mercredi 11 janvier 2012

Le choix de Sophie

L'un des premiers conseils que l'on m'a donné adolescente était d'être indépendante financièrement. Peut-être par peur que mes qualités physiques (visage ravagé par l'acné + bagues orthodontiques + binocles ) ne suffirait pas à choper faire succomber un médecin orthopédique qui subviendrait  à mes futurs besoins. Sûrement par volonté de me voir réussir par moi-même (le crédo familial) pour me faire décamper de la maison  pour me payer mes magnifiques chaussures parcours.

Bon l'interne je l'ai eu (et perdu LOL). Et entre temps j'avais compris que gagner son propre argent et pouvoir se payer des beaux voyages n'étaient pas si mal. 

Alors j'ai bossé dans un quasi-désert médical. J'ai super bien gagné ma vie. Sauf que j'étais loin de tout (sauf  de mes parents mais tu fais pas de bébés avec tes parents ou alors je connais un très bon psy pour toi) et qu'à 25 ans on a d'autre aspirations.  

Alors je suis retournée dans la grande ville, où il y avait tellement de dentistes que j'ai fait partie d'un sous-groupe minoritaire de la profession ; les dentistes précaires. 

Il faut admettre que j'ai un souci plus grave que mon TOC de l'hygiène, je suis très fidèle, fidèlité à toute épreuve même dans la connerie. C'est à dire qu'en ayant conscience de mon syndrome de Stockholm avancé vis-à vis de ce cabinet où je travaillais tellement peu que j'ai réussi à tricoter un pull sur mes heures de présence,  j'ai mis plus de 3 mois à envisager de me tirer. C'était moche à regarder par mes amis dentistes qui avaient une vie tranquille du côté de la Manche. J'ai failli les rejoindre et je me suis rétractée. Encore une fois j'avais peur du choix de vie.

Partir loin pour du boulot mais avec une vie sociale amoindrie et la perspective de devoir traîner dans les bars pour trouver l'âme soeur ?

L'âme soeur a été trouvée. Et maintenant je vais le rejoindre dans la grande grande ville, là où on a besoin de tout sauf un dentiste, j'ai nommé Paris.

Et là tu commences à chercher du boulot, et TU PLEURES.

Pour les autres postes (remplacement, collaboration 1, collaboration 2, salariat), je n'avais aucune concurrence (ou presque). Limite si en téléphonant pour prendre contact, je n'avais pas déjà le contrat signé.  Ils cherchent tu conviens, tu es prise, pas de CV, de lettre de motivation ...

Là j'ai l'impression d'être sur Meetic. De voir plein de fiches avec rien qui correspond, c'est à dire pour moitié des postes pour travailler vendredi et samedi toute la journée. Et rien les autres jours. Ou à Petaouchnok. 

Là j'ai déjà démissionné donc je ne peux plus reculer, et si la force de l'amour me ferait gravir des montagnes, je commence à me demander si l'herbe est plus verte ailleurs. (Voire si j'ai pas fait une belle connerie).

4 commentaires:

  1. Hello miss,
    si ça peut te rassurer mes copines (dentistes tout comme moi) parties à Paris ont beaucoup plus de boulot que les copines restées dans la ville où on a fait nos études! Ne stresse pas tu trouveras quelque chose de sympa!

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  2. T'as pas moyen de te spécialiser pour sortir du lot? (j'y connais rien hein, c'est juste une question comme ça). Exemple con : je travaillais auprès d'enfants autistes et les parents avaient toutes les peines du monde à trouver THE dentiste qui sache soigner leurs gosses sans hurler/se faire mordre/refuser (rayez les mentions inutiles). Là, je bosse avec des personnes âgées, et s'il y avait un dentiste qui fasse les soins à domicile, qu'est-ce que ça serait bien!!! (mais là, c'est plus compliqué)
    Bon courage pour trouver (sinon, troisième question con, ton chéri ne peut pas quitter Paris?)

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    1. Je pourrais me spécialiser mais je n'ai pas les qualifications ni d'envie particulière pour le moment.

      Je sais que les pédodontistes sont rares après leurs actes sont faits avec dépassements justement pour pallier le facteur temps/rentabilité. Idem pour les soins chez les personnes âgées, tout est un souci d'organisation et de rémunération, tant qu'il n'existera pas de cotation sécu, je ne pense pas que beaucoup de gens le feront, ça reste du domaine du bénévolat, pour pouvoir se permettre de travailler à perte et d'investir dans du matériel ambulatoire. Or là je n'ai ni les compétences ni les moyens de le faire.

      Pour le reste, la question de Paris ne s'est pas posée. Son boulot n'est pas transposable en province, la plupart de ses amis et des miens plus nos familles y sont ou pas trop éloignés.

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