lundi 3 août 2015

Pourquoi j'aime aller chez mon dentiste ?

Parce qu'on a pas tous une expérience ratée avec son dentiste et qu'on peut en garder un bon souvenir, je vous propose de raconter pourquoi vous aimiez/aimez voir votre dentiste.

A l'image de mon médecin traitant, j'ai toujours été suivie par le même dentiste depuis l'enfance (bon maintenant j'ai des amies qui me font des détartrages à l'oeil le dimanche ).

Mon médecin de famille (à l'époque c'était pas encore un médecin traitant) me dessinait des objets, animaux sur son ordonnancier et je partais avec. J'adorais ça. Maintenant c'est toujours le même, c'est juste moi qui ai grandi, il me montre ses photos de plongée ou de vacances, la consultation c'est juste un prétexte.

Mon dentiste n'avait pas beaucoup d'intérêt pour moi jusqu'au collège. J'ai découvert qu'un de ses fils (qui devait avoir 2 ou 3 ans de plus que moi) était une bombe (paie tes hormones). Le meilleur moyen d'espionner son évolution c'était d'aller voir le père et regarder attentivement les photos posées sur le bureau. Et ma mère m'était d'un grand secours car dans sa nature curieuse, elle aimait demander "Alors Patou, il fait quoi maintenant ?". Quand j'ai compris qu'il était trop loin (et trop casé), j'ai arrêté de penser à lui. 

Je me rends bien compte qu'à l'époque actuelle avec facebook et tous les autres réseaux sociaux, j'aurais pu changer de dentiste mais même maintenant j'hésite à racheter son cabinet (même si c'est loin loin dans la province) (et que son fils s'est marié et que la photo partira avec la déco).

Alors pourquoi aimez-vous (aimiez-vous ?)  aller voir votre dentiste ? 

lundi 20 juillet 2015

L'inconnu

Le matin j'aime me lever en ayant une vision claire de mon emploi du temps. Savoir que j'aurais tant de détartrages ou de traitements canalaires, ou que je verrais madame X et monsieur Y. J'aime savoir par qui je commence et par qui je finis. J'aime avoir des patients "connus". 

Quand j'étais au lycée je me faisais des schémas mentaux de mes journées et semaine, je fonctionnais par étapes. 4 contrôles et c'est le week-end. A la fac, c'était pareil, une validation de TP, une soirée, une bouffe entre amis et encore un TP de la mort. Le must étant la semaine d'exams, une montagne d'épreuves à franchir puis la libération.

Au cabinet c'est un peu pareil, je sais que certains rendez-vous vont être éprouvants et d'autres beaucoup moins compenseront. 

Parfois on s'imagine une journée horrible, car on a trop chargé l'emploi du temps d'actes où l'on ne doit pas/peut pas déborder et finalement un patient annule ou ne vient pas et tout s'arrange d'un coup.

Souvent j'ai une multitude d'inconnus qui viennent en première consultation. Ce sont mes rendez-vous les plus durs à aborder. Car je ne sais pas qui je vais avoir en face de moi, où il aura mal, si l’anesthésie va prendre facilement ou non, si il va venir en retard, très en retard, si c'est un enfant, ou un enfant très difficile ...

Dans un sens c'est débile car tous les patients "connus" ont été des inconnus pour moi au départ, certains avaient un dossier que j'avais pu étudier avant, d'autres consultaient pour la première fois. Certains des connus sont des patients que je n'apprécie pas, par leur comportement, leur manque de motivation, leur bouche qui est un désastre dont on a l'impression de ne jamais pouvoir sortir. Quand je vois leur nom, j'espère qu'ils vont être à l'heure ou alors qu'ils ne vont pas venir du tout, qu'ils auront bien pris leurs médicaments et qu'ils seront calmes, qu'ils auront de quoi me payer cette fois-ci sans essayer de marchander.

C'est surement mon envie de tout maîtriser, contrôler, savoir qu'à 19h je pourrais fermer la porte en ayant soigné au mieux toutes les personnes vues, et ne pas tomber sur des os. 


samedi 27 juin 2015

Bien vivre sa douleur dentaire

La "douleur dentaire" serait la plus forte qu'un être humain puisse vivre avec celle provoquée par l'infarctus du myocarde. Quand on sait que la seconde peut nous tuer on imagine bien le côté intolérable d'une "rage de dent".

