vendredi 21 décembre 2012

Le syndrome du biberon c'est quoi ?




Le syndrome du biberon est un appellation générique concernant les caries multiples du jeune enfant dues au contact prolongé avec un liquide sucré (moins de 6 ans généralement). Ces caries touchent les dents de lait pour laisser une coloration brune puis noire, encerclant la dent, au stade terminal les dents deviennent des moignons de racine. 

Mon plus jeune patient était un bébé (18 mois), mais on les rencontre souvent en première consultation d'urgence à 3 ou 4 ans, âge où il n'est pas aisé de faire un soin. Souvent cette difficulté à les soigner les conduit au cabinet d'un pédodontiste (dentiste ne pratiquant des soins que sur les enfants) ou à l'hôpital (plupart des cas).

Les premières dents poussent à 6 mois environ, les éruptions sont régulières jusqu'à 24 mois en moyenne l'enfant a alors sur ses arcades dentaires  ses  20 dents lactéales (dents de lait ou dents temporaires). Donc techniquement à 2 ans il faut débuter une hygiène bucco-dentaire régulière et limiter les apports alimentaires à n'importe quel moment de la journée.

Comment les caries "arrivent" ?

Il n'est pas nécessaire de manger des bonbons pour avoir des cariesTous les aliments peuvent être transformés en "sucres".  (néoglucogenèse) Le carburant de choix des bactéries (streptococcus mutans) est le saccharose mais il est capable de "briser les chaînes" du lactose ("sucre" contenu dans le lait), de l'amidon du pain ... En somme si votre enfant mange des galettes de riz ou boit du lait il sera tout autant exposé. 

Courbe de l'évolution du pH en fonction du temps après ingestion d'un aliment

Après l'ingestion d'un aliment, le pH salivaire diminue, il devient acide, on dit que le pH passe sous le seuil critique (5,7)  favorable à l'action des bactéries qui déminéralisent l'émail (qui n'agissent pas à pH neutre ou basique). La salive par son action tampon fait "remonter" le pH au-dessus du seuil critique permettant la reminéralisation.

Si l'enfant boit au biberon à longueur de journée (biberon à la main toute l'après-midi) ou pire la nuit, le pouvoir tampon est inefficace pour augmenter le pH, ce dernier reste alors acide et favorise le travail des bactéries donc l'apparition de caries dentaires.

La notion capitale ici est celle de contact prolongé avec un liquide (le liquide ayant capacité à se répandre dans toute la cavité buccale).

Si l'enfant se brosse les dents une fois le matin et une fois le soir au coucher mais qu'il a un biberon toute la journée à portée de main ce n'est pas suffisant. D'où l'importance du contrôle des prises alimentaires.


Comment prévenir la carie du biberon ?

Avant l'âge de 2 ans le bébé ne va bien sûr pas se brosser les dents seul, le parent doit nettoyer ses dents avec un coton tige et de l'eau voire avec une compresse imbibée de bain de bouche fluoré (type elmex "rouge" protection caries), il est trop jeune pour le dentifrice (risque d'ingestion).

A partir de 2 ans, quand l'enfant a toutes se molaires temporaires, on lui achète une brosse à dent adaptée (petite tête, petit bras) qu'il pourra utiliser seul ou accompagné. Le dentifrice n'est pas indispensable, ce qu'il l'est c'est le brossage du fait de son action mécanique d'élimination des débris alimentaires (carburant des bactéries qui provoquent des caries). 


A 2 ans l'enfant n'a plus le même rythme alimentaire qu'un bébé, il mange 3 fois par jour, plus sa collation à milieu de matinée et son goûter. Si il a soif entre les repas, il faut lui donner de l'eau (non sucrée) et non du lait, du jus d'orange ou du soda (même dilué). La nuit avant de se coucher, l'enfant doit avoir les dents propres (donc brossées) et ne doit plus ingérer d'aliments ou de liquides (sauf de l'eau). Dès le plus jeune âge il faut leur apprendre à boire de l'eau et ne pas leur donner du sucre pour les calmer. Rappelez vous le temps que vous avez pris pour les sevrer du sein pour les faire passer au biberon, une fois accoutumés au goût sucré, il est plus dur de ne leur faire boire "que de l'eau".

Si des caries sont déjà présentes, le pédiatre ou le chirurgien-dentiste pourra prescrire des comprimés de fluor (zymafluor).

A partir de 4 ans on peut commencer le dentifrice goût enfant (généralement la menthe des dentifrices adultes ne passe pas).

A 6 ans les premières molaires définitives apparaissent sur l'arcade. Il est recommandé de porter une attention particulière à ces dents car elles seront présentes sur l'arcade ad vitam eternam. L'émail de ces dents est immature pendant les 3 ans qui suivent leur éruption, les rendant plus vulnérables à l'attaque des bactéries. Il faut donc renforcer le brossage des dents et bien aller "au fond". A partir de cet âge, l'enfant pourra utiliser un dentifrice fluoré adapté à son âge (500 ppm de fluor, soit la gamme 6-9 ans).

Les parents perçoivent souvent mal que des dentistes leur disent de changer telle ou telle habitude dans l'hygiène de leur enfants. Mais il faut garder à l'esprit qu'un enfant n'a pas à dicter sa ligne de conduite. C'est au parent de dire stop aux bonbons, non aux boissons sucrées à longueur des journées, non au lait chocolaté pour s'endormir. 

La carie dentaire n'est pas une fatalité si vous appliquez une hygiène de vie adaptée.

Edit : Un enfant reproduit les gestes habituels de ses parents donc si il ne vous voit jamais vous servir de votre brosse à dent, c'est normal qu'il ne comprenne pas pourquoi c'est évident si important.  Donc montrez-lui sur vous avant de lui enfoncer la brosse dans la bouche ...

dimanche 16 décembre 2012

J'ai mal aux dents, je fais quoi en attendant un rendez-vous chez le dentiste ?


Je me suis dite qu'avant les fêtes et la désertion partielle des cabinets dentaire un petit récapitulatif de que faire en cas de douleurs serait judicieux.

Bien sûr j'ai représenté les cas les plus fréquents de douleurs dentaires (donc il n'y a pas référence par exemple aux névralgies faciales).

Dans tous les cas bien sûr il faut appeler son chirurgien-dentiste rapidement car si l'antalgique soulage, il ne soigne pas le mal. Souvent aussi les antalgiques nécessaires en cas de forte douleur ne seront pas en votre disposition et vous aurez besoin d'une ordonnance.

Il vous est rappelé que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) à base d'ibuprofène (advil, nurofen, spedifen) ne sont pas à prendre à la légère. Du fait de leur rôle anti-inflammatoire, si vous les prenez alors que vous avez une infection, les mécanismes de défense immunitaires sont inactivés et la la lésion s'étend. C'est pourquoi la joue gonflera plus (+) par exemple. Même si c'est médicaments sont disponibles à la vente sans ordonnance, il est conseillé de se renseigner avant de les prendre (en plus des nombreux effets indésirables et des contre-indications chez la femme enceinte notamment).

PS : Cliquez sur l'image pour l'avoir en plus grand.








vendredi 7 décembre 2012

Peut-on partir en vacances ?

Je n'étais pas au cabinet ces jours-ci et avant de partir je culpabilisais de devoir laisser ces petites dents sans soins. Les patients "comprennent" qu'on ne travaille pas le 15 Août ou le dimanche, ou à Noël car eux aussi sont en famille mais en dehors de ces périodes clés quand on leur dit qu'on prend 1 semaine ou 15 jours de congés on a toujours des reproches. Peu de reproches comparées au nombre de "vous l'avez mérité, il faut vous reposer, vous y avez le droit vous aussi ...". mais des reproches quand même.
Un jeune pas vu depuis plus de 4 mois, s'étonne que je lui propose un rendez-vous à "ma" rentrée. Genre comment vais-je tenir pour mon traitement canalaire encore 3 semaines alors que j'ai loupé mon rendez-vous de septembre et que je n'ai jamais pris le temps de rappeler depuis ??? Il a dit les mots interdits (c'est un jeune) ; "ça va ! Tranquille !". Ni une ni deux j'ai répliqué qu'en Août quand tous les cabinets étaient désertés j'étais là ("moi aussi " a-t'il répondu) et que mes vacances j'ai le droit de les prendre quand je veux (Non mais).
Parce que si on leur demandait quand nous pourrions partir, ce ne serait jamais le moment (j'en ai vu un autre qui m'a dit en rigolant "il va falloir annuler !"). Les fêtes approchent donc tout le monde veut "ses dents" maintenant (comprendre ne plus être édenté pour accueillir la dinde aux marrons). La douleur et les caries ne se déclarent pas toute à une date précise donc à un flux constant de "j'ai mal aux dents", rajoutez à cela les réponses des mutuelles, la réception de la nouvelle attestation CMU ... En somme chaque patient arrive chaque jour en demandant à avoir une bouche neuve pour hier (oui je suis aussi magicienne vous ne saviez pas ?). Quand on leur colle un délai de plus de 2 semaines, on a l'impression de les tuer. Sauf que pour le coup même avec des désistements le planning reste le même je ne suis pas là.
Je pensais que je serais heureuse de pousser tout le monde à la porte les dernières heures mais finalement j'ai culpabilisé et je suis restée bien plus longtemps que je n'aurais dû même si j'étais à 2 doigts de louper mon avion. J'étais trop stressée de laisser mes petits patients, trop peur qu'ils aient besoin de moi en mon absence ou qu'ils se plaignent à mon titulaire Mais il este lui donc le cabinet continue à tourner quand même, je ne les abandonne pas.

