être accru.
Les caries se développent plus facilement avec des apports alimentaires fréquents mais il est difficile d'imposer un rythme de tétées quand l'allaitement est à la demande. La nuit étant la période propice de développement des caries car le flux salivaire est au plus bas (Je ne sais pas si des études ont étés menées concernant les nourrissons qui ont un cycle jour/nuit inversé et dorment plus le jour).
L'idéal serait de stopper les tétées nocturnes après l'apparition des premières dents de lait. Mais nous savons que nous les parents ne décidons pas si l'enfant va faire ses nuits ou non (ni si il a faim ou non).
Il faudrait alors brosser les dents après chaque tétée (bon courage). 
Mais (enfin une bonne nouvelle) l'allaitement prolongé éviterait la consommation d'autres liquides via le biberon (les jus de fruits, sodas ...), évitant ainsi les "caries du biberon" dues à la prise prolongée et fréquente de boissons sucrées (qui d'ailleurs est souvent plus longue dans le temps que l'allaitement)(mauvaises habitudes oblige un enfant qui boit souvent autre chose que de l'eau entre les repas continue souvent après l'âge de 2 ans).

Par ailleurs la consommation  de lait aurait un rôle protecteur uniquement pour les enfants qui mangent beaucoup de sucreries avec une mauvaise hygiène bucco-dentaire et une absence de supplémentation en fluor (oui ça fait beaucoup de critères). Il n'y a pas de différence chez les enfants qui ont une consommation de sucre faible ou modérée. 

Prends un laitage (comme dirait ma mère)


Mais il n'y a pas que le lait, les fromages ne sont pas sucrés (en général), les yaourts natures non plus (ou très peu).
L'OMS  reconnaît d'ailleurs le rôle de la consommation de fromages dans la prévention des caries (en plus des mesures d'hygiène bucco-dentaire bien entendu).
Il suffirait de 5 g de fromage par jour après le petit-déjeuner pendant 2 ans chez les enfants pour prévenir les caries 


Comment cela fonctionne t'il ?

Petit rappel: la couche superficielle de la couronne dentaire est constituée d'émail qui est lui-même l'assemblage de cristaux d'hydroxyapatite.
Ce cristal est constitué d'ions Phosphate et Calcium.

Molécule composant émail sans et avec apport de fluor




Quand l'émail subit "l'attaque carieuse" (sucre +environnement acide + bactéries et toxines), le cristal se dissout. Les ions phosphate et calcium se retrouvent en suspension à la surface des dents. 
Ses ions peuvent précipiter à nouveau en une couche de phosphate de calcium. 
Finir son repas par le produit laitier) permet d'apporter des ions calcium et phosphate supplémentaire, favorisant ainsi une meilleure reminéralisation de l'émail.

Reprécipitation de la surface dentaire

D'après une étude (Effect of consuming different dairy products on calcium, phosphorus and pH levels of human dental plaqueEuropean Archives of Paediatric Dentistry ; 13(3):144-148),  les fromages et les yaourts augmentent la concentration en ions phosphate et calcium dans la plaque dentaire (pellicule fine molle adhésive à la dent) ce qui expliquerait leur rôle anti-caries (effet cariostatique) . 

 Mécanismes par lesquels les fromages seraient cariostatiques 



Tous les produits laitiers ne sont bien sûr pas équivalents. Pour l'effet protecteur, il faut privilégier les laitages riches en calcium et éviter les laitages aromatisés (aux fruits ou autres).






Les produits dérivés:

La marque GC commercialise sa pâte Tooth mousse composée de dérivés de caséine de lait (protéine de phosphate et calcium amorphes) qui associés à du fluor apporte une protection efficace contre les caries.
L'inconvénient de ce produit étant qu'il est contre-indiqué aux patients intolérants aux protéines de lait. 
L'avantage étant que contrairement au fluor, il n'y a pas de risque de toxicité en cas d'application/ingestion accrue.
Le traitement avec cette pâte permet de traiter les caries débutantes par la reminéralisation induite de l'émail (au stade avant la cavitation quand l'émail est blanc crayeux). 
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En résumé croquez des pommes puis finissez par un morceau de fromage. 






lundi 16 février 2015

Lassitude

Moi qui aime mes petites habitudes, je n'aime pas trop cet hiver, trop de lassitude, trop peu d'envie d'aller travailler le matin.

