vendredi 21 novembre 2014

Légende urbaine : les dents se cassent par manque de calcium

Ce serait tellement simple d’accuser la génétique ou de reporter la faute sur une simple carence.

Mais tout vient de nos habitudes alimentaires.. 




Une dent qui se casse/'s’effondre/se cavite le fait principalement à cause de la carie (exceptionnellement pour des raisons d'usure mécanique ou d'érosion chimique).

Je pense que cette légende urbaine du manque de calcium est entretenu par certains vieux praticiens/médecins qui ne veulent pas heurter leurs patients (les mêmes qui te disent sûrement "mais non ce n'est pas un cancer mais on va programmer une nouvelle radiothérapie"). Certainement les mêmes qui disent que l'eau est calcaire dans le coin donc forcément c'est normal d'avoir du tartre ("vous comprenez je bois beaucoup d'eau") (ça ferait une bonne légende urbaine à raconter ça aussi).

Il n'existe aucune étude qui prouve qu'une carence en calcium provoquerait des caries.

Certes le manque de calcium provoque des fractures osseuses mais la dent n'est un os (ni de l'os), mais un organe qui une fois constitué n'est pas remodelable (ou en microsurface avec le fluor) sauf par attaque acide (érosion, carie) ou mécanique (abrasion, attrition).






Je parle de sucres, car les fructose (sucre contenu dans les fruits), lactose (lait) , amidon (pain) ou autres, sont aussi cariogènes que le saccharose (communément appelé sous la dénomination "sucre").

Les premières études se sont penchées sur des populations exemptes de caries depuis des siècles et qui avec l'apparition du coca-cola ou d'une diète "occidentale" se sont vus atteints. 


Par ailleurs les végétariens/végétaliens ne sont pas épargnés par la carie. On a longtemps cru que les sodas étaient plus dangereux que les jus de fruits (qui seraient sains et bons pour la santé). On sait maintenant que tout est question d'équilibre en sucre, acidité et pouvoir titrant (le champagne c'est très très acide sachez le !).


Conseils pour limiter les caries =

  • Limiter la consommation d'aliments sucrés, et ne pas les manger en dehors des repas.
  • Ne boire que de l'eau avant le coucher 
  • Manger du fromage ou des laitages en fin de repas pour neutraliser l'attaque acide
  • Bien sur se brosser les dents après chaque repas

vendredi 14 novembre 2014

Loulou va chez le dentiste

J'avais envie de vous donner quelques pistes de lecture pour évoquer avec les enfants l'hygiène bucco-dentaire ou le rendez-vous chez le dentiste.

Au commencement il y a la prévention, le volet le plus important. Car mieux vaut prévenir que guérir. Et surtout, si vous inculquez de bonnes bases d'hygiène vous avez moins de risques que vos enfants aient des caries.





Le grand classique de l'école des loisirs où le brossage n'a qu'un part infime dans l'histoire mais le conseil reste distillé subtilement sans être moralisateur.


L'identification restant le moteur principal pour l'apprentissage des gestes quotidiens, quoi de mieux que d'introduire un personnage pour imiter et revoir ensemble les étapes.
Bien sûr le meilleur exemple reste les parents et les frères et sœurs. On ne peut exiger quelque chose qu'on ne fait soi-même.




Bon par contre j’espère que sa brosse n'a pas de dents. J'avoue que le titre me laisse songeuse.


Un format BD donc plus ludique pour les plus grands.

A la manière des contes pour enfants qui ont toute une morale cachée, voici quelques volumes pour expliquer d'où peut venir la douleur dentaire et comment y remédier.


Gaston n'aime pas se brosser les dents mais a une carie et il va bien falloir qu'il aille chez le dentiste. 




Une jolie histoire non pas d'indigestion, mais d'un loup qui a mal aux dents après avoir mangé trop de bonbons. Sans être moralisatrice elle permet de comprend pourquoi il faut en manger modérément.
La version "mes parents/grand-parents arrêtent d'acheter des bonbons" serait souhaitable également (rappelons au passage que si on a pas de bonbons chez soi, l'enfant ne peut pas en manger ...).



Un livre je pense plus axé sur le ressenti de l'enfant en lui-même, comment accompagner la douleur plutôt que de culpabiliser (tu as mangé trop de bonbons je te l'avais dit qui n'est pas constructive chez le jeune enfant), répondre aux craintes. Une bonne idée pour ouvrir le dialogue.




