lundi 17 octobre 2011

Pourquoi tu ouvres pas ton cab' ?

Quand l'entourage a connaissance que tes études se terminent, une seule question fusse "Quand est-ce que tu ouvres ton cabinet ?". C'est l'équivalent du "Quand est-ce que vous commencez à vous reproduire ?" aux jeunes couples mariés ou ensemble depuis longtemps. Le cabinet c'est le bébé professionnel du dentiste.

Généralement tu leur réponds "Give me the money". (Pour des raisons évidentes, tes propres parents ne te posent jamais cette question).

Le problème majeur de la fin des études c'est où s'installer. Trop de choix tue le choix. Tu peux aller où tu veux. Mais où tu veux aller ? Dans quelle région ? Campagne ou ville ?

Les chanceux sont ceux qui adorent leur ville/région d'origine et qui rêvent d'y retourner depuis le début.

Les autres chanceux sont ceux qui ont trouvé l'amour de leur vie et qui le suivent.

Vous avez compris je n'étais dans aucune des situations pré-citées. J'étais en dépression pré-diplôme. Prête à partir en Nouvelle-Calédonie pour me rafraîchir les idées et avoir le temps de me poser. 

Au final, j'ai rencontré quelqu'un donc je suis restée dans la ville de mes études. Mais je suis quand même repartie dans ma campagne d'origine pour travailler.

Puis il m'a largué comme une merde on a rompu et j'ai voulu retourner à la ville.

Mon collaborateur m'a alors tenu un discours, que si j'avais eu un flingue je l'aurais assassiné, comme quoi j'étais irresponsable de repartir dans une région où la démographie médicale se porte trop bien, qu'abandonner la campagne c'était un irrespect de mon devoir envers la communauté, que je (et tous les autres qui faisaient ce choix) devraient plus cotiser pour la retraite que lui (et ceux qui bossent à la campagne). 

J'avais expliqué tout ça calmement aux patients qui voulaient savoir mon choix : "où voulez-vous que je chope un mec ici ?". Ils ont compris. Y en a même un qui m'a raconté qu'il allait dans une boîte à Paris où il voyait plein de filles super diplômées mais super seules. Qui avaient tout sacrifié pour leur carrière et qui se réveillaient à 35 ans avec des envies de maris et de mômes et qu'elles ne trouvaient pas.

Tout ce que je n'avais pas envie de devenir.

Mon but ce n'est pas de devenir le meilleur chirurgien-dentiste de France, mais d'être une bonne omnipraticienne, une bonne femme, amante et mère.

L'accomplissement de ma vie ce ne sera pas de regarder les billets voler mais de voir ma famille heureuse.

Et je pense que je ne suis pas la seule à ne pas vouloir me tuer à la tâche, à ne pas vouloir frôler le burn-out mais d'avoir une vie équilibrée.

De plus en plus de femmes peuplent les rangs des disciplines médicales et en relation cela pose un problème démographique. 

Mais j'avais 25 ans et je voulais pas finir seule avec mon chat même si je gagnais plein de sous.

J'ai préféré reprendre une vie plus simple et continuer de draguer des internes.

Maintenant j'y vois plus clair et je suivrai l'amoureux. Le vent nous portera.



3 commentaires:

  1. et oui c'est triste, mais ce métier n'est pas (l'a-t-il été un jour?) un sacerdoce.... en tout cas pas pour moi.
    je te rejoins beaucoup sur ce point là, on a beau aimer son métier, on a le droit d'avoir une vie! ("je peux ce vendredi vers 20h" --> "ça tombe bien, non seulement je gardais mon planning libre juste pour vous, mais je comptais faire une nocturne ce jour-là" ...)

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  2. J'espère que le vent vous portera pas trop loin

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  3. oui surtout que vous êtes censés y avoir des parts !

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