Et puis finalement je suis partie, j'ai réalisée dans l'avion que j'étais en vacances enfin.

Et à mon retour je n'ai même pas appelé le cabinet pour savoir si tout s'était bien passé et j'ai laissé filer les derniers jours de pseudo-quiétude.

Le dimanche soir j'ai eu un blues immense comme je n'en avais plus eu depuis la fac.

Le lundi matin mon thé m'attendait en sortant de la salle de bain, j'ai eu un câlin d'encouragement et je suis partie affronter la pluie.

Puis j'ai vu cette patiente rigolote que j'adore qui m'a donné envie de bosser et j'ai entendu ce pianiste faire ses gammes.

Finalement le cabinet m'avait manqué.

lundi 3 décembre 2012

Tachycardie

J'ai vu son nom en ouvrant l'emploi du temps et tout de suite je me suis sentie mal. J'ai atendu que l'assistante arrive pour lui demander pourquoi il avait repris rendez-vous mais ce n'était pas elle qui l'avait fixé.

J'ai attendu l'heure du rendez-vous.

La porte s'est ouverte. Il lui a dit bonjour. J'ai reconnu sa voix et mon coeur s'est mis à battre très fort.
J'ai failli poster sur facebook qu'il me "foutait la trouille" mais j'ai préféré faire 2 ou 3 grandes expirations et aller le chercher.

Je me suis dite pour me rassurer qu'il pouvait venir juste pour un simple détartrage.
Mais quand je lui ai demandé si il allait bien, il a dit "non" et j'ai compris qu'il y avait un problème.
Il fait partie de ces patients chez qui un problème est un gros problème.

Il parle, il parle, je l'allonge sur le fauteuil et mets mes gants en me parlant à moi-même. "J'espère que c'est pas une infection apicale".
En fait il a un abcés parodontal, sa gencive est gonflée, lui pensait que le bridge installé 2 mois plus tôt était en cause. Je suis contente, c'est la gencive, pas de douleur à la palpation apicale (bout de la dent), juste cet abcés bien visible sur la gencive attachée (gencive proche de la dent).

Il m'annonce qu'il a pris rendez-vous chez un confrère pour avoir un autre avis mais ça ne me touche pas, il me fait tellement stresser que je n'ai pas envie de faire d'autres travaux prothètiques sur lui.

Je suis passée à côté de chez lui en bus un soir avec Mr Carie. Je lui ai dit à voix basse "c'est là que X habite". Rien que de voir la plaque de la rue, j'avais peur de le voir débarquer.

Tout avait bien commencé avec lui. Il était venu pour un devis, je lui avais fait. Il faisait des blagues, on rigolait bien. Et puis un jour il devait être en descente alcoolique, il a dérapé. Il s'est énervé sans que je n'y comprenne rien. il criait sur le fauteuil. Et moi j'étais morte de peur parce que j'ai pas senti le truc arriver. Il ne ressemblait pas aux patients méfiants, méchants chez qui je m'implique un minimum. J'ai cru qu'il n'allait pas revenir mais il est revenu comme si de rien n'était. Il avait dû prendre la bonne dose, il était calme. Alors j'ai continué aussi. J'ai commencé à parler avec une voix basse à lui comme aux autres patients. Juste pour les calmer et les apaiser. Puis on est arrivés à la fin et j'ai soufflé.

C'est bizarre ce sentiment de savoir qu'un jour la colère va revenir. Je sais maintenant que je couperais court en lui demandant de changer de praticien. Tout l'or du monde ne vaut pas ce stress.

mercredi 14 novembre 2012

A quoi pense votre dentiste le samedi matin ?

- Vendredi soir 20h je sors du métro en voyant plein de gens heureux qui partent prendre un verre /dîner et je me rappelle mon triste sort d'ermite.

- 7 h le réveil sonne, je sors douloureusement de mon rêve. "Qu'est-ce que c'est ?" "Qu'est-ce qui se passe ?" "Quel jour on est ? " "Oh non faut que je me lève!". Temps perdu 1 minute.

- "Je vais encore arriver pile à l'heure alors que je suis partie à 8h de chez moi". Ou comment le samedi matin la rareté des métros oblige à se lever plus tôt et à courir dans les escaliers entre 2 correspondances.
 
-"Si le premier ne vient pas je le tue". Ça arrive rarement mais ce genre de patient est sur de ne plus être reçu un samedi matin.
 
-"Ce qui est bien c'est que les rues sont vides". Pas d'école donc pas d'enfants ni de parents à 8h40 dans la rue, pas de travailleurs non plus, et les dealers font la grasse mat'. Donc génial on a la rue pour soi (enfin à l'aller).
 
- Le moment "Je n'aurais pas dû" boire du vin hier soir/sortir/me coucher tard/ regarder ce film pourri/manger que ça ce matin.
 
- Cet instant de solitude où tu checkes tes mails et tu te rappelle que tu es la seule levée à 9h du matin.
 
- Le fameux moment où tu désespères " NON, encore 6 patients mais j'en fais que 2 ça veut dire ???".
 
- Le fameux moment où tu reprends espoir "plus qu'un !!!".
 
- Le fameux moment où tu prolonges ton dernier rendez-vous car tu n'as pas fini et que tu adores ta patiente, tant pis si tu seras chez toi à 15h.
 
-"C'est génial il fait encore jour". A force de sortir après 19h le soir, on a tendance à déprimer de louper le coucher du soleil. Là ça donne presque l'impression de partir plus tôt ou de faire l'école buissonnière. Sauf qu'il est 13h et des patates.
 
- J'arrive à 14h des bananes chez moi, je n'ai pas mangé depuis plus de 6h, autant dire que je n'ai pas faim, je pourrais manger la table. Chez moi je suis en mode déjeuner-goûter qui ressemble fort à une orgie.
 
- L'après-midi (enfin ce qu'il en reste) j'ai juste envie de faire la sieste pour recharger les batteries pour le soir. Sinon déjà que je ne sors pas le vendredi tard, je ne tiens pas non plus le samedi, donc en gros je ne vois personne du week-end.

- Autant dire que je ne fais ni les courses ni les magasins le samedi, sinon j'arriverais en plein rush, heureusement j'ai un jour libre dans le semaine.
 
- Le temps de se dire "cool on est en week-end", il est 20h et je me rends compte que j'ai une lessive de blouses à faire là maintenant avant de sortir sinon je ne pourrais pas les repasser le dimanche pour les porter le lundi (en vrai je les lave par 4 mais il y a toujours ce fameux week-end où tout est sale).

- Avant je ne faisais pas de grasse mat' le dimanche mais pouvoir se lever à 9h30 c'est un bonheur (non jamais  plus tard sinon mon week-end se réduirait à une peau de chagrin).

jeudi 8 novembre 2012

Il est 19h vous êtes DEJA fermés ? (ou pourquoi votre praticien a le droit de ne pas bosser plus de 45 heures par semaine)

C'était mieux avant.
Avant cette époque bénie où pouvait appeler un médecin de garde en plein milieu de la nuit pour un rhume au lieu d'attendre 9h du matin.
Époque où les médecins et dentistes étaient les notables de la ville et jouaient au golf le jeudi.
Où l'on trouvait toujours un cabinet dentaire ouvert le samedi même l'après-midi et où on trouvait cela normal de pouvoir consulter à 19h30.
Puis quelque chose a changé.
Les femmes ont eu le droit de vote, puis ont demandé leur émancipation et on commencé à remplir les rangs des faculté où avant seuls les hommes s'asseyaient.
Le profession médicale s'est féminisée et les horaires se sont adaptés. Là où un praticien homme considérait normal de rentrer à 20-21h tous les soirs, les femmes ont pensé à leurs enfants, à leurs familles.
Car avant qu'on instaure le congé paternité, les congés enfants-malade ..., la femme a toujours été en première ligne pour s'occuper des enfants. C'est Elle qui a voulu travailler et enfanter donc il lui fallait assumer la triple casquette travailleuse, maman, amante.
On pourra reparler de répartition des tâches ménagères et du fait que elle a tendance à s'égaliser chez les jeunes couples, reste que les faits sont là en général nous les femmes nous travaillons moins.
Cette époque rêvée où le praticien soignait et sa femme était le femme du Dr Machin était aussi appelé âge d'or. Car pour le coup, ces soignants étaient reconnus, les campagne de dénigrement de la profession n'existaient pas, ils étaient respectés et en plus ils gagnaient très bien leur vie sans reverser la moitié à l'état.
Car plus que la féminisation de la profession, ce qui a boulversé la donne c'est l'impôt sur le revenu (peu importe le gouvernement) plus l'URSSAF et la caisse de retraite qui nous pompent.
Ce qui revient au final à dire que :
- je gagne suffisamment bien ma vie en travaillant 3 jours et demi (à 4 jours) par semaine (ce qui équivaut à 35 à 40 h de présence au cabinet).
- je n'ai pas spécialement envie de rentrer la tranche d'imposition à 40 %  donc je préfère modérer mes revenus.
- je sais que je n'aurais pas de retraite et on m'oblige à être solidaire et à cotiser 42 ans donc il me reste 39 ans à tirer (donc jusqu'à mes 67 ans si ça ne change pas d'ici là).
-j'ai envie de profiter de mon argent, de mon temps libre, de mes proches et faire de beaux voyages rapport au point précédent.
-j'ai envie de fonder une famille et je n'ai pas envie que mes enfants soient élevés par ma mère, leur belle-mère (même si je l'adore) ou par une baby-sitter.
- ce n'est pas mon cabinet donc je n'ai pas envie de friser le burn-out.
Est-ce que c'est choquant de vouloir être chez soi à 20h? Je pense étant donné qu'on a prêté serment. Mais quand on me dit à 19h10 "vous êtes DÉJÀ fermés ?" je me dis que cette génération qui veut tout toute de suite et qui n'est pas reconnaissante ne mérite aucun effort. C'est ces personnes qui entrent dans un magasin 10 minutes avant la fermeture pour remplir un caddy entier sans se soucier des horaires de la caissière (qui elle pour le coup n'est pas payée à l'acte) ou qui pestent qu'on ne réponde pas au téléphone à 8h du matin ... Ou qui ne comprennent pas pourquoi on ne veut pas travailler le samedi après-midi.
Une des meilleures blagues était cette patiente qui n'était jamais venue au cabinet et qui voulait un rendez-vous d'urgence. "Je peux venir avant son premier patient". J'ai failli rire mais je suis restée sérieuse "Madame, si il commence à 9h c'est qu'il a eu bonne raison" ...

