jeudi 3 mai 2012

Ca dépend, ça dépasse

C'est étonnant toutes ces nouvelles questions que je me pose depuis mon installation à Paris.

En plus de savoir si je devrais pas ouvrir un salon de thé (à force de faire du pain et des carrot cake pour m'occuper), je fais face à un dilemme qui ne se discute pas en province. A savoir faut-il faire des dépassements sur les soins ?

Concernant la prothèse, le prix du prothésiste, du matériel fourni et des séances de préparation font que la question est vite résolue. A moins d'envoyer les empreintes en Chine et d'avoir une couronne céramique pour 50 euros mais ça je refuse de le faire.

A Paris et en banlieue (même sensible), les dépassements sont "tolérés". Quand je repense à un ancien collaborateur qui avait des rappels de la sécu car il facturait la consultation à 22 euros (le prix chez le généraliste à l'époque) au lieu de 21, je me dis qu'il rigolerait bien si il voyait ce que je vois. (Genre un détartrage au quadruple du prix ).

Il faut dire que selon un test facebook, je suis une dentiste humaniste. Au départ, j'avais du mal à m'en convaincre. De mon point de vue, on fait ce métier d'abord pour soigner des gens pas pour devenir riche (ou alors être "riche" que la partie de l'année où la caisse de retraite, l'urssaf et les impôts n'ont pas pris leur moitié). 

Puis j'ai vu évoluer certains camardes de promo, ceux qui plutôt que de parler des difficultés rencontrées au cabinet avec tel ou tel patient, de leurs plans de traitements, ne pensent qu'au bénéfice. A faire taxer le patient un maximum, à lui vendre de la prothèse, à le saigner un peu plus en somme. Les même qui finiront par ne soigner que des riches comme eux si "leur" candidat est réélu.

Je n'ai jamais voulu être "pétée de thunes" juste avoir de quoi payer mon loyer (voire payer les mensualités si j'achète), partir en vacances, élever mes enfants plus tard et manger des bons petits plats entre (et plein de paires de chaussures). 

Je ne fais donc pas le course à l'argent. Bien sûr il faut le minimum, être libéral c'est un statut si particulier avec cette équation  pas de patients = pas d'entrées = payer la caisse de retraite + l'urssaf + les impôts + les assurances en se débrouillant autrement . Mais je n'arrive pas à faire du dépassements.

Je n'arrive pas à me résoudre à ne pas coter un détartrage 28,92. En parlant à des parisiens, certains ne savaient même pas que c'était le vrai prix, tellement ici "on fait un peu ce qu'on veut".  En ce moment, j'ai envie de claquer (gentiment hein elle est sympa) l'assistante qui me demande pourquoi j'arrondis pas tout. Je sais pas peut-être parce que je suis une petite fille très sage qui a signé une convention et qui se doit de la respecter. Surtout que la-dite assistante habite dans le même arrondissement que moi, là où sortir 1 euros de plus non remboursé à chaque consult' serait vécu comme une injure.

Je veux soigner tout le monde pas que ceux qui peuvent se permettre de rajouter 40 euros sur chaque soin (oui parce que l'arrondissement de virgule c'est juste le plan B après avoir compris que je ne ferais pas du tarif libre). Même si je dois gagner moins je ne le ferais pas.

1 commentaire:

  1. Elle te prend combien ta coiffeuse pour te faire une coupe en 30min? Pourtant, elle n'a ni le même plateau technique, ni les mêmes investissements en consommables, en gros matériel, en surface de locaux, et encore moins d'assistante à payer à la fin du mois. Et son taux horaire est approximativement le même que pour ton détartrage de 30min...
    Ici, on ne parle pas de gagner moins, on parle de travailler à perte. Tu n'as pas encore ton propre cabinet, tes propres charges qui tombent tous les mois quel que soit ton chiffre. Mais heureusement que tous les soins ne sont pas opposables, sinon pas un seul cabinet ne survivrait (disons, pas un seul cabinet décent, dans lequel tu accepterais de te faire toi-même soigner)

    Je ne suis pas parisien, et ne pratique donc pas de dépassements sur les soins. Trop risqué, vis-à-vis de la sécu comme des patients. N'empêche, y'a des fois, ça fait envie...


    Ne va pas croire que ceux qui le font ne pensent qu'au fric; je pense qu'un paquet d'entre eux l'estiment nécessaire pour prodiguer des soins conformes aux données acquises de la science, et ne pas être dans le rouge à la fin du mois.

    Confraternellement
    Sethef

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