"Crocky le croco est un chanteur célèbre et adulé ! Il est très coquet mais reste un peu négligent sur le soin apporté à ses nombreuses dents. Et comme il aime dévorer les bonbons que ses fans lui offrent par paquets, un beau matin, il se réveille avec une horrible rage de dents... Entre la peur du sorcier-dentiste et sa douleur, Crocky va devoir se montrer courageux !"



Décidément les loups mangent trop de bonbons !
Heureusement le docteur Papillon est là pour réparer les dégâts! 


Les ouvrages concernant la tombée des dents et le passage de la petite souris sont nombreux.
En voici d'eux que je trouvais intéressants. 



Pourquoi la dent bouge ? Que va t'il se passer ? Doit-il arrêter de manger ? Doit-il faire comme son ami et l'enlever tout seul ? Une bonne idée pour aborder cette période où la denture devient mixte avec des dents temporaires et l'apparition des dents définitives. 


De quoi nourrir le mythe (et éviter que votre enfant  croie qu'un rat habite dans votre maison et attend tapi derrière un meuble qu'une dent soit posée sur l'oreiller).

Le rendez-vous chez le dentiste est pris, comment préparer la visite. 



Un livret-jeu intéressant qui permet de préparer la première visite, répondre à des questions tout en s'amusant.



          

Et a déjà la bouche ouverte. Espérons que le dentiste arrive vite avant qu'elle n'ait une crampe.


Dora la petite fille modèle qui vient chez le dentiste avec sa brosse et qui a déjà eu un bon point "étoile" pour avoir ouvert bien grand la bouche. On note au sourire de satisfaction de la dentiste que la séance n'a pas été trop difficile (le brushing est toujours impeccable)




Le livre carton rouge



Un grand classique qui pourtant à son titre et son synopsis n'augure pas confiance...
"En allant manger des crêpes chez Ferdinand, Simon se rend compte qu’il a mal, très très mal, à une dent. C’est une très grosse carie dans la molaire gauche. Il faut faire quelque chose ! Aller chez le dentiste ? Pas question ! Faire une piqûre ? Jamais de la vie ! Mais parfois, les mamans de Superlapins ont le dernier mot. En voiture, Simon, et direction le cabinet médical ! Installé de force dans un fauteuil de torture vert, la bouche tartinée de pâte à la fraise, Superlapin n’écoute que son courage !"

Je pense qu'il faut lire ce livre avec du second degré ou éviter de le sortir aux enfants très angoissés, car en présentant le fauteuil dentaire comme un "fauteuil de torture"  et le fait qu'il soit emmené de "force" par sa maman est assez anxiogène.
En somme ce serait comme de dire "ça va être horrible tu vas voir mais tu n'as pas le choix". 
Dora, Lola et Lucas ont bien vu plus haut que le fauteuil était plus magique (on fait un tour de manège !) que barbare.

Par ailleurs il manque beaucoup de communication dans cette famille (même si on emmène rarement un enfant tout joyeux chez le dentiste, lui présenter comme une punition est la meilleure chose pour qu'il soit traumatisé et que ça se passe mal).


mercredi 5 novembre 2014

L'accident d'exposition au sang.

Si il y a bien un truc qu'on redoute à la fac c'est de se piquer pendant un soin avec un instrument ayant déjà piqué le patient. On appelait ça l'AES (Accident d'Exposition au Sang). Naître dans les années 80 ça veut aussi dire grandir avec la peur de choper le SIDA  et ce serait quand même bête de se faire contaminer dans l'exercice de ses fonctions quand on se protège le reste du temps.

La prévention on la connaît, on ne recapuchonne pas une aiguille, on laisse la seringue loin du plateau pour ne pas se piquer par inadvertance ...Sauf que ça nous est tous arrivé d'avoir un accident. 

En tant que salariée-étudiante c'était simple, on allait voir la médecine du travail; on montrait notre doigt, on avait une prise de sang si on avait pas pu ramener le patient avec nous ("coucou, viens on interrompt le soin pour faire une visite du CHU"). 

La première fois j'étais sereine, d'accord je venais de m'enfoncer un truc bien ensanglanté dans la pulpe de mon doigt (j'ai dérapé en extrayant sa dent)  mais c'était une mère de famille que je connaissais bien. Je l'ai laissée repartir avec son ordonnance pour sa sérologie. Et en attendant les résultats je n'ai pas eu de sérothérapie préventive. 

Après j'ai du me piquer avec un enfant, je ne suis pas sûre de l'avoir signalé.