vendredi 2 novembre 2012

La dentiste est enrubée

Je me rappelle d'un cours de mathématiques en seconde où la prof avait du précipitamment quitter la classe "bougez pas je reviens". Puis de revenir 10 minutes plus tard et dire "non on va arrêtez là ça va pas être possible". Personne n'avait rigolé à l'idée qu'elle puisse avoir une diarrhée foudroyante (on avait un coeur) trop contents qu'on était de laisser les fractales de côté pour une matinée.
Parfois quand je suis malade j'ai une grosse envie de faire pareil. Dire qu'on annule toute l'aprem. Sauf que ma prof de maths elle était salariée et elle a le droit à un arrêt de travail par la sécu minorant je ne sais plus 1 ou 2 (ou 3) jours de carence. Nous pauvres libéraux, on est libres (Max, y en a même qui l'ont vu voler), nous avons une carence de 90 jours, autant dire que l'option prévoyance est bien ancrée dans notre esprit. Prévoyance = somme que l'on paye tous les mois pour nous assurer un maintien de "salaire" en cas de gros pépin pour payer les charges, l'assistante, manger aussi accessoirement (pas de patients = pas de revenus). Autant dire qu'on va pas prendre une journée de repos à chaque fois qu'on a une angine, un rhume, une gastro. Mes copines accouchent presque sur le fauteuil (entre 1 mois et 15 j d'arrêt avant). La seule raison valable pour s'arrêter vraiment étant une opération urgente ou un cancer (ou un décès).
Pour ceux qui seraient choqués à l'idée d'être contaminés chez le dentiste, ne nous inquiétez pas on met des masques et on se lave les mains en sortant des toilettes (nous).

Une seule fois seulement, j'ai annulé 4 patients (dans l'ancien cabinet celui où j'avais que des rescellements). J'ai maintenu le rendez-vous de ma patiente (une petite grand-mère à qui j'avais posé un appareil et que je tenais à revoir pour vérifier) mais j'ai dit à l'assistante "les autres vous pouvez les rappeler". En même temps j'étais partagée entre mal de ventre et grosse fatigue (virus de la montagne transmis par Mr Carie on s'en souviendra). Bizarrement le moment où j'ai moins pensé à cette douleur qui me tordait le ventre était quand j'étais au fauteuil avec ma patiente.

Là ça a commencé par un mal de gorge. Mon prodrome à moi (=signe précurseur). Difficulté à déglutir sans fièvre. Je sais que ce n'est pas une angine, j'en ai fait une depuis mon ablation des amygdales en 1995 et c'était à cause de la clim'. Je ne prends rien, je sais que le lendemain j'aurais le nez bouché, je suis fatiguée, je sens "que ça monte" mais je ne prends rien.


Lendemain bingo, je suis encore plus crevée (état grippal), je prends direct un ibuprofène 400 (dose anti-inflammatoire). Pourquoi pas un paracétamol ? J'ai fait une intoxication en 1999 et après 1 g je vomis (MIAM) (et là 1g pour une journée ce serait pas suffisant). Je tiens le choc l'aprem. Je ne dois pas avoir le nez si bouché que ça vu que je sens les effluves nauséabondes d'une bouche mal lavée dans le métro.

Arrivée chez moi je me tâte pour prendre un gluco-corticoïde (solupred) puis je me souviens qu'un pharmacien m'avait rétorqué "t'as raison tu risques juste une nécrose de la tête fémorale". Et mon fémur j'y tiens, je suis une sportive. (L'auto-médication c'est mal). Je recherche dans mes affaires (j'ai déménagé donc les huiles essentielles de l'armoire à pharmacie se sont volatilisées ...). Miracle mon bon vieux Olbas oil.



Un mélange d'huiles essentielles qui te débouchent le nez en quelques gouttes. Le mieux c'est l'inhalation (mais j'avais mis ma crème de nuit), au pire tu t'enfonces 2 cotons imbibés dans les narines et tu respires.
 
L'avantage c'est qu'après le nez est débouché et les sinus dégagés, tu gardes une voix nasale mais au moins ça coule tout seul.
Alors justement ça coule, comment envisager une journée avec 15 patients qui s'enchaînent si on doit se moucher à horaires non réguliers  ? (ça revient à programmer une sortie expéditive chez monop' alors que bébé vient de naître et qu'on allaite). En s'enfonçant 2 cotons salivaires dans les narines (enfin un dans chaque on s'est compris) et en gardant son masque (sinon vive la perte de crédibilité et le quotient glamour qui descend en flèche). Du coup on peut soigner sans avoir à enlever son masque et se laver les gants et se moucher entre 2 patients. Le gros désavantage de cette technique c'est qu'on a un sauna sous le masque à force de respirer par la bouche (en plus de l'inconfort respiratoire) et que ça finit en toux.
 
A un moment m, je vais finir par prendre du paracétamol (moment où la fièvre monte). Mr Carie m'avait dit la veille au soir que j'avais pas mal donc je pouvais prendre sur moi, alors quand l'assistante m'a proposé d'annuler l'après-midi, j'ai dit dans un élan de bravoure (des fois j'ai l'impression d'être un gladiateur qui part affronter les lions), "non laisse, je vais tenir le coup, en plus je sais pas combien de temps ça va durer donc je vais pas annuler 3 jours". C'est l'énergie du désespoir qui te booste (celle qui te fait courir en sprint les derniers 100 m alors que tu n'as plus de jambes depuis 4 km).
 
Dans le métro, tu te diras que finalement c'était pas si dur. Même si maintenant tu n'auras plus aucune pour te faire chouchouter et les patients n'auront aucune empathie pendant ta quinte de toux.



jeudi 25 octobre 2012

Thérapie de gestion de la colère.

Je pense qu'ils ont créé l'URSSAF pour valider la dernière étape d'un traitement de gestion de la colère. Cette machine administrative représente tout ce qu'on adore en France, à savoir des démarches longues, les différentes instances qui se renvoient la balle avec toi au milieu qui essaie de comprendre. Le problème c'est que l'on a pas le choix de s'y affilier ou non. On en a le devoir dès le début de notre activité libérale. Le problème est que malgré une bonne volonté (déplacements réguliers, courriers, appels), on a souvent envie de taper quelqu'un en sortant de chez eux. Pourquoi n'y a t-il pas une salle de boxe à proximité de leurs locaux, ça pourrait être une bonne idée... Je suis étonnée que personne ne se soit immolé par le feu dans leurs bâtiments non plus.

Je suis une personne calme du moins j'essaie de l'être. Je m'emporte très peu. Je suis par contre très sujette aux pleurs. Souvent par exaspération ou colère, peu par tristesse pure (et quand je me cogne une énième fois dans mon bras de radio je reste digne sans dire putain). Quand je les (les gens de l'URSSAF hein) ai au téléphone j'ai l'impression qu'il me prenne pour une folle et ça me rend dingue. Je ne sais pas bien gérer mes émotions c'est comme ça, donc souvent quand je m'énerve très fort j'ai une boule dans la gorge, des trémolos dans la voix et je suis sur le point de fondre en larmes (ce qui s'est passé quand j'ai raccroché). C'est pas très pratique quand tu veux montrer ton mécontentement, j'avoue.

2 ans et demi de démarches pour être affiliée à une URSSAF. Celle de ma province puis celle de Paris. La province dit qu'elle ne me connaît pas malgré les formulaires d'entrée et de sortie que j'ai à ma disposition, et celle de Paris attend que la Province m'affilie et me radie pour le transfert.

Quand la dame au bout du combiné me dit que je dois m'affilier sinon je ne suis pas couverte, j'ai vociféré que j'ai l'impression que toutes mes démarches sont vaines et qu'on me reproche mon manque de réactivité dans le dossier. "Si ça continue comme ça dans 10 ans on y est encore".

Notez que les jours où j'allais trop bien et où j'avais besoin de redescendre sur terre, je me rendais dans l'URSSAF de ma province (sympa la balade !!!). A chaque fois le même discours, "tous les transferts de département sont bloqués ...". Quand j'avais quitté le département, ils m'avaient assurés que le transfert se déroulerait normalement et que la situation se régulariserait d'elle-même.

Notez par ailleurs qu'il ne faut jamais les contacter un jour où tout va mal, sinon vous attraperez le moindre couteau ou objet tranchant sous la main pour vous trancher les veines. Vous voyez Jack Nicholson dans Shining ? C'est un peu l'idée de l'envie de meurtre.

Après mon dernier appel aux 2 URSSAF qui ne voulaient pas accorder leurs violons, j'ai du attendre 3 km de course à pied pour me vider la tête et m'en remettre (remarquez je n'ai jamais aussi bien monté mes côtes).

Une fois détendue, je me suis fendue d'un courrier via leur site et d'un courrier postal (tant qu'à faire). J'ai failli joindre un flacon lacrymal. Mais je me suis retenue.