Si chacun a un seuil de tolérance différent à la douleur, toutes les femmes interrogées sont unanimes, un accouchement sans péridurale c'est une balade de santé à côté d'une inflammation pulpaire.

Freud lui-même aurait dit "quand on a mal à une molaire, on est toute molaire".







Si ça passe avec du paracétamol c'est que ce n'est pas si urgent que ça ...


1) La prévention !!!!

On dit souvent "mieux vaut prévenir que guérir", cet adage s'applique parfaitement aux dents. Autant on peut être en plein jogging dominical et mourir foudroyé par une attaque cardiaque (attention aux reprises trop violentes après des mois d'arrêt d'activité sportive), autant c'est rare d'avoir une dent qui fasse horriblement mal du jour au lendemain.

Quelques conseils :

- Prenez rendez-vous chez le dentiste avant de partir en vacances (surtout si vous devez prendre l'avion ou si vous allez pratiquer la plongé sous-marine auxquels cas le différentiel de pression peut provoquer des douleurs très vives);

- Prévoyez large si vous savez que beaucoup de soins sont à entreprendre.

- N'oubliez pas de revenir terminer les soins en revenant de vacances...

       - Extraire les dents qui bougent et sur lesquelles vous avez des abcès réguliers
       - Terminer le traitement canalaires des dents sous pansement provisoire
      - Protection du traitement canalaire par une obturation définitive (composite, inlay, onlay, inlay-core/couronne)

Une dent ne se guérit jamais seule, aussi si vous avez une (ou plusieurs) carie(s) non traité(es) il est fort probable qu'un jour elle(s) fasse(nt) mal sauf que vous ne pourrez jamais prévoir quand !


Evolution d'une carie, d'une petite cavité à un kyste au bout de la racine


- N'attendez pas que la douleur soit insupportable pour prendre un rendez-vous car l'attente vous semblera d'autant plus longue, l'anesthésie sera dure à prendre et les soins plus longs que si vous étiez venus aux premiers symptômes.

Ça peut paraître bête mais si vous avez mal à chaque fois que vous buvez du froid ou que vous mangez il faut consulter, surtout si ça fait longtemps.



- Faites attention à votre alimentation et au brossage.

- Faites un détartrage au moins un fois par an même si vous pensez ne rien avoir ou posséder de bonnes dents, au pire vous aurez juste un polissage, au moins ça permettra de faire un contrôle.

2) Comment calmer la douleur en attendant votre rendez-vous ? 

- La gencive saigne, est gonflée +/- douloureuse au touche ou au chaud et au froid.


Ne pas hésiter à brosser même si ça fait mal, si ça saigne, ne pas brosser fort mais chercher à éliminer le maximum de dépôts.

C'est le seul cas où un bain de bouche antiseptique trouve une utilité ! 
Vous pouvez y ajouter une brossage avec un dentifrice spécifique. 




Si vous êtes coincés dans une yourte sans pharmacie à proximité, des gargarismes avec de l'eau très salée soulagent bien.

- Vous avez un abcès proche de la dent


L'abcès est la conséquence de la gingivite, en attendant le détartrage voire l'avulsion de la dent vous pouvez pratiquer les mêmes conseils que pour la gingivite.

Votre dentiste ou médecin pourra aussi préparer une ordonnance d'amoxicilline pour vous soulager.

- Vous avez une douleur aiguë (rapide et brève comme un coup d’électricité, qui part en quelques secondes ) sur ou plusieurs dents, systématiquement au chaud, au froid et au contact avec la brosse à dent (par ex). Ça peut être une hypersensibilité dentaire. 



Essayez un dentifrice spécifique pour dents sensibles.
Vous pouvez appliquer le dentifrice en pâte au niveau des dents (côté face joue) et laisser "reposer", 2-3 minutes pour que ça agisse.




- Vous avez une cavité dans la dent et vous avez mal après les repas.



Bien brosser les dents et passer du fil dentaire ou une brossette imbibée de bain de bouche  (pas pour vous soulager mais pour être sûrs qu'il ne reste pas d'aliments coincés). Mettre en place un petit coton si c'est accessible.


- Votre dent présente une cavité et vous avez mal au chaud/au froid et même en dehors des repas.




Placer un clou de girofle en contact avec la partie exposée voire dans la cavité. Renouveler dès que l'effet se dissipe.