Puis est arrivé ce moment où je n'étais pas encore vraiment dentiste, mais plus vraiment étudiante, je remplaçais. Je me suis piquée avec une lime de traitement canalaire bien ensanglantée pour changer. Je lui ai fait son ordonnance pour le labo. Et je suis allée voir mon médecin traitant ne sachant vers qui me tourner d'autre. Là on s'est heurté à un mur, en employeur on met qui ? C'était pas le CHU,  ça c'est sur. Mais alors le praticien que je remplace ? Qui est donc en vacances. Ou moi-même ? Je n'ai jamais su comment remplir la demande d'accident de travail donc j'ai dû rembourser la prise en charge. 

En attendant le patient revenait à ses rendez-vous SANS ses résultats et ça m'angoissait un peu. Car contrairement aux autres fois il avait le profil type du jeune pas sérieux (oui je fais un charting à la tête du patient pour savoir si je dois m’inquiéter) et surtout je ne voulais ni contaminer mon mec ni mettre une capote.

Après avoir appelé tous les labos des bleds du rayon (ce couillon de patient avait dit qu'il n'aurait pas les résultats avant 10 jours ...) puis fait pression ("jouissons sans entraves"), j'ai été rassurée.

Forcément je ne peux pas passer 2 mois sans me piquer donc à peine installée ça recommençait. J'ai ainsi fait tester un honnête père de famille (qui se trouvait être le mec d'une ancienne copine de bus scolaire), un retraité .. 

J'ai un peu hésité pour une petite jeune de 15 ans. Elle était si jeune. J'ai regretté de m'être piquée quand j'ai vu son bracelet "Kevin je t'aime". 

Ca m'arrive une ou 2 fois par an d'avoir ce doute. Ce moment où on arrache le gant, on examine le doigt, on rembobine le fil. Est-ce qu'il y avait du sang sur l'aiguille ? Si l'aiguille a traversé le plastique est-ce que ça la nettoyé un peu ? (oui je recapuchonne c'est pas bien mais c'est ça ou je me pique). Souvent c'est avec des enfants. Toujours je trempe 5 minutes dans de l'eau de javel diluée. J'ai redouté l'accident pendant ma grossesse. 

Et puis dernièrement un truc con, l'aiguille est bien recapuchonnée mais elle s'était tordue et sortait un peu du capuchon. J'ai pris un instrument et c'était fini. Là tu regardes ton patient. t'essaies d'imaginer quelle vie sexuelle il peut avoir. Et tu as des palpitations car d'ordinaire il est trop bien habillé pour le quartier (version Marais dirons-nous).  Sauf aujourd'hui où il a vieux jogging du stade français (et là mon gaydar est perdu). Tu réexamines le doigt, ça a piqué mais ça n'a pas saigné, il n'y avait pas de sang sur l'aiguille. Alors je l'ai laissé partir et j'ai sorti la javel. 

vendredi 24 octobre 2014

Mastiquer c'est la vie

On est plus tournés vers les apports nutritionnels, les calories, teneurs en gras, sucré, salé (mangez bougez), mais on omet de parler de texture, de "mâche", de consistance.

J'en ai déjà parlé. L'allaitement au sein reste le meilleur garant d'un bon développement de la face pour un enfant de moins d'un an. Si on ne peut pas/ne désire pas (si l'enfant refuse, perd du poids et qu'on se décourage face aux médecins parfois trop dissuasifs), il existe maintenant des tétines reproduisant à merveille le mouvement de succion du sein, élaborées avec des dentistes. Iltet que je teste (approuvé) (commercialisé également sous la marque babymoov) et nuk (pas testées). 
Pour être efficace d'un point de vue physiologique, l'allaitement au sein devrait durer au moins un an. Quand on pense à l'allaitement, on parle souvent de qualités nutritives ou de lien mère-enfant mais on omet de parler de cette fonction physiologique primordiale.
Tous les bébés naissent avec une mâchoire inférieure en arrière (rétrognathie) et c'est ce jeu de succion qui va "corriger". 