Certaines choses sont immuables, je suis lassée de l'équipe (du titulaire à l'assistante) mais je me dis que l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs et je ne pense pas retrouver en proche banlieue un cabinet où j'aurais les mêmes conditions de travail. D'accord peut-être que j'aurais une assistante qui arrivera avant et repartira après moi, et qui viderait mes poubelles sans me faire passer pour une ingrate (et qui ferait la stérilisation sans attendre que le bac déborde) mais aurais-je toujours aussi peu de temps de transport ? (oui 30 minutes je trouve ça peu), aurais-je le droit de dire "ce soir je pars plutôt j'ai un problème avec la nounou" sans qu'on ne me fasse de remarque ?

J'ai du mal à aller travailler mais c'est la saison. Pas de vacances en perspective, les fêtes qui me maintenaient en état d'excitation sont passées et loin. Plutôt que de continuer à me complaire dans ma routine j'ai programmé tous mes mini-breaks. Je n'irais peut-être qu'en Normandie, mais au moins on changera d'air !

Vous l'aurez compris, j'aurais  bien voulu hiberner, et me réveiller avec les cerisiers en fleurs !

En tant qu'insatisfaite chronique, j'essaie de soigner ce côté parisienne que je n'aime pas (i love rien i'm a parisien)  et me concentrer sur le positif,  une de mes résolutions de l'année.

vendredi 30 janvier 2015

La chute

En tant que dentiste on a tous vécu ce moment où déboule une mère de famille en larmes qui a récupéré son enfant en sang à l'école (ne cherchez pas c'est rarement le père qui débarque).

"Maman j'ai trouvé une dent !"

Forcément c'est la panique car ça  saigne, la lèvre a gonflée, l'enfant pleure, n'a pas voulu de son biscuit préféré.

Heureusement il y a l'assurance pour payer l'implant.

Forcément l'enfant se laisse moyennement approcher, voire pas du tout ausculter et il faut le revoir une semaine ou quelques jours après au calme (entre l'angoisse du parent et l'urgence "qui tombe mal", on est jamais dans de bonnes conditions).

Avant j'avais tendance à dire que si le choc était sur une dent de lait on s'en fiche un peu.

Puis j'ai participé à une séance de formation lors d'un congrès et j'ai révisé mes connaissances. 

Certes pour une dent de lait il n'y a pas grand chose à faire en urgence. Le choc est arrivé , on peut juste prévenir les parents que selon l'importance la dent définitive pourra être touchée en dessous (enfin plutôt le germe en formation qui est très proche avant les 2 ans de l'enfant). La seule surveillance que l'on peut faire à domicile est le contrôle de la coloration de la dent, si elle se grise il faudra procéder à un traitement canalaire (grand moment de pouvoir trouver un dentiste pouvant faire ça sur un enfant de moins de 5 ans, à part au CHU ou un pédodontiste c'est impossible). Si la douleur continue et que l'enfant est gêné pour manger ou mastiquer il faudra extraire la dent (dans la même idée de prévenir une infection qui pourrait endommager le germe de la dent définitive).

Pour une dent définitive bien sûr c'est différent.
D'abord on peut la réimplanter si elle a été expulsée (tout en sachant qu'à l'âge adulte il faudra certainement poser un implant sur le site).



On peut poser une contention en cas de mouvement important.

Ou protéger la pulpe en cas de fracture de la couronne en attendant de faire un composite.


Je vous invite à consulter ce site qui est très bien fait (malgré qu'en anglais) qui aide quand on pas un dentiste à portée de main rapidement (combien de chutes arrivent le week-end ou pendant les vacances ?).



Vous pouvez également acheter l'application suivante (uniquement sur iTrucs).

Histoire de détendre les esprits (on est rarement sereins et emplis de contrôle de nos émotions quand la chair de notre chair s'éclate au sol) (non c'est pas de moi que je parle mais d'une copine), je vous copie-colle cette vignette que j'ai trouvé en faisant mes recherches.