Je n'ai pas encore trouvé d'astuce pour "survivre" à l'attente d'un rendez-vous (autre que des antalgiques puissants) pour une rage de dents (vu que seule l'ouverture de la dent va permettre la décompression de la pulpe et donc le soulagement immédiat), mais je cherche toujours ! 



lundi 1 juin 2015

Légende urbaine, j'ai un cancer à cause des radios faites chez mon dentiste

Attention spoiler roman fleuve. Prenez un café/un thé, installez vous confortablement avant d'entamer la lecture.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'avoir fait plus de l'assemblage de sources que de la réécriture, je ne trouvais pas les mots pour reformuler. Comme d'habitude, chaque mot surligné (ou image) de bleu renvoit vers le lien d’origine (oui tout est bleu je sais).

Seule 42 % de l'irradiation reçue par chaque individu provient de l'imagerie médicale.
En effet nous subissons tous une irradiation naturelle



Pour recevoir une dose d'un millisievert
17 mois à Paris
9 mois dans le Limousin
7 vols aller-retour Paris-Tokyo ou San Francisco
1 jour 1/2 à bord de l'ISS (altitude 400 km)

Mesures réalisées sur des routes représentatives des différentes situations d'exposition aux rayonnements cosmiques. Dans les cercles, est mentionné le débit d'équivalent de dose ambiant moyen sur le vol en microsieverts par heure (µSv/h). La dose totale est donnée pour un aller-retour en millisieverts (mSv). Pour le vol Paris-New York, la mesure est effectuée en Concorde.
https://www.sievert-system.org/#Exposition

L'irradiation artificielle quant à elle  prend son origine de plusieurs sources :
















Voici quelques exemples de Doses Types d’exposition 



Ou encore une frise comparative














http://www.mesure-radioactivite.fr/public/spip.php?rubrique69




Quelles sont les doses délivrées lors d'une radiographie dentaire ?

De telles doses sont considérées comme très faibles.

Ainsi, les doses délivrées par les clichés intra-buccaux et céphalométriques sont faibles, habituellement équivalentes à moins d'une journée d'exposition naturelle. Les doses délivrées par le panoramique sont plus variables, mais même celles qui se situent dans la fourchette haute sont équivalentes à quelques jours d'irradiation naturelle ou a une radiographie du thorax. En ce qui concerne les explorations 3D (ou volumiques) réalisées avec des scanners ou des appareils dédiés, les doses sont toujours inférieures à 10 mGy, quel que soit l’organe considéré. 

La radiation effective générée par la radiographie dentaire est des centaines – voire des milliers – de fois moins importante que celles des examens médicaux courants (radio du poumon, scanner abdominal, etc.) et dans la plupart des cas, n’excède pas la radiation naturelle. « N’oublions pas que l’activité de radiographie dentaire n’est pas un gros pourvoyeur de rayons X, souligne Philippe Rocher. Elle correspond à quelques heures d’irradiation naturelle. Nous sommes constamment soumis à des irradiations telluriques, cosmiques, et même alimentaires. Celles-ci varient d’une région à l’autre en fonction de la nature du sol ou de l’altitude. Par exemple, en Île-de-France, elles sont de 2,4 mSv/an et, en Bretagne, de 3,6 mSv/an. Au rang des irradiations « médicales », la part due aux radiologies dentaires, même si celles-ci constituent un nombre significatif d’actes, est très réduite. Les radiographies dentaires représentent en effet 24,7 % des actes réalisés en 2007, mais seulement 0,2 % de la dose efficace collective. Ainsi, les doses efficaces délivrées par les clichés intrabuccaux (de 1 à 8 μSv) sont à peu près équivalentes à moins d’une journée d’exposition naturelle. Les doses délivrées par une radio panoramique sont plus élevées (de 4 à 30 μSv), mais même celles qui se situent dans la fourchette haute ne sont pas supérieures à quelques jours d’irradiation naturelle. »Le risque reste donc très limité. En regard, la réalisation d’une radio dentaire, qui va permettre de poser un diagnostic précis et de pratiquer des actes adaptés, présente un bénéfice incontestable. 


