mercredi 17 octobre 2012

Une journée en enfer

Une journée qui commence mal est toujours un lundi.

Un lundi après un dimanche pluvieux sans chauffage. Et un samedi où on aurait travaillé juste assez pour arriver chez soi à l'heure où généralement on prend son café avant la sieste. Un samedi passé trop vite à rêvasser de ce que le week-end pourrait offrir (en l'occurrence un très bon briyani entre amis). Un dimanche à digérer et se languir de la pluie avec un chocolat chaud pour se réchauffer.

Un lundi bien pourri tombe forcément après un très bon week-end. Quand on pas envie de voir s'éclater cette bulle de confort à l'abri des problèmes généraux.

En quittant le cabinet le samedi, on avait pris soin de tout préparer. On savait exactement qui on entendrait sonner.

Mais ce qu'on oublie trop souvent, nous pauvres libéraux qui "n'avons ni le droit ni le temps de tomber malade", c'est que l'assistante a un médecin qui adore faire des arrêts maladie (en Août il était absent et elle voulait que je lui en fasse un pour prolonger ses vacances). 

Certes tout le monde a le droit d'être malade mais là on s'est trouvés bêtes tous les deux en comptant nos plateaux de la journée et nous rendant compte que bientôt on se serait en rade. Là on a pesté contre le bac de nettoyage plein de tous ces instruments utilisés vendredi et samedi. Je me suis remémoré cet instant où je lui ai demandé pourquoi elle ne le faisait pas ce samedi-ci, et qu'elle m'avait répondu que lundi elle s'ennuierait et que ça pouvait attendre.

Heureusement une patiente m'a fait faux-bond et j'ai pris la décision de commencer la "vaisselle" pour mettre ensuite sous sachet tous les kits et mettre en route l'autoclave. J'étais toute contente d'avoir trouvé une activité constructive pour une fois au lieu de traîner sur internet pour m'occuper.

On s'est alternés pour répondre au téléphone et ouvrir la porte. J'ai eu du temps pour ma pause de midi alors que ça me paraissait compromis au départ.

La journée est passée très vite et c'était très bien comme ça. Finalalement on est assez autonomes sans elle (certains cabinets ne peuvet plus fonctionner sans assistante).

J'ai profité de ma dernière force pour passer l'aspirateur à 19h20 alors que j'aurais du courir pour mon métro. Je garde en tête que tout travail réalisé n'est plus à faire. Et je savais que je serais contente en revenant de voir le sol "propre" (pas eu le courage de javelliser).

J'ai noté pour moi-même au fond de mon esprit en vue d'une future installation que le ménage sera fait par un société privée où chaque employé pourra être remplacé en cas de vacances ou maladie (et éviter ainsi la situation où l'assistante fait le ménage quand elle trouve le temps et l'envie) et surtout embaucher une assistante qui aurait une liste de tâches attribuées et qui devra donc les effectuer chaque jour en fonction du besoin et non de l'envie.

Cela me chagrine parfois d'être dans cette position semi-dominante (je ne suis pas le patron mais je suis quand même au-dessus). On a beau être sympa, agréable, ne pas traiter les assistantes comme de vulgaires subalternes, il persiste souvent ce sentiment de révolte ou de jalousie. A coup de "je ne gagne pas autant que toi à l'heure" alors que je suis payée à l'acte et que j'ai fait le triple d'années d'étude. C'est un peu le souci des micro-entreprises où le moins payé côtoie le mieux payé tous les jours et connaît les recettes rien qu'en regardant la comptabilité dans Julie. (Note pour plus tard mettre un mot de passe, là je garde tout accessible pour que mon titualaire y jette un oeil).

A 19h30 j'attendais le métro et je suis arrivée avec 5 minutes de retard chez moi quand le téléphone a sonné.

"Bah t'es où ? Je suis inquiet".

Pour une fois Mr Carie était rentré tôt et à cet instant j'ai oublié tous les tracas de la journée.



 

4 commentaires:

  1. Un peu tire au flanc votre assistante tout de même ...

    Voici un lien qui devrait vous intéresser ( peut être le connaissez vous déjà ) et vous remonter le moral en vous disant que vous n êtes pas seule dans votre malheur !
    http://quotidiendentiste.blogspot.fr/

    La jalousie des autres a malheureusement toujours exister et existera toujours, vous n' avez pas à rougir de votre situation, vous récolter seulement ce que vous avez semer durant vos six longues années d' études de chirurgien-dentiste.

    Bon courage !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est le problème des "longues relations" , on se permet de prendre des libertés. Heureusement dans l'ensemble ça va parce qu'on fait beaucoup de choses sans elle et c'est pas trop handicapant.
      Mais elle est revenue le lendemain donc c'est pas si grave (j'en connais qui ont été plantés au retour de vacances sans nouvelles ).

      Merci pour le lien ça va me faire de la lecture pour ma future pause déjeuner !

      Supprimer
  2. Justement je penserais l'inverse, plus on connait la personne, plus on a de scrupules à la mettre en situation de difficultés alors qu'une relation superficielle nous laisserait plus indifférent, sans trop de culpabilité ni examen de conscience.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans les cabinets l'assistante est les yeux et les oreilles. Si un praticien fait quelque chose d'illégal (fraude sécu ou autre) elle est dans le secret. C'est pas rare qu'elle dénonce en cas de licenciements. Donc c'est un vrai couple. Chacun sait ce qu'il fait et les limites.
      Je ne suis pas sa patronne donc notre relation est différente mais il est difficile d'avoir le lien d'amitié mêlé à celui professionnel.
      Elle se donnerait corps et âme pour le cabinet mais quand elle a pas envie c'est une autre histoire.

      Supprimer

Une erreur est survenue dans ce gadget