La réponse au mail a été rapide "il est où ton numéro SIRET ou ton numéro de cotisant connasse ?". Comment expliquer en restant calme (tiens c'est pas une doctrine le stoïcisme, pourquoi je n'y arrive plus ???) . Je n'ai pas de SIRET, ni de numéro cotisant car je ne cotise pas. J'ai un SIREN vestige du temps ancien où je recevais leurs courriers ...

Je sais que bientôt (j'attends une réponse écrite pour avoir une preuve) je retournerais au centre URSSAF de Paris, faire la queue et attendre auprès de personnes pas très contentes d'être là (entre les impayés, les incompréhensions , les impatients, ceux à qui on perd les chèque de 20 000 euros...).

Je sais aussi que les conseillers en eux-même sont des humains et en face d'eux je n'ai jamais envie de commettre un homicide. C'est leur système de standard téléphonique qui est à refaire (si on a pas le SIRET on existe pas, puisqu'on est qu'un numéro pour eux, mais il n'y a pas non plus de SIRET provisoire pour garder une trace). Pourquoi les données restent aux centres et ne sont pas transmises ailleurs (je sais pas un fichier national avec mise à jour) ?

J'espère que j'y verrai clair avant la fin de l'année ...



mercredi 17 octobre 2012

Une journée en enfer

Une journée qui commence mal est toujours un lundi.

Un lundi après un dimanche pluvieux sans chauffage. Et un samedi où on aurait travaillé juste assez pour arriver chez soi à l'heure où généralement on prend son café avant la sieste. Un samedi passé trop vite à rêvasser de ce que le week-end pourrait offrir (en l'occurrence un très bon briyani entre amis). Un dimanche à digérer et se languir de la pluie avec un chocolat chaud pour se réchauffer.

Un lundi bien pourri tombe forcément après un très bon week-end. Quand on pas envie de voir s'éclater cette bulle de confort à l'abri des problèmes généraux.

En quittant le cabinet le samedi, on avait pris soin de tout préparer. On savait exactement qui on entendrait sonner.

Mais ce qu'on oublie trop souvent, nous pauvres libéraux qui "n'avons ni le droit ni le temps de tomber malade", c'est que l'assistante a un médecin qui adore faire des arrêts maladie (en Août il était absent et elle voulait que je lui en fasse un pour prolonger ses vacances). 

Certes tout le monde a le droit d'être malade mais là on s'est trouvés bêtes tous les deux en comptant nos plateaux de la journée et nous rendant compte que bientôt on se serait en rade. Là on a pesté contre le bac de nettoyage plein de tous ces instruments utilisés vendredi et samedi. Je me suis remémoré cet instant où je lui ai demandé pourquoi elle ne le faisait pas ce samedi-ci, et qu'elle m'avait répondu que lundi elle s'ennuierait et que ça pouvait attendre.

Heureusement une patiente m'a fait faux-bond et j'ai pris la décision de commencer la "vaisselle" pour mettre ensuite sous sachet tous les kits et mettre en route l'autoclave. J'étais toute contente d'avoir trouvé une activité constructive pour une fois au lieu de traîner sur internet pour m'occuper.

On s'est alternés pour répondre au téléphone et ouvrir la porte. J'ai eu du temps pour ma pause de midi alors que ça me paraissait compromis au départ.

La journée est passée très vite et c'était très bien comme ça. Finalalement on est assez autonomes sans elle (certains cabinets ne peuvet plus fonctionner sans assistante).

J'ai profité de ma dernière force pour passer l'aspirateur à 19h20 alors que j'aurais du courir pour mon métro. Je garde en tête que tout travail réalisé n'est plus à faire. Et je savais que je serais contente en revenant de voir le sol "propre" (pas eu le courage de javelliser).

J'ai noté pour moi-même au fond de mon esprit en vue d'une future installation que le ménage sera fait par un société privée où chaque employé pourra être remplacé en cas de vacances ou maladie (et éviter ainsi la situation où l'assistante fait le ménage quand elle trouve le temps et l'envie) et surtout embaucher une assistante qui aurait une liste de tâches attribuées et qui devra donc les effectuer chaque jour en fonction du besoin et non de l'envie.

Cela me chagrine parfois d'être dans cette position semi-dominante (je ne suis pas le patron mais je suis quand même au-dessus). On a beau être sympa, agréable, ne pas traiter les assistantes comme de vulgaires subalternes, il persiste souvent ce sentiment de révolte ou de jalousie. A coup de "je ne gagne pas autant que toi à l'heure" alors que je suis payée à l'acte et que j'ai fait le triple d'années d'étude. C'est un peu le souci des micro-entreprises où le moins payé côtoie le mieux payé tous les jours et connaît les recettes rien qu'en regardant la comptabilité dans Julie. (Note pour plus tard mettre un mot de passe, là je garde tout accessible pour que mon titualaire y jette un oeil).

A 19h30 j'attendais le métro et je suis arrivée avec 5 minutes de retard chez moi quand le téléphone a sonné.

"Bah t'es où ? Je suis inquiet".

Pour une fois Mr Carie était rentré tôt et à cet instant j'ai oublié tous les tracas de la journée.



 

vendredi 12 octobre 2012

24 h dans la vie d'une femme (dentiste)

7h00 : Le réveil sonne. La mort dans l'âme et la tête pas fraîche je maudis d'avoir une activité professionnelle. Je secoue Mr Carie pour lui dire bonjour et je file à la salle de bain.

7h15: Etape ravalement de façade validée, c'est l'heure de préparer le thé du matin. Le compte a rebours est lancé. Je resecoue Mr Carie pour qu'il se lève (non il n'est pas maltraité).

7h20: Je m'habille en vitesse avec un jean qui traîne et le premier cardigan qui passe.

7h25: Je déjeune en écoutant France Inter.

7h45: Brossage de dents, fil dentaire, coiffage.

8h00: Un câlin et direction l'ascenseur.

8h10: Le métro arrive (passionnant !)

8h15: Premier changement, j'attrape Direct Matin et je m'essouffle dans les escaliers.

8h25: 2ème changement. J'évite l'escalator et grimpe les marches pour avoir de l'espace.

8h35: Arrivée à destination, place aux 8 minutes de marche active du matin.

8h45: J'ouvre la porte du cabinet

8h46: Je mets sous tension la panormique, j'ouvre les stores, je mets en route le compresseur.
8h48: J'allume mon fauteuil, la radio et mon ordi.

8h50: Je suis en tenue mais toujours pas prête à bosser dans ma tête. J'ouvre mon progiciel, mes mails et facebook. Je regarde l'emploi du temps de la journée. Je souffle quand je vois le programme chargé qui s'annonce.

8h55: J'espère que le premier patient ne va pas venir pour finir ma nuit. J'ai pas envie de bosser.

8h58: Le patient sonne, je vais lui ouvrir la porte et le fait patienter en salle d'attente. J'en profite pour faire des étirements, ça me motive.

9h00: Je lâche l'ordi et vais chercher le patient.

9h25: Règlement, reprise de rdv, patient raccompagné, nettoyage du fauteuil.

Cycle répété 7 fois jusqu'à 12h30

12h30: l'heure de prendre une urgence si il y en a une. Sinon je prépare mes plateaux avec mes kits d'examen pour l'après-midi.

13h00 : Enfin je peux manger ! Le téléphone sonne, l'assistante est en pause déjeuner. Je réponds entre 2 bouchées (parfois) ou quand j'ai fini (souvent). Je consulte mes mails, je lis mes blogs favoris.

13h45: Plus que 15 minutes de glande avant de reprendre. Parfois j'ai calé une 2ème urgence.

13h55 : On sonne à l'interphone. Est-ce pour moi ou mon collaborateur ?.Comme le matin, le plus dur est de redémarrer la machine.

14h00 : "Bonjour, vous allez bien depuis la dernière fois"/ "Bonjour c'est la première fois que vous venez au cabinet, je vais créer votre dossier".

14h03:  "Je vous laisse vous mettre à l'aise sur le fauteuil pendant que je lave mes mains".

14h05 : J'attaque pour de bon. Qu'il est dur de se motiver !

Je répète le cycle 10 fois jusqu'à 19h. Le bonheur étant de garder un patient pour une séance d'une heure, on est moins stressé et plus efficient. Le bonheur bis c'est de voir qu'un patient embêtant est en retard et qu'on va pouvoir le virer enfin ...

Ce que j'aime moins c'est le "lapin" en plein milieu de l'aprem. Genre 15h30-16h, l'heure où j'aurais envie de faire une sieste ou à laquelle j'ai un coup de barre.

19 h: Le dernier patient reprend ses affaires. Bizarrement je n'ai pas envie de me dépêcher pour tout ranger. Je prends mon temps et profite du silence. Je démarre la télétransmission. Nettoie mon fauteuil, je mets de côté les instruments rotatifs à nettoyer/graisser.

19h10 : J'éteins le fauteuil. J'éteins le compresseur. Je lance la sauvegarde du logiciel.

19h15 : Je me change. Je prends mes chèques et les espèces. Je ferme le sac de la poubelle.

19h20 : Je ferme le cabinet si je suis la dernière à partir.

19h30 : Je suis sur le quai du métro.

19h35 : Le métro part.

19h42 : Premier changement.

19h51 : Deuxième changement.

20h00 : Je descends à la station d'avant pour profiter de l'air frais.

20h10: Je suis enfin chez moi.

20h15: Je prends ma douche pour me débarrasser des odeurs de la journée.

20h30: Je prépare le repas. Je passe mes coups de fil. Je confectionne ma gamelle pour le lendemain midi.