(Bon personnellement Bébé Carie ne semble pas apprécier le contact de la glace sur son front et préfère arborer des bosses) (N'appelez pas les services sociaux ils sont déjà au courant) (Et puis je ne me cherche pas d'excuse mais vous en connaissez beaucoup des enfants qui essayent de se mettre debout sans tomber ?). 






samedi 24 janvier 2015

Pourquoi j'ai une haleine de phoque le lendemain d'une soirée ?

Il suffit d'arrêter de boire pendant quelques mois pour se rendre compte que cette sensation de bouche pâteuse mais sèche et cette haleine si caractéristique ne sont pas pas causées uniquement par l'abus d'alcool.

Oui, grosse révélation, peu importe qu'on ait "éclusé grave" ou passé une soirée monacale, il y a un déterminant commun pour obtenir l’haleine fétide du matin, la déshydratation en eau.

Quand je vois le nombre de sprays qui existent ou quand j'entends dire que certains se lavent les dents avant le petit déj pour chasser cette fameuse haleine de poney, j'ai envie de les aider.

C'est un peu notre côté sur-consommateur de médicaments qui prend le dessus sur le bon sens.

A part si on souffre d'une halitose réelle (mauvaise haleine avérée constatée objectivement), auquel cas il faut appliquer ou adopter d'autres moyens thérapeutiques (brossage de la langue, consultation d'un ORL ...). 


On observe souvent ce phénomène en lendemain de soirée arrosée car l'alcool, bien qu'il soit un liquide, déshydrate.





Il n'y a qu'une seule solution BOIRE DE L'EAU.
Beaucoup ne boivent pas les 1,5-2 L d'eau nécessaire chaque jour à notre corps.

lundi 5 janvier 2015

Légende urbaine "C'est les dents !"

En tant que parents on a tous connu ce moment où notre enfant pleure et où l'entourage/la nounou/la voisine de bus/la concierge/nous-même (rayez la mention inutile) nous dit "Oh c'est normal il est grognon ce sont les dents".



Certains diront qu'ils n'ont jamais donné un seul suppositoire (ou pipette) de doliprane, d'autres qu'à chaque fois "il me fait/faisait une otite". 

Face aux symptômes annonçant la venue d'une dent, que faire ? Mettre tout sur le compte de la poussée dentaire et ne pas s’inquiéter ? Ou au contraire chercher si il n'y a pas de désordre systémique ?


Le mythe entourant la poussée dentaire chez le nourrisson est si fort qu'en 1839 on lui a attribué 5016 décès en Angleterre et Pays de Galles soit 12% des décès chez les moins de 4 ans  ...
Ces croyances ont perduré malgré les études menées (dont celle d'Honig à Philadelphie auprès de pédiatres).

Les enfants souffraient alors de diarrhées, présentaient de la fièvre, des érythèmes fessiers, un nez qui coule. Mais aucun de ces symptômes n'a pu être expliqué par la poussée dentaire. 

Néanmoins l'hypersalivation, le besoin de mordre, le suçage de pouce, la perte d'appétence pour les solides le fait de se frotter l'oreille, l'irritabilité et l'agitation diurne seraient bien expliqués par la poussée dentaire. 

35 % des enfants qui "font leurs dents" ne présentent aucun symptômes. 

Il ne faut en aucun cas attribuer "aux dents" les bronchites, éruptions cutanées, diarrhées, perturbation du sommeil, toux, vomissements  et une  fièvre (supérieure à 38.8°C)  , ainsi que la perte d'appétence pour les liquides, cela ne ferait que reculer le diagnostic d'une pathologie plus grave et dangereuse (gastro-entérite aiguë, méningite, bronchiolite, primo-infection à l'herpès buccal..).

Finalement le problème viendrait aussi des parents qui cherchent à se rassurer en trouvant une raison aux modifications d'humeur ou de sommeil de leur enfant. Il est par ailleurs difficile de distinguer ce qui est physiologique ou non à l'âge de la première dent ( vers 6 mois généralement) , âge auquel la plupart des mères n'allaitent plus exclusivement au sein, où l'enfant développe son propre système immunitaire et développe des affections mineures, est gardé "à l'extérieur" et découvre les microbes en collectivité, et où il découvre les aliments solides et le monde qui l'entoure en général (léchage de sol ou de jouet pas propre ou partagé inclus), l'utilité de sa langue et la déglutition ! 

