mercredi 7 septembre 2011

On ne naît pas dentiste, on le devient.

D'où vient la vocation ? Cette force immuable qui te permet d'admirer du pus sortir des gencives enflammées de tes patients (j'espère que vous ne mangiez pas), de sentir des haleines fétides (on y reviendra) sans perdre l'appétit, de voir des bouches dans un état proche de la ville du Havre après les bombardements (expression trouvée hier).

Quand j'étais petite, j'adorais mon dentiste. Mais je le regardais pas avec les yeux émus de ces personnes qui voient leur avenir tout tracé. J'admirais la déco, plus particulièrement le portrait de ses 3 fils, dont un dans mon collège, beau à se damner. J'étais jeune et déjà ma mère savait que j'aurais bien du soucis avec les hommes. Un jour le portrait des fils devenus grands a été remplacé par la photo du chien de la famille (à moins que ce soit un voilier ?), mais j'y suis quand même retournée.

J'ai toujours eu la fibre scientifique, option biologie. Je rêvais de panser les plaies dans un hopital pendant que ma soeur vendrait des glaces en bas. Mais j'avais 8 ans.

Ensuite, baignée dans un environnement pro-enseignement, j'ai voulu devenir prof. De français. Mais mon père m'a dit "y a pas moyen que tu fasses pas S". Donc j'ai cherche autre chose (non je n'étais pas du genre rebelle). Un boulot sympa où tu gagnes plein de thunes et tu joues avec du matos compliqué soignes des gens sans trop te compliquer la vie. En 4 ème, je me destinais alors à devenir opthalmo.

Puis une cousine avait embrassé des études de médecine, et je ne voulais pas qu'on croit que je l'avais copié, alors j'ai choisi un spécialité (enfin choisi de choisir), la pédiatrie.

Quelqu'un m'a dit que tu m'aimais encore que c'était pas si génial d'entendre des enfants brailler toute la journée en salle d'attente (une pensée pour leurs assistantes). A ce moment-là, j'étais bachelière et inscrite en fac de médecine (prête à tout déchirer).

C'était un lundi. 2 ou 3 semaines après la rentrée, grosse réflexion que connaissent les bizuths. Qu'est-ce que je fais là ??? Vais-je vraiment devoir me farcir encore 6 ans d'années de cours magistraux en amphi avant de savoir ce que j'allais devenir, avant de palper vraiment un patient. Je voulais du concret (et me tirer de cette fac qui me foutait la trouille). C'est arrivé comme une envie pressante. J'ai décidé de devenir dentiste.

Puis je n'ai jamais changé d'avis.

J'ai vite compris que primo j'aurais plein de nouveaux amis (ceux qui savaient que je leur piquerais pas de places au classement) et deuxio j'avais un nouvel objectif, devenir major de promo et être la première bizuth de l'histoire de la fac de dire "j'ai choisi dentaire". J'ai presque réussi.

Finalement dans le monde merveilleux de la 2ème année dentaire, on retrouve la même chose qu'en médecine, du sang des larmes une intégration alcoolisée, des profs qui se la pètent, plein de nouveaux camarades, des chansons paillardes à chanter. Mais le bonus c'était les travaux pratiques. Là c'est la partie si j'avais su je serais pas venue.

Dans ma grande excitation de primante, j'avais zappé que dentiste = travail manuel = pas un boulot pour les manchots comme moi.

Ce fut dur (pas que pour moi) mais un jour ça allait mieux (heureusement pour mes futurs patients). Quand j'y repense je m'épâte moi-même, après être venue de si loin.

Je n'ai jamais regretté mon choix sauf quand je pleurais parce que je n'en pouvais plus.


2 commentaires:

  1. Ah le docteur G.... Je me demande ce que sont devenus ses fils.

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  2. Je lui demanderai quand je le reverrai.

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