21h00: Mr Carie rentre.

21h30 : A table !!!

24h00 : Endormissement.





mercredi 3 octobre 2012

Qu'est-ce que je risque si je fais un chèque en bois à mon dentiste ?

Dans ma longue carrière (sic), je n'avais encore jamais eu de chèque en bois. Des impayés oui mais quand je recevais un chèque jamais je me suis dite qu'il pourrait être sans provision. Si c'est une grosse somme, je propose toujours de le déposer avec un délai et il n'y a jamais de problèmes.
 
Bref là j'ai déposé le chèque et quelques jours plus tard j'ai eu la joie de voir qu'il avait été refusé. Heureusement je note scrupuleusement le numéro de chaque chèque. Ainsi je sais de quel patient il s'agit rien qu'en regardant mon compte en ligne sans attendre le courrier de la banque. Cest ma secrétaire personnelle qui m'a lue la lettre de ma banque. (Ma mère en fait vu que ma banque ne veut pas changer ma domiciliation (je ne suis pas inscrite à l'URSSAF et le fait d'avoir une adresse officielle en haut d'une feuille de soins ne leur paraît pas être un bon justificatif)). Bien sûr les soins étaient fini sur le patient donc je ne pouvais le revoir pour lui en parler en face et malgré un courrier, je n'ai aucune nouvelle. Bien sûr bis, il a été remboursée par l'assurance maladie dans les 5 jours (j'ai passé la carte vitale) et certainement par sa mutuelle.
 
De quelles options je dispose ?
L'assurance maladie ne peut retirer un remboursement déjà effectué. Elle considère que si on passe la carte vitale, on accepte le paiement donc aucun recours n'est possible. (Notez qu'à l'inverse, si elle trouve qu'elle verse un paiement qu'elle n'aurait pas dû, là elle me l'aurait retiré).
La solution est la  même qu'en cas de mauvais payeurs, harceler le patient jusqu'à ce qu'il paie. Mais bon un courrier n'effraie pas les gens, surtout si ils sont criblés de dettes et qu'ils reçoivent des relances tous les jours. De plus la ville est grande donc il aura toujours possibilité d'éviter de revenir au cabinet en cas d'urgence et d'aller voir ailleurs (même je suis le plus proche).
 
Un mois passe je représente le chèque comme indiqué sur le courrier. Comme notifié si le chèque est toujours sans provision, le patient ne pourra plus faire de chèques. Ce que j'ai fait. J'ai vu le chèque être crédité puis être refusé. Super secrétaire elle a revu passer le courrier. Et là elle a eu le même raisonnement que moi avant que je remette le chèque en banque une 2ème fois. Est-ce que cette pauvre somme ridicule vaut le coup alors que ce patient va être interdit bancaire ? Est-ce que je dois vraiment courir après 30 euros ? Est-ce que j'en ai besoin ?
 
Je me suis refait un débat humaniste dans ma tête. ma mère me répétait "socialement c'est dur de ne plus avoir de moyen de paiement".
Certes. Mais le soin a été effectué, la somme m'est donc due. Pourquoi lui aurait-il droit à un soin gratuit et pas sa soeur ou son voisin ? En plus il a été remboursé. Par ailleurs, plus grave, il est possible qu'il signe  des chèques sans provision à tous les pigeons qui ne connaissent pas le fichier de la banque de France.

J'ai vérifié sur internet (google est mon ami). La banque du patient m'envoie un courrier pour m'indiquer qu'il ne peut payer le chèque. Elle envoie au patient un courrier pour lui signifier de régulariser la situation.  Si la situation n'est pas régularisée et qu'un nouvel incident se présente (incident = chèque rejeté), la banque " peut demander au titulaire du compte de restituer tous les carnets de chèques qui lui ont été délivrés et ceux de ses mandataires.
Il peut lui interdire d'émettre de nouveaux chèques (sauf chèques de retrait ou certifiés), jusqu'à régularisation de sa situation.
Dans les 2 jours qui suivent le rejet, la banque signale l'incident à la Banque de France, qui inscrit les références du compte dans le fichier central des chèques (FCC).
Tout commerçant pourra alors refuser les chèques.
A défaut de régularisation du ou des chèques sans provision, l'interdiction bancaire d'émettre des chèques est de 5 ans" .

Donc non je n'ai pas besoin de ses 30 euros, même si 30 euros perdus pour chaque impayé ça fait vite une somme qu'on aurait pu injecter ailleurs (formation, matériel, salaires ...). Le patient est bien embêté lui par contre car non seulement il ne peut plus faire de chèques (donc payer en espèces ou en carte bancaire qui peut être refusée aussi sans provisions) mais à chaque présentation de chèque il paie une commission (non je ne suis pas sadique, le temps que je voie ma mère pour récupérer le chèque un mois sera passé). Mais c'est un mal pour un bien, on ne peut dépenser l'argent que l'on n'a pas. Et on arnaque pas son dentiste.

Pour l'anecdote, un très bon ami à moi a eu une mésaventure de ce type. Un patient lui a réglé des soins, une grosse somme (300 euros et des bananes) puis a fait opposition au chèque pour vol (non mais ???). Mon ami a porté plainte au commissariat.

Je suis sure que certains trouvent cela anormal de vouloir être payée même par des patients en détresse financière, que les soins dentaires sont trop chers (entièrement remboursés par assurance maladie et mutuelle). Mais aimeriez-vous dépenser du temps, de l'énergie et du matériel (donc de l'argent) contre aucune rémunération ?
 

mardi 18 septembre 2012

Faut-il garder ses amalgames dentaires ?

Il est temps de donner enfin mon point de vue sur la question. Pour ou contre les amalgames dentaires ? Toxicité ou non toxicité ?



Pour commencer, nous allons faire un cours de biomatériau et regarder la composition d'un amalgame dentaire

Premier point, malgré son appellation dans le langage commun de "plombage", il n'y a jamais eu un seul gramme de plomb dans sa composition. 

Le composant majeur (40 à 70 % en poids) est l'argent d'où le nom scientifique d'amalgame d'argent. 

Deuxièmement il y a différentes générations d'amalgames, les vieilles ont le plus de mercure, les nouvelles quasiment plus. Les vieilles étaient préparées avec un amalgamateur qui produisait des vapeurs toxiques pour le praticien et son assistante (le patient moins, car comme pour la radio il ne passe pas 35 heures par semaine au cabinet). Aujourd'hui il est entreposé en capsules, que l'on vibre, la poche de mercure est percée durant le processus mais aucune fuite n'est possible (contenu toujours dans la capsule).





Bon il existera toujours des personnes pour dire que le lobby des dentistes est si puissant que même le conseil de l'ordre est vérolé, que l'on sait que c'est toxique et que l'on ment. Oui le mercure est toxique mais quand on consomme un poisson péché en mer il en contient autant. Le maximum de toxicité est obtenue lors de la pose (il y a 30 ans pendant la préparation également du fait des vapeurs et du mélange) si des excès tombent dans la cavité buccale mais nous ne sommes pas des sagouins, l'aspiration ça existe ... et durant la dépose. Effectivement quand on élimine les anciens amalgames pour les remplacer par du composite, les poussières et débris peuvent être ingérés ou inhalés. Là encore l'aspiration existe (le champ opératoire aussi pour isoler).

La disparition des cabinets dentaires de l'amalgame dentaire est un grand regret pour la plupart de mes confrères. 

Son utilisation a été supplantée par l'essor du composite pour raison esthétique et aussi écologique. De nombreux cabinets ont arrêté "d'en poser" du fait de la collecte des débris d'amalgames qui passe par une filière différente du traitement des déchets infectieux. 

Certes l'amalgame dentaire est aussi gris et argenté que le composite se confond avec la dent mais ses propriétés mécaniques et sa tolérance aux liquides biologiques en faisait un matériau de choix dans de nombreux cas.

Un patient qui présente de nombreuses caries par manque d'hygiène se voit maintenant sortir avec des composites sur toutes ses caries. Là où le joint de l'amalgame était étanche, celui du composite s'altère avec les années (d'où cette coloration brunâtre qui apparaît). De nouvelles caries apparaissent si le patient n'est pas vigilant. Il existe très peu des cas de reprise de carie sous un amalgame. Il peut durer toute une vie contrairement au composite. Ses seuls inconvénients (avec la teinte inesthétique) sont qu'il n'adhèrent pas à la dent, la cavité doit avoir une certaine forme (tapez contre-dépouille dans google ) donc ils sont moins conservateurs pour la dent d'une part et présentent un risque de fracture si ils sont trop volumineux.

Le composite lui adhère à la dent, ce qui lui permet de renforcer des parois fines résiduelles qui auraient été éliminées pour poser un amalgame, ainsi il est cohésif (et plus conservateur) et créé un ensemble composite-dent plus renforcé.

VENUS FLOW

Par contre en cas de saignements gingivaux, langue trop volumineuse et salive abondante, le composite est contre-indiqué. Toutes ces petites têtes blondes pleines de caries ont maintenant la joie d'avoir de belles dents qui ont l'air propres mais qui ont de l'étanchéité que le nom. Une goutte de salive et on sait que tout est perdu, là où un amalgame aurait été plus tolérant (l'argent est bactéricide au niveau du joint).

On évoque toujours la toxicité du mercure mais si vous saviez ce que contient un composite vous auriez peur. 

L'adhésif est tellement "chimique" qu'à lui seul il peut provoquer une nécrose (mort spontanée) de la pulpe si il en est trop proche...