On notera par ailleurs que l'éruption des dents définitives (sauf les dents de sagesse) se fait sans "bruit". 




En attendant quel traitement donner à l'enfant ? 

Steward (Steward M. Infant care – teething troubles. Community Outlook 1988; May: 27–28.) recommande cette approche :

  • Dans un premier temps, donner à l'enfant un objet froid à mordre (propre et dur de préférence NDMM). Eviter les aliments à base de glucides (donc le pain, les boudoirs ...) en raison du risque carieux.
  • Si  la douleur et l'inconfort persistent, donner du doliprane sans sucre en sirop (les suppositoires c'est bien aussi mais article anglais NDMM) (et l'homéopathie aussi si vous y adhérez NDMM).
  • En dernier recours mettre un gel anesthésiant sur les gencives. 
D'autres pistes ici





Post inspiré par la lecture de cet article.  

Et un rappel :







Meilleurs vœux !

Je vous souhaite une belle et heureuse année 2015, pleine de petits et grands bonheurs, de joie, et surtout de sourires dentés ou édentés. 

Rien de mieux qu'une nouvelle année pour prendre de bonnes résolutions. De mon côté je n'achèterais plus Causette et j'ai décidé de me coucher plus tôt.

Et vous ?

mardi 16 décembre 2014

Cher magazine Causette

Tous les mois je t'achète et te lis avec attention. Je ne possède (souvent) pas le bagage culturel/intellectuel suffisant pour mettre en doute tes écrits. Comme tout le monde je suis tombée dans le panneau des "enfants de Garches" avant qu'@une_pediatre nous redonne une version moins manichéenne. Depuis je suis plus contrastée quand je  découvre tes articles. D'autant plus quand il s'agit du dossier "Les dents de l'amer" paru dans le numéro de Décembre.

Voir un dossier entier concernant "les dents", l'organe que je traite chaque jour en tant que chirurgien-dentiste était trop tentant pour que je n'en fasse pas un commentaire de texte.

Fidèle à mes habitudes de lire dans le désordre, j'ai commencé par "Les mandibules élémentaires" (et aimé le titre) concernant Michel Houellebecq. Ne regardant pas les émissions littéraires j'avais raté l’affaissement de son visage caractéristique d'un édenté partiel (ou total).


Il suffit d'une recherche classique sur google images pour découvrir comment "Depuis son Goncourt (2010), il semble avoir pris trente ans", il ne semble pas avoir une hygiène de vie irréprochable, plus proche de celle d'une rock-star (ou d'un patient alcoolo-tabagique lambda) que de celle préconisée par l'INPES (mangez, bougez ...). Même si les hommes vieillissent mieux que les femmes (et se bonifient comme le vin), il n'est pas étonnant qu'une vie d'excès se paie un jour où l'autre, même si il n'a que 58 ans. 

On passera sur les "ratiches blanchies au laser", Beboper l'auteur (journaliste ?) n'a pas du fréquenter beaucoup de cabinets dentaires (ni se renseigner). (Ou alors est-ce un dû à un visionnage intensif de Star Wars ?).

Par ailleurs il est intéressant de rappeler qu'on va tous mourir ("memento mori" :"souviens-toi que tu vas mourir") mais on est pas obligés d'être aussi fataliste ou catégorique. Oui l'édentement nous évoque la vieillesse, celles de nos aînés,mais pas celle à laquelle aspire la majorité de mes patients. Non ce n'est pas une fatalité de vieillir puis mourir édenté. Certains se sont même pris à penser qu'il n'y aurait plus d'édentés totaux au 21 ème siècle.


Oui nous pouvons empêcher ce phénomène. (Pour preuve cette synthèse où en autres vous remarquerez que certains pensionnaires ont encore des dents).  Il suffit juste d'en avoir la volonté.