Grossesse et risques dues à l'irradiation

Les rayons X auraient une action :-    embryoléthale (risque de mort de l’embryon) ;-    ou tératogène (risque de malformations). Cette action serait maximale pendant les deux 1ers  mois (période embryonnaire pendant laquelle a lieu l’essentiel de l’organogenèse). En réalité,  l’exposition du fœtus serait de 0,004 rads pour une radiographie du crâne est de 0,00001 rads pour un bilan dentaire rétro-alvéolaire réalisé sous protection par un tablier plombé. Pour un cliché rétroalvéolaire la dose délivrée (50 mgrays) serait 500 fois inférieure à la dose limite et la dose pour une radiographie panoramique serait 50 fois inférieure (1)

.Ainsi, il semblerait que la prise d’un ou de plusieurs clichés en intra buccal ou même en exobuccal soit sans conséquence pour le fœtus,  car l’irradiation est très faible et la source éloignée du bassin 
.Toutefois, par mesure de sécurité, la prise de clichés radiographiques n’est justifiée chez la femme enceinte que lorsqu’elle est absolument nécessaire au diagnostic ou au traitement notamment en cas d’urgence (pulpite aigue, parodontite apicale aigue débutante, installée, abcédée, cellulite). De plus, les clichés sont obligatoirement réalisés sous protection par un tablier plombé. Par ailleurs, il convient de reporter les examens radiographiques à chaque fois que possible au-delà du 1er trimestre .Enfin, parmi les examens radiographiques formellement contre-indiqués pendant la grossesse : l’examen sialographique des glandes salivaires, car l’iode provoque une insuffisance thyroïdienne responsable de la mort du fœtus par asphyxie .


Que faire après un examen radiologique diagnostique fortuit chez une patiente enceinte ?
Un examen radiologique chez une patiente enceinte peut susciter des inquiétudes. Les professionnels de santé doivent informer la patiente sur le risque associé aux procédures diagnostiques utilisant les rayonnements ionisants.

Les points suivants sont à souligner :  
Dans l’état actuel des connaissances, il est improbable que l'exposition aux rayonnements ionisants résultant d'examens radiologiques entraîne des effets délétères chez l'enfant, mais l'éventualité de survenue d'effets radio-induits ne peut être totalement écartée.
La patiente doit être informée qu'une évaluation du risque a été réalisée, non pas parce qu'il y a raison de croire que le risque est élevé dans sa situation, mais parce qu'il s'agit d'une précaution habituelle chaque fois qu’un examen radiologique est réalisé sur une femme enceinte.
L'évaluation doit être réalisée au cas par cas en fonction de l'âge de la grossesse au moment de l'exposition, et des niveaux de dose reçus par le fœtus.
Une estimation précise de la dose au fœtus nécessite certaines informations sur l'équipement radiologique, le type d'examen réalisé, la morphologie de la patiente,… Toutefois, des valeurs de doses fœtales "types" peuvent être utilisées en gardant à l'esprit qu'il peut y avoir un écart significatif entre les valeurs de doses "types" et les valeurs de doses estimées d'après les conditions réelles d'exposition.
L'évaluation de la dose peut être réalisée par un physicien médical ou en contactant l’IRSN (01.58.35.92.86 ou rpmed@irsn.fr).
Une fois l’évaluation réalisée, et en fonction de la situation, le médecin, la patiente et les autres personnes concernées peuvent alors prendre une décision éclairée sur le déroulement futur de la grossesse.




  
Un examen radiologique ou de médecine nucléaire peut-il entrainer la survenue d'un cancer ?

La quasi-totalité des examens radiologiques ou de médecine nucléaire réalisés selon les guides de bonnes pratiques conduisent à des doses efficaces inférieures, voire très inférieures, à 100 mSv. L'excès de risque de cancer pour des doses inférieures à 100 mSv est discutable à cause du manque de données mettant en évidence cet effet dans les études épidémiologiques. L'excès de risque ne peut être déduit que de la relation dose-effet. Cependant, plusieurs examens, en particulier scanographiques, réalisés chez le même patient peuvent entrainer des doses efficaces de 100 mSv ou plus.

La CIPR a estimé que le risque de cancer mortel radio-induit pour une population adulte est de l'ordre de 5%/Sv ou (en utilisant l'hypothèse de la relation linéaire sans seuil pour l'extrapolation aux faibles doses) de 0,005%/mSv. Les risques liés aux rayonnements ionisants doivent être comparés au risque de cancer mortel spontané (20%) et à l'incidence naturelle du cancer (40%) (tableau ci-dessous). Avec la mise en évidence récente de la radiosensibilité du tissu mammaire, une attention particulière doit être portée aux examens réalisés chez de jeunes patientes. Tout doit être mis en œuvre pour utiliser des protocoles basse-dose.
A lire aussi radioactivité naturelle et médicale expliquées en BD

Et également t les effets des rayonnements sur notre organisme. 

vendredi 15 mai 2015

Le sucre en donner aux enfants ou pas ?