La disparition de l'amalgame fait des heureux, ces nombreux dentistes qui disent maintenant à leurs patients que pour reconstituer une molaire il n'existe que des reconstitutions prothétiques car leur composite est défaillant (et qu'ils ne veulent pas investir dans du composite performant). Donc ils vont vous proposer de remplacer tous vos anciens amalgames par des inlays-onlays. La peur fait parfois le bonheur des autres.

Si je suis parfois "méchante" avec mes patients quand ils ferment la bouche ou repoussent les cotons salivaires qui isolent la dent c'est pour une bonne raison, je n'ai plus d'amalgame à ma disposition et à chaque cas je dois faire preuve de force pour faire une obturation durable.

Gardez en tête qu'une dent obturée n'est pas une dent exempte à vie de carie, sous un composite cela peut revenir en un clin d'oeil...





lundi 10 septembre 2012

C'est la rentrée ...

Sauf que je ne suis pas partie en vacances. 

Je subis donc à nouveau les hordes de gens pressés et malodorants le matin dans le métro après 1 mois bien tranquille où les rames étaient si vides qu'on se serait crus après une attaque de zombies.

J'ai survécu au double emploi du temps, aux cabinets parisien et de banlieue désertés par leurs titulaires me laissant la charge des urgences. 

J'ai eu confirmation que j'avais fait le bon choix en quittant le cabinet A. A part des rescellements de prothèses défectueuses, je n'ai pas servi à grand chose. Heureusement qu'un enfant s'était pété les dents de devant pour changer de cette monotonie. Beaux quartiers oblige le téléphone n'a pas sonné aux alentours du 15 Août et ils sont tous revenus de vacances pile la semaine où le cabinet était ouvert mais sans praticiens (un concept assez intelligent vous en conviendrez pour payer les assistantes à rien faire plutôt que de leur laisser du rab' de vacances). Ma patience ayant des limites, j'avais décidé de quitter le navire une semaine avant la rentrée du patron pour me concentrer sur le cabinet B et ma vie personnelle.

Bizarrement au cabinet B j'ai eu de vraies urgences. De vraies inflammations pulpaires (aka rage de dent) à se taper la tête contre le mur, des composites cassés, peu d'urgences du cabinet (ce qui est toujours bon signe). Des patients très reconnaissants, qui avaient fait toutes les pages jaunes pour trouver un cabinet ouvert. Bien sur j'ai refusé des urgences, parce que mes patients avaient aussi le droit d'avoir des soins sans avoir des séances raccourcies et j'avais aussi le droit d'être chez moi à 20h. 

J'ai gardé mon rythme sportif intact et je suis fière quand j'entendais tout le monde me dire que je ne tiendrais pas à enchaîner une journée de 10h et 9 km à 8h du soir. Même si il a fallu faire des choix et ne pas faire partie de ceux qui buvaient tranquillement un verre en terrasse. Et en contrepartie d'un corps musclé délaisser les coups de fil pour me consacrer à mon amoureux en rentrant.
 
J'ai encore une fois chopé la crève avec la clim'. Comme l'an dernier à la même date. Pourtant j'ai résisté, fermé les stores, travaillé dans la chaleur mais parfois je voyais bien que les patients nécessitaient un peu de fraîcheur (surtout après le court passage dans la salle d'attente très tempérée).
 
J'ai découvert à mon plus grand étonnement que le quartier n'était pas si black blanc beur mais surtout très asiatique. Avec les nuances que l'on connaît dans la langue chinoise et leurs innombrables dialectes, je suis très mal partie pour les comprendre tous. Heureusement la plupart viennent accompagnés. C'est d'autant plus dur quand il s'agit d'une petite fille de 4 ans qui en plus de voir quelqu'un d'effrayant (le dentiste), ne comprend pas ce qu'on lui dit (surtout si c'est en contradiction avec sa maman qui lui dit qu'on va "arracher ta dent, t'inquiètes pas ").

Par contre avec toute cette polémique sur les expulsions de Roms et les nombreuses nationalité que j'ai déjà vu défiler, je me suis rendue compte que je n'avais jamais soigné un seul Rom. Qui sont donc aussi exempts de tous le système de soins (en plus du système scolaire) faute d'adresse fixe ou répertoriable (faut le vouloir de dire à la CPAM qu'on habite sur la 1ère allée après le 3ème arbre au bois de Vincennes). Si je devais faire une action humanitaire, je soignerais un Rom gratuitement (mais vraiment gratuit vu que même la sécu ne me paiera pas) mais vu la taille du bidonville d'à-côté, çe risquerai de finir en émeute.
 
Finalement c'est aussi ça Paris, marcher avec des oeillères, ne plus prêter attention aux souffrances qui nous entourent par égoïsme un peu (mais même Chuck Norris et Superman ne pourraient pas tous les sauver), par exaspération, lassitude.

Et je commence à penser aux vacances, encore lointaines mais qui vont être tellement bonnes et appréciées !


jeudi 23 août 2012

Les petites joies du cabinet

  • Arriver le matin la première et voir que l'agenda est plein mais avec des patients sympas.
  • Avoir le temps le midi de manger sans être pressée par une urgence ou par le téléphone qui n'arrête pas de sonner.
  • Avoir un patient qui nous remercie de l'avoir reçu en urgence/aussi vite/de l'avoir soulagé ...
  • Voir que le patient qu'on ne voulait pas voir avait annulé son rendez-vous (même si c'est juste reporter l'échéance).
     
  • Recevoir des compliments suite au dernier soin, s'apercevoir que le patient n'a enfin plus mal, qu'il peut sourire à nouveau.
  • Poser un travail de prothèse et avoir le chèque qui va avec. Même si il sera déposé après remboursement, l'avoir entre les doigts c'est souffrir un peu moins en pensant à la caisse de retraite.
  • Avoir 5 minutes entre 2 patients et penser aux retrouvailles du soir, à l'émission débile sur m6rreplay et au bon petit repas en perspective.
     
  • Découvrir une réserve cachée de gants alors que je pensais être en voie de rupture (c'est pas moi qui gère les commandes).
  • Etre en retard et voir que le patient suivant n'est pas là. Et ne pas regretter d'avoir pris le temps de finir le soin.
     
  • Entendre un enfant pleurer avant d'entrer et réussir à terminer le soin sans user de la force (merci super assistante).
  • Attendre que la radio de contrôle du traitement canalaire apparaisse sur l'écran et être contente de le trouver réussi. Un vieux réflexe gardé des heures de TP et des validations où le stress nous envahissait pour 1 demi millimètre en moins (ou en plus).
  • Voir une mère soulagée après avoir fait sur son enfant un composite sur une incisive cassée quelques heures auparavant.
     
  • Etre payée par la CPAM. Je suis nulle en calcul mental mais je pense qu'entre 15 et 20 % de mes patients sont CMU.
  • Fermer la porte après le dernier patient du soir, profiter du calme, finir de ranger le cabinet et partir.
  • Le moment de grâce dans le métro où on peut enfin décompresser et penser à soi.
  •  

vendredi 10 août 2012

Que faire quand on a mal au dent un 15 Août ?

En Août tout se vide, les commerçants ferment pour congés annuels, les bonnes tables aussi, vos enfants sont en vacances scolaires, votre dentiste prend un peu de repos au soleil. Mais vous vous avez mal aux dents et ne savez plus où aller ...

Quelques conseils donc pour appréhender cette période chargée en urgences dentaire car la douleur ne prévient pas toujours et quand elle survient il est parfois trop tard.

En préventif (mais il est un peu tard je vous l'accorde vu qu'on a passé le 10 Août et qu'on est au plus haut du taux de désertion des cabinets dentaires) :
  •  Prenez toujours un rendez-vous 1 mois ou 15 jours avant de partir en vacances pour permettre à votre dentiste de faire un bilan annuel voire de finir les soins à temps si vous en avez besoin. Si vous venez la veille malheureusement il ne pourra pas faire grand chose pour vous et vous devrez attendre votre retour (et peut-être gâcher vos congés).
  •  
  • Assurez vos rendez-vous, venez à l'heure, prévenez de vos retards, annulez si vous ne pouvez pas. Cela semble anodin (ou normal ) mais quand il s'agira de vous prendre en urgence, le dentiste sera moins enclin à le faire si vous ne lui êtes pas sympathique.
  •  
  • Point évident mais utile de le rappeler, ne laisser pas traîner des soins, ou des infections. Si votre dentiste vous a dit qu'il fallait enlever cette dent, ça ne peut attendre 6 mois, idem pour la dent qui menace de se fracturer si on ne fait pas la couronne. Bizarrement c'est toujours quand il est pas là que vous  aurez besoin de lui.

En curatif (vous avez mal et ne dormez plus):
  • Demander conseil à votre pharmacien avant d'avaler une boîte entière de dafalgan. La dose toxique de paracétamol est vite dépassée, après l'ingestion de 4 g on risque une intoxication et à terme une cirrhose hépatique. Le temps d'action de la plupart des comprimés est de 30 minutes donc attendez ce temps de latence avant de prendre 3 comprimés et renouvelez au bout de 4 heures minimum. Évitez l'automédication de manière générale, ne prenez pas d'ibuprofène (advil) sans conseil (sans quoi vous pourriez gonfler au lieu de vous soulager), ne prenez pas de médicaments prescrits lors d'une urgence antérieure.
  •  
  • Appelez votre cabinet dentaire, peut-être que votre dentiste a pris un remplaçant. Si le cabinet est fermé, essayez dans le secteur. Si vous êtes dans une grande ville, essayez le service d'urgence dentaire du service hospitalier universitaire. Le dernier recours un jour férié reste l'appel à la gendarmerie pour connaître le dentiste de garde dans le secteur.
  • Si vous trouvez un rendez-vous en urgence dans un cabinet soyez ponctuel et agréable. On sait que vous avez mal mais vous n'êtes pas le seul, essayez de ne pas nous faire regretter d'avoir ménagé du temps pour vous.
  • Soyez disponible. Si votre seul horaire possible est le samedi après-midi à 16h vous aurez peu de chance de vous voir soulager. Si c'est une vraie urgence vous devez adapter votre emploi du temps en fonction comme vous l'auriez fait pour une jambe cassée.