Un succion passive favorisée par un biberon classique ne développe pas la musculature dans le sens transversal. Pour stimuler la croissance il est indispensable que l'appareil manducateur (mâchoires) soit sollicité dès la naissance (page 8/19) 


A l'âge d'un an, il est impératif d’introduire (ou d'avoir introduit) des aliments en morceaux avec de la "mâche". C'est à dire ne pas hésiter à faire manger comme les adultes le même plat, quitte à couper plus petit. Le repas sera plus long qu'avec un plat tout préparé (déjà digéré) mais il donne l'habitude de la mastication à l'enfant qui n'est pas censé avaler tout "tout rond". 

musculaire masticatoire qui en résulte.  ( Christophe OTTE  kinésithérapeute podolgue et Olivier OTTE docteur en médecine dentaire Article publié dans la revue professionnelle des ostéopathes :REFERENCE OSTEOPATHIE. (octobre/novembre/décembre 2011))

Contrairement aux idées reçues, un enfant qui n'a pas de molaires de lait peut manger des morceaux (Avez-vous déjà essayé de mettre votre doigt entre les arcades dentaires d'un bébé de 5 mois ? N'avez-vous pas eu mal quand il vous a mordu ?). Bien sûr on augmente la dureté en fonction du nombre de dents. On ne demandera pas à un bébé de 6 mois de manger 100g de penne al dente. Mais à 18 mois il en est tout à fait capable. 
Jusqu'au premier anniversaire de l'enfant, le lait reste l'aliment principal (et le seul indispensable), le reste des aliments est introduit sous le nom de "diversification" justement pour faire découvrir (et non dans un but nutritif propre). 
Même si c'est salissant, il ne faut pas hésiter à donner des fruits bien mûrs (une demi poire que l'enfant pourra tenir et sucer), un quart de banane ... Non seulement l'enfant va jouer avec, mais en plus il va découvrir la déglutition et la joie de la mastication. (Pour plus d'informations sur la diversification menée par l'enfant, cliquer ici et ici ).

A ses 2 ans, un enfant doit manger comme ses parents. J'ose espérer que vous ne vous nourrissez pas que de purées de légumes, de steak hachés et de compote en tube. 




Quelques exemples simples pour les 2 ans et plus :
- remplacer la compote liquide du goûter par un fruit entier (coût économique moindre de surcroît)
-préférer les fruits entiers plutôt que du jus de fruit (sauf au petit déjeuner à la limite) 
- ne pas donner systématiquement des coquillettes 10 fois trop cuites, préférer une cuisson al dente et des pâtes "adultes" qu'on doit mâcher et non juste gober. 
- éviter les mélanges céréales-chocolat au lait (ou lait chocolaté) du matin. Faire boire le lait à la paille à la limite et bol séparé pour les céréales.
-ne pas hésiter à donner du vrai fromage plutôt que des yaourts.
-proposer du pain cuit, éviter les pains briochés/pain de mie  industriels


Il est évident que la génétique (et l'hérédité) prend une grand place dans le développement de la face (et la nécessité ou non d'un appareil orthodontique). Si les 2 parents ont eu un appareil orthodontique et des possèdent des mini-mâchoires, il y a peu de chance que l'enfant en ait une large. 

Le but de l'instauration d'une alimentation adéquate est d'éviter les extractions multiples en préalable des traitements orthodontiques . Ces extractions peuvent être rendues inutiles si on agit en amont par un traitement précoce (ou interceptif) mené avant l'éruption des incisives latérales maxillaires (entre 7 et 9 ans). Le but étant en parallèle avec l'instauration d'une ventilation nasale (un autre facteur important pour le développement de la face) d'avoir des arcades dentaires suffisamment développées pour que toutes les dents puissent être mise en place. Une fois la dysharmonie installée, l'expansion n'est plus possible. Un développement insuffisant de la face peut avoir de graves conséquences sur la santé de l'enfant (rhinites chroniques, ventilation orale persistante ...)










J'extrapole sur mon sujet de prédilection (les dents !) mais si vous séchez sur vos menus, voici 2 sites que j'aime beaucoup. La première fait manger des légumes à ses filles sans que ce soit de la torture (toi même tu sais) et la deuxième vous guidera vers de merveilleuses brioches  et   teste pour vous sur sa fille la diversification à la cool.

Je précise que je n'ai aucun lien avec la société Iltet (ou Nuk,) et que toutes les tétines  Iltet essayées (et approuvées) ont été achetées par mes propres moyens. 

mercredi 22 octobre 2014

Dans mon cabinet idéal

On commencerait par un environnement ni trop propret ni trop glauque. Pas forcément une banlieue cossue mais pas non plus le décor d'une arrière ZAC. Un énorme panneau "cabinet dentaire" serait accroché au fronton afin que même les malvoyants puisse le voir et qu'on ne nous dise plus "j'ai pas trouvé le numéro 176 de la rue, vous êtes où?";

Il y aurait un parking de 5-6 places pour que je puisse me garer sans avoir à chercher une place pendant une heure et que les patients n'aient plus cette excuse d'avoir tourné dans le quartier.