Cet article a pour origine les parents de mes patients qui souvent ignorent qu'il y a du sucre caché dans la plupart des produits destinés aux enfants et ma propre expérience de mère qui cherchait des gourdes yaourts sans sucre pour BébéCarie.

NDMM : Le "sucre" dont je parle ici ne correspond pas à l'amidon ou sucres complexes mais au saccharose et dérivés. 

Sommes-nous conditionnés pour aimer le sucré ?

L'être humain serait programmé pour préférer le sucré. Pour la survie de nos ancêtres préhistoriques, il était primordial de choisir des aliments non empoisonnés (indice de comestibilité, quand le fruit est le plus sucré c'est qu'il est mûr et prêt à déguster et source de vitamines) ou source d'énergie. Un goût sucré indique une gain d'énergie immédiatement disponible. D'ailleurs c'est la seule saveur appréciée dès la naissance par les bébés qui font une moue satisfaite après avoir en goûté. Ce réflexe inné inconditionné par l'apprentissage existe dès la vie in-utéro.
En pédiatrie, on l'utilise pour calmer les pleurs chez le nourrisson (pipette d'eau sucrée par exemple).




Mangeons nous trop de sucre ? 

Le sucre est un ciment social. On l'offre à nos hôtes, on prépare des gâteaux. On le prive pour punir, C'est une récompense, une preuve d'amour .



Pendant une longue période la seule forme disponible de sucre était le miel. Son accès difficile rendait ce met exceptionnel. Dorénavant on en trouve partout. L'instinct de survie de nos lointains ancêtres a été dépassé par le progrès alors que nos besoins énergétiques ont considérablement diminués (qui chasse encore tous les jours la viande qu'il va manger ou cueillir les fruits et légumes qu'il va manger ?).




Le changement de nos habitudes familiales ont fait augmenter la consommation de sucres. On prend plus de repas rapides, déjà prêts, on grignote devant la télé ou sur le trajet ...


Peut-on être dépendant au sucre ?

La prise d'aliment sucré provoque un bien-être (un apaisement, un réconfort) puis une phase de détresse où il faut renouveler la prise. 


Le potentiel addictif du sucre serait plus important que celui de la cocaïne. Les rats préfèrent le sucre à la cocaïne quand ils en ont le choix et préfèrent "travailler" plus pour en obtenir. 




Comment se construit le goût ? Peut-on l'influencer ?



Si le goût pour le sucré est inné ( l'appétence pour le sucre est guidée par des récepteurs gustatifs placés sur la langue (T1R2 et T1R3 pour taste receptor, type 1 et, respectivement, member 2 et 3. ).  ) , alors que d'autres saveurs telle que l'amer sont désagréables, on apprend à les aimer comme c'est le cas pour le thé, la bière par exemple.  Le rejet de l'amertume viendrait de la peur ancestrale de l'empoisonnement . 
Ces habitudes seront prises dès la petite enfance. Les aliments doivent être reproposés régulièrement. 



Les enfants et adolescents en pleine croissance choisissent instinctivement les aliments qui procurent le plus d'énergie (d'où l'aversion caractérisée pour les légumes plus plébiscités à l'adolescence par les filles pour des raisons diététiques). 

Les enfants après 2 ans souffrent souvent de néophobie alimentaire et aiment les aliments familiers. 

L'acceptation est obtenue en présentant l'aliment et en l’associant avec un stimulus familier déjà aimé. 

 4 conditions seraient nécessaires pour voir l'aliment accepté :
- commencer par un aliment pas trop rejeté et le présenter au minimum 5 fois
- présenter l'aliment sous la même forme pour qu'il soit vu sous une forme connue et non pas perçu comme une nouveauté.
- être dans un environnement chaleureux (pas de pression)
- faire participer à l'élaboration du repas (l'autoriser à manipuler et goûter)

Une éducation sensorielle serait possible. pour inciter à découvrir de nouvelles flaveurs. 

"à travers la confrontation au modèle des autres, l’acceptation alimentaire peut-être modifiée par un apprentissage social." Un aliment sera goûté par l'enfant si ses camarades le mangent. Si c'est bon pour eux, ça doit l'être pour moi, je ne dois pas en avoir peur.