Surtout n'en voulez pas à votre dentiste d'être absent, tout le monde a le droit à prendre du repos, personne ne fait du bon boulot en étant surmené...
 

mardi 31 juillet 2012

La loi de Murphy

J'ai des patients insupportables. Pris à l'unité ça passerait tout seul mais dans la globalité d'une journée, ils remettent toute mon organisation en question. Généralement on perd autant de temps à essayer de convaincre du bon choix thérapeutique qu'à attendre qu'ils se décident.

Ils veulent parler mais n'écoutent pas ce que j'ai à leur dire. Puis il reste 5 minutes pour faire un soin (et je ne suis pas une machine).

Ils veulent des choses qu'ils ne veulent pas payer (des implants à la place d'une prothèse amovible).

Ils veulent des choses qu'ils ne veulent pas payer mais ne veulent pas entendre qu'il y a plus urgent  (le cas du "je veux blanchir mes dents" alors que la moitié de la bouche est cariée).

Ils veulent qu'on les prenne toute de suite maintenant mais arrive en retard à leur rendez-vous.

Ils appellent pour une urgence, "j'ai mal" (sésame magique) mais ne sont disponibles à aucun des horaires proposés.

Ils viennent au rendez-vous mais ne veulent rien faire puis au moment de payer la consultation s'écrient "mais on a rien fait !".

Ils viennent en retard systématiquement, m'empêchant de commencer le moindre soin et s'étonnent que ça n'avance pas

Ils me font perdre du temps en les attendant au lieu de prendre quelqu'un d'autre en urgence, puis quand ils arrivent ne comprennent pas "qu'après l'heure ce n'est plus l'heure".

Ils dégueulassent les toilettes à chacun de leur passage, laissant le papier par terre, l'eau couler, la cuvette sale.

Ils viennent dans la salle d'attente avec de la nourriture, des frites macdo qui embaument bien la graisse,  du maïs cuit croqué par le bébé qui en met partout.

Ils répondent à leur téléphone pendant le soin, ou laisse la sonnerie à volume maximum, chanson pourrie si possible pour que tout le monde en profite.

Ils sont bien habillés mais ne se lavent pas et donc puent des cheveux, de la bouche, du corps entier.

Ils veulent qu'on prennent toute la famille en consultation sur un rendez-vous de 30 minutes.

Parfois c'est juste un petit garçon de 4 ans qui a décidé de crier et de m'empêcher d'obturer sa cavité alors qu'il n'a rien dit quand j'ai nettoyé la carie. Petit garçon qui non seulement me fera perdre mon temps, celui de sa mère, celui de la patiente d'après qui attend en salle d'attente.

Parfois ils sont juste un peu énnervants mais tombent au mauvais moment, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le patient avant un patient qu'on a pas envie de prendre en retard, celui qui passe après un énervé, celui qui passe une après-midi comme aujourd'hui où l'assistante a pris un congé exceptionnel où le téléphone n'arrête pas de sonner et le pauvre dentiste essaie de tout faire à la fois.


dimanche 22 juillet 2012

A quoi pense votre dentiste pendant votre traitement canalaire ?

Le traitement canalaire communément appelé "dévitalisation" est loin d'être une partie de plaisir; pourtant il occupe une grande partie de l'emploi du temps normal d'un dentiste (je précise normal vu que dans le cabinet A ...). Malgré mes réticences et mon envie permanente de conserver au maximum une dent vivante (surtout une dent de sagesse ...), certains de mes patients pensent que je prends un malin plaisir à "tomber dans la pulpe" quand je nettoie la carie de leur dent et qu'elle est trop proche de le pulpe. Une fois le sort de la pulpe fixé (extermination) reste au patient de revenir et au dentiste de travailler.


Traitement canalaire par Demodentaire


Les longues séances sans bruit laissent toujours du temps à mon esprit de divaguer.

-C'est quand même mieux de travailler sous digue, au moins cette satanée langue vit sa vie, et moi je travaille tranquillement à côté sans me soucier de la salive ou de la contamination bactérienne. Quel plaisir de ne plus avoir à demander au patient de garder la bouche ouverte ...

- Je me dis que quand même c'est un acte hautement érotique. Rien que le mot "pénétrer" dans la pulpe. Au premier passage quand on fait l'effraction dans la pulpe un point de sang apparaît. Puis on passe les limes et racleurs  de diamètre croissant et le canal s'élargit jusqu'à pouvoir y placer un cône de gros calibre pour l'obturer.

- Je regarde par la fenêtre pour observer la vie du quartier, contempler le temps pourri, regarder si les bancs sont occupés, si le scooter du dealer est là. Je regarde ce qu'ils font, à quelle heure ils arrivent; jamais le matin. J'observe qui leur dit bonjour, qui s'arrête, qui reste avec eux. Je me demande où ils se réfugient quand il pleut, ou seront-ils cet hiver quand il gèlera. Je regarde les patients suivants arriver ou ceux d'avant partir.

- J'écoute les notes du piano qui émanent d'un des étages, elles me bercent.

- Je pense à mon programme de la journée, au patient d'après, au patient d'avant, au métro du soir, de la gamelle du lendemain, du besoin d'acheter du pain ou de faire les courses, à cette envie d'aller courir.

- Je pense à mon siège et à ma position en me disant que j'ai mal au dos et on est que mardi. Je pense à mon amoureux qui m'a dit ce week-end qu'il m'achèterait une selle parce qu'il ne veut pas que je souffre.

- Je pense à mes futures vacances, aux inscriptions pour les courses de septembre, à l'administratif.

Et puis vient le moment de prendre la radio, me rappeler que derrière cette digue et cette dent se cache un patient (qui s'est endormi parfois) et enfin je brise le silence et tais mes pensées.


vendredi 13 juillet 2012

Ich habe gekündigt ...

Quand j'étais au lycée (une autre décennie, voire même un autre siècle), je faisais allemand première langue (ce qui explique que les seules phrases connues en espagnol sont beber, comer, playa ou encore apprises chez Almodovar). Et un texte m'avait marquée (j'avais du faire une explication improvisée à l'oral); une fille qui racontait qu'elle avait démissionné. Et en gros elle le faisait souvent. Du coup j'ai pensé à moi; à mes 5 collaborations et 4 conseils de l'ordre différents en 3 ans d'exercice.

Si on pouvait relier cette instabilité à mon parcours sentimental normalement je devrais me fixer pour de bon maintenant (vu qu'après avoir emballé pas mal de crapauds, y a un qui s'est transformé en prince). J'avais ce texte lu il y a plus de 10 ans quand j'ai donné ma démission au cabinet parisien le mois dernier. Démission prête dans ma tête depuis un moment vu la balance plus que négative en faveur des contre. Je me suis remémorée les entretiens passés au printemps, et leur besoin de savoir pourquoi j'avais changé si souvent.

Ce n'était pas par pur plaisir (vive l'angoisse de remettre tout à jour au niveau administratif), j'ai été bien et eu des activités intéressantes à des endroits où je ne me voyais pas vieillir (1er et 3ème job), puis eu ces périodes de chômage technique où j'ai pu finir mon tricot au cabinet tellement je m'ennuyais (4 ème et 5ème job). Un coup sur deux en somme. Donc là si je déménage pour x raisons, je sais que je vais galèrer. Autant dire que tant qu'il n'y aura pas un problème grave (pour ne pas me porter la guigne comme dirait l'assistante je le nommerais pas), je reste.

Surtout que la dame de l'URSSAF qui est partie en vacances va me tuer quand elle va apprendre que j'ai réussi à faire un changement alors que le dossier n'était toujours pas enregistré à Paris. J'ai ainsi décidé de payer mon URSSAF de 2010, 2011 et 2012 à Paris; sinon vive le rattrapage en 2013 (peut-être que c'est la solution pour ne jamais payer d'URSSAF, profiter de la lenteur de leur mise à jour et se radier dès qu'on sent que c'est bon ?). Bien sûr je suis plus d'honnête, j'ai supplié les genoux à terre, la dame de mon ancienne province un jour de septembre en 2010 pour qu'elle me créé mon dossier. Inutile de dire que ça n'a pas marché. 

Promis quand je recevrais les 15 lettres de cotisations de retard je prendrais une photo ...

Ce qui va me manquer dans le cabinet A ce sont surtout le quartier et les commerces environnants, l'impression d'être dans un mini-village, avoir le choix d'où déjeuner (et de quoi surtout), choix des coiffeurs, pharmacies, à quelques pas de magasins sympas. Tout le contraire du cabinet B qui est situé dans un quartier où à part une superette et une boulangerie il n'y a rien d'autre. 

vendredi 6 juillet 2012

Victoria

Victoria est une petite pas facile à cerner. Elle me rappelle la fille d'une amie russe, parce qu'elle a le même âge et qu'elles sont étrangères dans ce pays. Elle est souriante et joyeuse, parle beaucoup sauf quand il s'agit de monter sur le fauteuil pour me montrer ses dents. Elle sait qu'elle a des caries mais sa maman lui a dit "piqûre" donc elle pleure beaucoup. En plus elle est AME (= Aide Médicale d'Etat) c'est à dire que dans ce cabinet A flambant neuf mais sans lecteur de carte vitale (les "riches" s'en fichent apparemment d'envoyer les feuilles et attendre pour être remboursés), je ne serais payée que quand la sécu traitera les feuilles de soins (et avec un peu de chance le numéro de la carte sera erroné). Je me suis demandé comment elle était arrivée là, elle vient de l'autre bout de Paris. La mère était contente que je l'accepte. Dans les beaux quartiers, les CMU et les AME ne sont pas souvent reçus.