On aurait un visiophone pour voir qui sonne et ne pas avoir de mauvaises surprises. On aurait aussi une entrée ou un interphone indépendant du reste de l'immeuble (mais est-ce possible ?) pour ne pas ouvrir à tous les voisins.

L'équipe disposerait une vraie salle de repos afin de permettre des pauses café/thé/repas conviviales. Des toilettes privées seraient inaccessibles au "public" afin de garder un espace propre à nous.

Une femme de ménage viendrait une fois par jour le matin avant l'ouverture. Elle serait engagée via une entreprise de service afin de pallier aux absences dues aux arrêts maladies et aux vacances.

L'assistante arriverait à l'heure et ne partirait pas avant en se sauvant. On lui stipulerait dans son contrat la liste des tâches à réaliser chaque jour. Elle n'attendrait pas 2 jours avant de faire la stérilisation des instruments, elle répondrait au téléphone sans dire au patient de patienter pendant qu'elle finirait sa conversation avec sa copine. Éventuellement elle nous aiderait au fauteuil au moins pour les prises d'empreinte, sinon pour débarrasser et nettoyer l'unit. Je continuerais à faire mes encaissements et ma comptabilité mais elle pourrait éditer les devis et les ordonnances. Elle aurait donc été formée pour son poste et saurait donc reconnaître une lime quand on lui demanderait de nous en ramener.
Elle ne donnerait pas de rendez-vous aux patients que l'on ne veut plus voir, même si c'est le cousin du beau-frère du caïd du quartier. Elle vérifierait les coordonnées des patients en prenant les rendez-vous pour pouvoir les joindre.
Bien sûr elle serait payée en conséquence et serait déclarée. Elle serait augmentée régulièrement si elle le mérite.
Et tant qu'à faire ELLE pourrait être un LUI parce qu'on est en 2014.

Le titulaire veillerait à une juste répartition des patients et prendrait les enfants de ses patients en soins au lieu de les refiler systématiquement à son collaborateur. Il ne prendrait pas ses vacances obligatoirement du 15 juillet au 15 août en obligeant son collaborateur à rester là pendant ses congés. Il prendrait un vrai remplaçant afin que le collaborateur développe une vraie patientèle et ne soit pas occupé ou débordé que 3 mois dans l'année. Dans la mesure du possible, il veillerait à assurer ses urgences et ne pas transformer son collaborateur en SAV gratuit. Il s'engagerait sans à avoir à changer de fauteuil tous les 5 ans à le faire travailler dans des conditions décentes (une aspiration qui fonctionne, une pièce plus grande qu'un local pour radio panoramique ...).
Il intégrerait le collaborateur à l'équipe et lui proposerait de devenir son associé pour préparer son départ en retraite en douceur.
Et tant qu'à faire le titulaire ce serait moi et ce serait le cabinet du bonheur.


samedi 11 octobre 2014

Le nerf de la guerre

"Bon pour les couronnes j'ai réfléchi, je vais faire ça à l'étranger". 

Scène courante au cabinet, pas forcément estivale mais favorisée par les retours au pays annuels (voire semestriels) de certains de mes patients. Ce n'est pas du vrai tourisme dentaire, il n'y vont pas que pour ça mais en profitent. Bulgarie, Pologne, Turquie, plus rarement la Chine, quand le voyage dure un mois ou plus pourquoi se priver ?

D'autres fois le patient pratique le tourisme dans la ville et aux alentours, se déplace au gré des rendez-vous glanés, bien sûr il ne nous dit pas en arrivant qu'il est venu chez nous car son dentiste ne pouvait pas le prendre avec 15 jours ou qu'il est trop loin. Bizarrement la plupart ne comprend pas pourquoi on ne peut pas jongler avec 2 praticiens (qui plus est qui ne se connaissent pas et ne communiquent pas leur plan de traitement).

Quand ils voient que mon emploi du temps est plus vide et propice à des soins rapides, ils me demandent avec naïveté de tout préparer pour que leur dentiste n'ait plus qu'à poser la couronne. 

A une certaine époque, j'étais gentille et je m'exécutais (je m'ennuyais tellement que j'avais besoin de patients). Maintenant j'ai compris que pour être rentable (et ne pas gagner un tarif horaire moindre que la nounou) je devais abandonner les actes déficitaires.