Les parents doivent faire goûter les différentes saveurs, préparer eux-même pour choisir ce qu'ils leur font manger. Généralement plus un aliment est sucré plus cela dénote de sa mauvaise qualité, le sucre est alors ajouté pour masquer ou faire accepter un mauvais goût. 


Faut-il diaboliser le sucre ?

Le but n'est pas d'interdire sa consommation mais de montrer ses effets nocifs. On connaît ses conséquences sur la santé bucco-dentaire, et la prévalence de la carie dentaire, ainsi que son rôle dans le développement des problèmes de surcharge pondérale et d'obésité morbide et son implication dans l'accroissement du nombre de diabétique.

Il ne s'agit pas de ne plus consommer des glucides en général, mais de favoriser les sucres complexes bien moins néfastes aux sucres raffinés . 

Interdire ou restreindre renforce le besoin de s'en procurer à l’extérieur de la maison. Contrairement à son accès illimité. Et le fait d'en offrir en récompense augmente l'attractivité et sa valeur négative.

Si on a le droit de se faire plaisir en mangeant un dessert, on a aussi le droit de savoir ce que l'on mange (donc de bien lire les étiquettes) et pourquoi on le mange que ce soit du fait de l'influence de la publicité  ou indirecte de l'industrie agro-alimentaire.


Regardez ce reportage de cash investigations et lisez ce décryptage vous ne serez pas déçus. 




Gavès de sucre.
Reportage Cash Investigation 2013

A écouter également les podcasts des émissions de la tête au carré  et de service public.

lundi 4 mai 2015

Doit on décharger la gestion de l'emploi du temps à des personnes extérieures au cabinet ?

Le rêve de le plupart d'entre nous ce serait que tout soit disponible tout le temps.
Qu'on puisse acheter/avoir n'importe quoi n'importe où n'importe quel jour à n'importe quelle heure. Peut importe ce que ça impliquerait sur la vie privée des personnes concernées.

On me dit souvent que c'est dommage que le cabinet ne soit pas ouvert avant 9h, ou après 19h ou le samedi à 18h, "comment on fait nous ?" "On peut mourir non ?". 

Que j'ai envie/besoin/le devoir d'être rentrée à 20h on s'en fiche un peu (je suis une nantie je peux bien loger une fille au pair et me décharger sur elle pour les aller-retours de BébéCarie).

A défaut de pouvoir prendre rendez-vous pour n'importe quelle heure, on voudrait pouvoir le faire à n'importe quelle heure. Là par exemple pendant la pub de TopChef. 

J'ai été dernièrement démarchée via le blog (qui pourrait croire que je lèverais l'anonymat et donnerais suite) (je ne le ferais pas même pour Oral B) et depuis j'ai retourné le problème dans ma tête.

Question n°1 : L'humain dans tout ça.

Les patients sont ils prêts à ce qu'on supprime ce rôle à l'assistante ?

La majorité de nos patients est du quartier, et ils leur arrivent souvent de passer directement au cabinet pour prendre rendez-vous.  Surtout les non francophones.
Certains patients sont aussi habitués à ce qu'on leur donne un rendez-vous en urgence (sur des plages "interdites" du planning), à ce moment là une personne extérieure au cabinet ne pourrait pas (si elle le pouvait ça signifierait qu'elle pourrait placer un rendez-vous à 21h15 parce que ça arrange).
Par ailleurs vu l'aversion de la plupart envers le répondeur, je les vois mal passer par un secrétariat centralisé (à qui on ne pourrait pas dire "bonjour c'est madame MamieTouteGentille" qui est connue dans le cabinet mais pas par des gens qui gèrent les plannings plusieurs cabinets à la fois).

Question n°2 ; la compatibilité informatique

Qui rejoint la question n°1. Afin de satisfaire tout le monde, il faudrait une assistante-secrétaire et l'agenda disponible tout le temps.

Donc soit une application qui se greffe directement sur notre progiciel soit un planning extérieur au logiciel mais suffisamment intelligent pour qu'on puisse ouvrir le dossier patient avec et compatible avec nos ordinateurs (PC et MAC) et les smartphones des patients ou ceux du secrétariat à distance (oui ça fait beaucoup mais ça doit exister).