Pour en revenir à Michel Houellebecq qui "n'a plus de dents ou presque. L'écrivain a pourtant certainement les moyens de combler ce vide. Ne pas céder à l'esthétisme ambiant, à coups de prothèses dentaires, un geste tout houellebecquien".  Il est certain que le tabagisme n'en fait pas un candidat idéal pour la pose d'implants qui lui permettrait d'éviter une prothèse amovible. Le fameux dentier ou "nanard" de nos grands-parents. L'argent ne fait pas tout, quand on a plus le potentiel osseux ou dentaire suffisant pour faire tenir un appareil, on devient tous égaux face à l'édentement.


Rester édenté ou porter un appareil qui sera "mobile" voire gênant et qui pourrait se décrocher en plein direct, choix cornélien. (On regardera avec plus d'attention les futures apparitions télévisées pour voir si l'édentement a été corrigé ou non).


L'article "Les racines du mal" revient sans nuances sur le renoncement aux soins et à la marginalisation consécutives des personnes précaires. La faute est une nouvelle fois rejetée sur le coût des soins dentaires. Là où on aura aimer une distinction dans les chiffres entre "soins dentaires réels" et "prothèses", on aura droit qu'à cette phrase qui restera dans les annales :

"En raison de son coût, 28 % des Français ont déjà renoncé à une consultation chez le dentiste ou l'ont retardée de plusieurs mois (+5 points par rapport à 2007)."

Pour rappel, une consultation coûte 23 euros, la même chose que chez un médecin généraliste, remboursée à 70% (comme pour tous les autres soins d'ailleurs) ...

Certains essaieront de s'engouffrer dans la brèche en disant qu'il faudrait un tiers-payant généralisé pour ne plus avoir à avancer les frais (d'autres diront qu'une nouvelle loi santé est en train d'être votée) (ou encore qu'on aimerait bien que l'état nous paie une secrétaire administrative pour gérer les remboursements des caisses d'assurance maladie ...).

" Un chiffre qui grimpe à 32% pour l'achat des prothèses dentaires."

L'achat ? Tiens si je partais acheter une prothèse de hanche chez le chirurgien orthopédiste ?


On confectionne, on retouche, on prépare, on répare, mais on ne vend pas des prothèses. Et oui cela a un coût. Ce que l'article ne dit pas est que le remboursement de l'assurance maladie est reste inchangé depuis plus de 30 ans, Mais que la donnée qui change tout est la part de remboursement mutuelle, ce fameux sésame aux soins aux pourcentages obscurs pour le commun des mortels qui se retrouvent à payer 60 euros par mois pour n'avoir au final que 300 euros de remboursé par an (au final parfois sans mutuelles on sort la même chose de sa poche).

Ce que j'aurais aimé lire sont les choses suivantes:

- les individus qui renoncent aux soins sont ceux pour qui l'effort financier est le plus important sous-entendu pas ceux qui sont éligibles à l'Aide Médicale d'Etat ou à La Couverture Maladie Universelle mais les travailleurs précaires, les retraités aux petites retraites ... 

- il y a une absence criante de recours préventif. Tout ne s'explique pas pas l'arrêt du dispositif M'T Dents qui passait dans les écoles élémentaires. L'examen de prévention chez les 6, 9, 12,15 et 18 ans reste en place. Il n'est pas rare que malgré ce dispositif les enfants ne sont pas amenés au cabinet en consultation alors qu'il n'y a aucun coût et que la prise en charge à 100% est connue (et inscrite sur la lettre reçue au domicile). Il est courant également de ne pas voir l'enfant concerné entre les 2 examens de prévention (donc pendant 3 ans) malgré le conseil donné par le dentiste.



Concernant la fameuse peur du dentiste, on sera plus contrasté que ce "Du coup, tout le monde attend l'abcès.". Généralisez vous avez raison. N'oublions pas que (malgré la peur) certains ont peur d'avoir mal en laissant la situation s'empirer et consultent pour se rassurer.


Quoi de mieux pour clôturer cette (longue) diatribe que les mots d'Edouard Louis dans son roman "Pour en finir avec Eddy Bellegueule" "Je paye encore actuellement d'atroces douleurs, de nuits sans sommeil, cette négligence de ma famille, et de ma classe sociale"

Plus qu'une question de moyens, il ne faut pas oublier le facteur culturel du "prendre soin" (cette fameuse négligence).







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