Le traitement canalaire en est l'exemple criant. J'y passe parfois une heure entière pour 93.91 euros (le taux de rentabilité minimum d'un cabinet étant 50 euros pour 30 minutes on est déjà en dessous). Si le patient ne fait pas de couronne ensuite, la restauration par composite sera aussi déficitaire (entre 19.28 euros et 43 maximum) (légère revalorisation avec la nouvelle ccam) . Quand le patient revient ! 

Dorénavant je teste la motivation du patient avec le devis. Pour savoir si il est prêt dans la durée (Rome ne s'est pas faite en un jour), si il ne va pas se lasser au bout de 2 séances. Savoir également si il est prêt à investir pour sa (ses) dent(s). 

Ce n'est pas qu'une question de moyens puisque la plupart est disposée à faire un blanchiment non remboursé à 300 euros. 

Très rares sont ceux qui n'ont pas de mutuelle, et dans ce cas je les invite à se renseigner auprès de l'assurance maladie pour les différentes aides (ponctuelles ou régulières). 

Evidemment j'ai gardé une once d'humanité, et je soulage les douleurs, mets des pansements là où ça risque de faire mal et extraie les dents limites qui n'auraient pu être gardées qu'avec une restauration prothétique (ces fameuses dents où aucun pansement/composite ne tient et dont le traitement canalaire baigne dans la salive si on ne fait rien).

J'ai peut-être un planning moins plein mais au moins je ne fais plus de bricolage ou sauvetage inutile où pour la 5ème fois de l'année la dent casse faute de parois résiduelles solides. 

jeudi 2 octobre 2014

Maniaque (2)


Je rigole quand on me dit que certains bébés ont peur de l'aspirateur. Le son était tellement familier in utéro qu'il n'en a même pas peur. 

Il faut dire que durant ma grossesse non seulement je me retrouvais parfois seule une après-midi entière (à devoir me lever et ouvrir la porte) mais j'ai dû aussi faire le ménage. Enfin du. Personne ne m'a forcée. Mais vous iriez vous faire soigner chez un dentiste dont le sol est parsemé de cheveux ? En bonne maniaque j'ai donc lavé le sol pour redonner un peu de dignité au lieu. (N'étant pas folle et ne voulant pas encourager le titulaire à ne pas engager une femme de ménage ou à ne pas payer l'assistante pour qu'elle le fasse, je n'ai bien sûr nettoyé que ma partie) (inutile de dire que la situation n'a pas bougé et que l'on me regarde toujours passer l'aspirateur avec des grands yeux éberlués).

Avoir une chambre à la maternité avec un distributeur de gel hydro-alcoolique accroché au mur me ravissait, en rentrant chez moi j'en ai collé dans chaque pièce non dotée de lavabo, les bactéries n'avaient qu'à bien se tenir ! Chez moi le terrain est miné, et au fur et à mesure je lâche du lest pour "immuniser" BébéCarie à la vraie vie (sol non javellisé qu'il prend plaisir à lécher). 

Le grand choc de l'année a été le retour au cabinet.

Certains ont eu des ballons et une guirlande disant "welcome back !", pour ma part j'ai retrouvé une pièce sans dessus dessous. 

J'ai un peu fait une crise d'angoisse. Puis j'ai repris mes respirations abdominales (mon ventre me remercie). J'ai commencé à compter les tâches d'eugénol à décaper (tâches qui ont cette propriété d'être tenaces si on oublie de les retirer à la fin de la journée) et j'ai retourné tous les tiroirs. 
C'est tellement drôle et facile de laisser son bébé à la nounou et de retourner bosser, comment ne pas se réjouir de ne pas retrouver un univers familier et de devoir prendre une journée à tout ranger ? J'avais tellement souhaité qu'il soit à l'aise que j'avais rechargé les tiroirs, mis à disposition tout ce qui me paraissait essentiel sans qu'il ait à farfouiller dans la réserve. Apparemment ça ne lui a pas paru opportun de faire de même (l'ergonomie étant le meilleur ingrédient de notre efficacité). 

Finalement remettre tout en ordre n'était pas le plus compliqué, ça c'était la façade, la partie visible de l'énorme horreur que j'allais découvrir.

L'état du cabinet reflétait parfaitement l'état des soins effectués en mon absence par mon remplaçant.

Inutile de dire que c'est catastrophique.

A suivre.

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