Question n°3 : la gestion des cas particuliers

Je me rappelle de ma gynécologue fulminant qu'on lui ai calé un rendez-vous demandant du temps sur un créneau restreint.

Comment leur signifier que pour telle patiente on ait besoin de 2h et pour MrTrucMuche juste 30 minutes ?
Comment faire comprendre qu'on ne prend pas 6 patients de la même famille à la suite sur des créneaux de 30 minutes mais qu'on ferra plutôt une séance de consultation-contrôle rapide de 15 minutes ? (croyez moi sans cette "politique" les périodes de vacances scolaires seraient une catastrophe à gérer.

Question n°4  le cas des patients sur liste noire

Je ne veux plus voir MrUntel c'est marqué noir sur blanc dans le dossier. Comment faire pour être sûre qu'on ne leur donne pas de rendez-vous ?


Vous en pensez quoi vous ?

vendredi 17 avril 2015

Contre la montre

On me demande souvent mon secret minceur, il est simple, je cours tout le temps. J'ai l'impression d'être au taquet maximum pour toutes mes activités et ne jamais pouvoir me poser. Toutes mes copines qui ont accouché en 2014 sont dans le même cas cela dit, qu'elles soient dentiste ou médecin, ou autre. 

Ma vie est devenue un contre la montre permanent. Parfois le matin je me dis que je suis large et 5 minutes après il faut empaqueter Bébé Carie qui forcément a une couche qui déborde et refuse de mettre son bonnet.

Auparavant je n'avais juste à me soucier d'être ponctuelle pour les rendez-vous. Maintenant c'est de la rigolade à côté de l'impression de tourner Pékin Express chaque matin.

J'envie forcément mes confrères qui peuvent se permettre d'arriver à 9h la bouche en cœur en sachant que l'assistante aura tout préparé. La magie de notre cabinet est qu'on est toujours seuls le matin et le soir.

En somme si je décide de paresser 5 minutes de trop je peux retrouver un patient gelé devant la porte car je suis toujours la première. Je pourrais jouer la nonchalance et arriver à la dernière minute mais j'apprécie ces quelques minutes de calme où je n'ai ni un biberon à donner, ni un métro à attraper, ni un cabinet à ranger, juste à attendre le patient en lisant tranquillement.

Je rigole quand on me demande de prendre un patient "tôt ça ne me dérange pas" le matin. Comme si ce n'était pas déjà assez sportif de venir pour 9h, et quand bien même je suis contre l'idée de réveiller BébéCarie ou de lui donner le biberon sur la route.

Avant je n'aimais pas le retard des patients. Maintenant j'apprécie que le patient de 9h arrive à 9h05, ça me laisse plus de temps pour me mettre en route.

Il y a sans doute le fait que je n'ai pas eu une grosse activité en 2014. J'ai beaucoup écrémé et refusé systématiquement tous les patients qui se présentaient avec plus de 15 minutes de retard. Maintenant je me suis adoucie. Me rendant compte que finalement je suis la plus grosse perdante car j'ai perdu mon temps et mon argent. Dorénavant je préviens qu'il me reste tant de temps, que c'est insuffisant pour le soin à faire, si c'est un premier rendez-vous je fais une consultation rapide, sinon un détartrage, l'avantage est que le patient est pris donc ne sort pas énervé (bon il ne faut pas qu'il arrive après l'heure du rendez-vous quand même), et que moi j'ai pu coter un acte. Parfois ils ne comprennent pas que ça ne prend pas 5 minutes ou que le temps de rendez-vous n'est pas extensible, dans ce cas je bénis l'arrivée du patient suivant qui leur rappelle qu'ils ne sont pas seuls.

Il doit y avoir aussi une part de sagesse, à me dire que je sais qu'un détartrage prend 15 minutes en moyenne ou qu'un examen de prévention pour un enfant ne demande pas 30 minutes. Alors parfois je déborde pour finir le soin au lieu de reporter, je grappille 5 minutes au patient suivant. Je me suis souvent rendu compte que le patient qui suit un patient en retard est souvent soit lui-même en retard soit  ne se présente pas, ça m'est arrivée un bon nombre de fois de ne rien faire 1h d'affilée alors que j'aurais pu prendre le premier patient ...

En somme j'ai changé, je suis moins catégorique, plus compréhensive sur certains points. Et je pense que c'est une bonne chose de ne plus passer pour un dragon (même si l'assistante leur dit toujours "je ne pense pas qu'elle va vous prendre".


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