Bref la petite commence à pleurer et je n'ai aucune patience donc j'installe la mère à sa place, elle prend le siège à côté de moi pour regarder (et vérifier que je ne tue pas sa mère). Elle rigole, je lui fait une panoramique, puis elle me laisse regarder ses dents. Mais ne veux pas faire de soin. Comme à ce stade, je suis fatiguée, je redonne un rendez-vous et la préviens que la prochaine fois "à l'attaque".

Second rendez-vous, elle se met à pleurer direct. "J'aime pas le dentiste" (C'est pas ce que tu disais quand tu tripotais mes aspirations). "J'aime pas les piqûres" (Pourquoi sa mère lui a dit ça ? Je parle toujours de stylo magique). "J'ai pas envie" (Soigne l'indigent qu'il disait). "J'ai jamais eu de piqûres dans la bouche, je sais pas comment ça fait" (Le meilleur moyen c'est d'essayer non ?).
Donc je commence par la maman qui elle est plus que prête à avoir 2 belles dents toutes neuves. Revient le moment douloureux d'installer la petite au fauteuil. Qui pleure à s'en étouffer. La mère me regarde en me disant "pas parler, pommade pommade". J'en suis encore à négocier car dans le cabinet A personne ne pleure. Je mets la pommade une première fois. Pleurs. Deuxième fois. Pleurs ininterrompus. Je demande à la mère de sortir, elle reste (paie ton autorité). Je prends ma voix de méchante. En rappelant que c'est moi qui décide, qu'on doit m'obéir. Qu'on est pas dans un cirque. A ce stade, elle continue. Je me tourne vers la mère et je lui dit que je n'ai plus de temps et que j'arrête. Là elle regarde sa fille en pleurant. Elle lui dit jenesaisquoi en russe. Puis me supplie. "S'il vous plaît, s'il vous plaît". Comme je ne suis pas un monstre (là à ce stade voir la mère pleurer m'a fendu le coeur), j'ai remis la pommade une troisième fois. Toujours des pleurs mais la mère bien décidé à soulager sa fille la tenait. J'ai fait l'anesthèsie avec mon "stylo magique".Je commence à enlever la carie avec ma turbine. Silence aspi pendant 2 secondes puis "j'ai mal". "Je suis petite moi". Il était '53, ma patiente attendait en salle d'attente alors j'ai relevé le fauteuil. La mère m'a reproché de n'avoir rien fait "on a fait la piqûre et rien d'autre". Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas la garder indéfiniment. (Surtout que dans n'importe quel autre cabinet, elle aurait viré dans les 20 premières minutes). Elle a tout de même esquissé un "Merci !" après le maintien du rendez-vous du samedi matin 9h "je ne me lève pas pour rien" (un peu dégueulasse certes mais se lever un samedi pour entendre un enfant pleurer et ne pas faire de soin donc ne pas être rentable non merci).

Troisième rendez-vous, le samedi matin donc. J'avais prévenu l'assistante. Le plan d'attaque; elle m'aide avec la petite pour la tenir (méthode de guerre on y va de force) et la mère reste en salle d'attente. En réalité ce qui s'est passé; la mère voulait rester en salle d'attente mais du coup sa fille ne voulait pas venir, donc elle l'a accompagné pour le stylo magique ... pour ne jamais repartir. Cette fois-là, la petite a pleuré (pourquoi j'ai pas donné de l'atarax ? ) mais n'a pas bougé, j'ai pu faire l'anesthésie (pardon le stylo magique) puis le soin (pulpotomie pour les intimes). J'ai eu droit à un "je savais pas que ça faisait pas mal". La petite voulait savoir si elle avait "été sage", la fois d'avant elle n'en avait pas dormi que je lui dise qu'elle me faisait perdre mon temps. Au moins certaines valeurs ne se perdent pas.

Quatrième rendez-vous, je leur faisais une fleur, l'AME était terminée (en voie de renouvellement), j'ai accepté de les prendre et de post-dater les soins. Elles arrivent 36 minutes en retard. Forcément je suis pas contente (si j'avais su j'aurais gardé la patiente précédente). Je leur explique que c'est la porte. La mère me dit que sa fille a rendez-vous après (et donc qu'elle est en avance pour elle) puis me regarde avec ses yeux de chats tristes "elle va encore avoir mal si on les soigne pas". Donc je les prends mais en colère. "Mais si elle pleure, j'arrête tout de suite". Elle n'a jamais pu pleuré. Limite elle rigolait. Limite elle était bien. Tellement bien que j'ai fini "tout le haut" pour être tranquille. Et que je leur ai dit de repasser quand la carte sera renouvelée. Comme la fois précédente j'ai eu le droit à un grand "merci" (on en reçoit jamais assez).

Ce qui est beau avec les soins "gratuits" (à savoir quand t'es payée 3 mois après), c'est que tu soignes avec ton coeur. Et que la satisfaction n'est pas pécuniaire mais juste le bonheur d'avoir aidé quelqu'un.

lundi 25 juin 2012

Première semaine

J'ai donc commencé ma double vie, mon partage entre le cabinet A des beaux quartiers et le cabinet B du 93. L'appréhension était là. Quand on a pas vraiment bossé depuis 3 mois (ou rien de très technique), c'est toujours dur de s'y remettre. Retrouver le rythme d'un patient toutes les 30 minutes, trouver un moment pour aller éliminer le thé, souffler, manger ...

La journée du lundi fut très remplie et très éclectique à l'image du cabinet B. Une part de CMU, mais aussi des patients qui viennent de loin juste pour le cabinet. J'ai eu mon premier retard du à une patiente que je n'aurais du prendre (arrivée 20 minutes après l'heure de son rendez-vous). Retard rattrapé que sur ma pause déjeuner raccourcie. Je n'ai pas eu de remarque désobligeante de type "c'est vous le dentiste ?".  Le fait que la collaboratrice précédente soit jeune aide, ajouté à la problématique "j'ai mal aux dents, peut importe la personne je veux être soulagée". 

J'ai attendu le mardi pour dire à mes amis où je bossais. La réaction fut sans appel. "Qu'est-ce que tu fous dans le 93 ?". Est sortie ma partie humaniste. Oui il y a des dealers dans le square (comme dans tous les parcs parisiens), oui il y a des jeunes qui traînent en bas des tours, non les patients ne viennent pas armés. J'ai redécouvert au passage un concept. Celui de l'insécurité. Qu'est-ce qui fait qu'un quartier craint ? Comment définit-t'on cette notion ? Oui je me sens étrangère dans ce quartier où tout le monde se connait  depuis des années. Mais je ne me sens pas pour autant en danger. J'ai compris qu'à force de stigmatiser la Seine Saint Denis comme un département peuplés de voyous, on oublie que la grande majorité sont des personnes ne pouvant habiter à Paris pour cause de loyers trop chers, des gens qui bossent, qui ne profitent pas plus de la société que ceux habitant les HLM parisiens. Ce sont ces patients que j'ai croisé. Les jeunes du bas des tours sont ostracisés, nulle part où aller discuter, pas de café à l'horizon, pas de virée à Paris, un système scolaire pourri (le peu que j'en ai entendu ne me donne pas envie d'acheter dans le coin) et en plus un système médical à l'abandon. Double peine.

J'ai quand même pris soin de consulter google mon ami pour me rassurer. Est-ce qu'à force de dire qu'il ne se passera rien, je ne suis pas trop en méthode coué ? Bilan à part des affrontements avec la ville voisine, un braquage de bijouterie et une descente de la brigade des stupéfiants dans la rue, néant. La zone n'est même pas marquée en Z.U.S (zone urbaine sensible) contrairement à Belleville où j'aime aller.

Notez que jamais mon copain n'a été inquiété, ni mes parents. Ce qu'ils voulaient pour moi c'était un emploi du temps plein, et la première question n'était autre que "y a eu du monde ?".

Le cabinet en lui-même est très fonctionnel, mon collaborateur est à la pointe de la dernière technologie, ce qui fait que les matériaux et plateaux techniques suivent. En plus à chaque recherche, je trouve de nouvelles choses très intéressantes que je n'ai pas dans le cabinet A. On est au coeur de ce qu'on appelle l'omnipratique. Soigner tout le monde, répondre à tous les cas. (Ne pas faire que de la prothèse donc avoir de quoi remplir une cavité avec autre chose qu'un pansement provisoire).

Maintenant arrive la phase de réflexion, sachant qu'à eux deux ils forment un cabinet parfait, que choisir ?

Le cabinet A qui est tout propre, tout neuf, là-bas dans l'Ouest parisien. Mais où l'on a pas besoin de moi.

Ou le cabinet B bien équipé aussi, moins neuf, moins bien situé. Mais où l'on a besoin de moi (j'en ai encore eu un qui trépignait de joie à l'idée d'être pris en urgence dans la journée).

En attendant la démission d'un des deux, je jongle, je dors peu, je suis crevée. Je me suis prise pour Wonder-woman quand en arrivant à 20h chez moi, j'ai réussi à caler un jogging et le rôtissage du poulet, source de mes angoisses de la veille. Ma mère m'avait répondu que si mon seul problème était de savoir quand j'aurais 1h30 pour rôtir un poulet, ça allait bien dans ma vie, mais que je ferais comme tout le monde j'achèterais des surgelés.

A suivre !
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