vendredi 7 décembre 2012

Peut-on partir en vacances ?

Je n'étais pas au cabinet ces jours-ci et avant de partir je culpabilisais de devoir laisser ces petites dents sans soins. Les patients "comprennent" qu'on ne travaille pas le 15 Août ou le dimanche, ou à Noël car eux aussi sont en famille mais en dehors de ces périodes clés quand on leur dit qu'on prend 1 semaine ou 15 jours de congés on a toujours des reproches. Peu de reproches comparées au nombre de "vous l'avez mérité, il faut vous reposer, vous y avez le droit vous aussi ...". mais des reproches quand même.
Un jeune pas vu depuis plus de 4 mois, s'étonne que je lui propose un rendez-vous à "ma" rentrée. Genre comment vais-je tenir pour mon traitement canalaire encore 3 semaines alors que j'ai loupé mon rendez-vous de septembre et que je n'ai jamais pris le temps de rappeler depuis ??? Il a dit les mots interdits (c'est un jeune) ; "ça va ! Tranquille !". Ni une ni deux j'ai répliqué qu'en Août quand tous les cabinets étaient désertés j'étais là ("moi aussi " a-t'il répondu) et que mes vacances j'ai le droit de les prendre quand je veux (Non mais).
Parce que si on leur demandait quand nous pourrions partir, ce ne serait jamais le moment (j'en ai vu un autre qui m'a dit en rigolant "il va falloir annuler !"). Les fêtes approchent donc tout le monde veut "ses dents" maintenant (comprendre ne plus être édenté pour accueillir la dinde aux marrons). La douleur et les caries ne se déclarent pas toute à une date précise donc à un flux constant de "j'ai mal aux dents", rajoutez à cela les réponses des mutuelles, la réception de la nouvelle attestation CMU ... En somme chaque patient arrive chaque jour en demandant à avoir une bouche neuve pour hier (oui je suis aussi magicienne vous ne saviez pas ?). Quand on leur colle un délai de plus de 2 semaines, on a l'impression de les tuer. Sauf que pour le coup même avec des désistements le planning reste le même je ne suis pas là.
Je pensais que je serais heureuse de pousser tout le monde à la porte les dernières heures mais finalement j'ai culpabilisé et je suis restée bien plus longtemps que je n'aurais dû même si j'étais à 2 doigts de louper mon avion. J'étais trop stressée de laisser mes petits patients, trop peur qu'ils aient besoin de moi en mon absence ou qu'ils se plaignent à mon titulaire Mais il este lui donc le cabinet continue à tourner quand même, je ne les abandonne pas.

Et puis finalement je suis partie, j'ai réalisée dans l'avion que j'étais en vacances enfin.

Et à mon retour je n'ai même pas appelé le cabinet pour savoir si tout s'était bien passé et j'ai laissé filer les derniers jours de pseudo-quiétude.

Le dimanche soir j'ai eu un blues immense comme je n'en avais plus eu depuis la fac.

Le lundi matin mon thé m'attendait en sortant de la salle de bain, j'ai eu un câlin d'encouragement et je suis partie affronter la pluie.

Puis j'ai vu cette patiente rigolote que j'adore qui m'a donné envie de bosser et j'ai entendu ce pianiste faire ses gammes.

Finalement le cabinet m'avait manqué.

2 commentaires:

  1. L'avantage d'être privé de vacances trop longtemps c'est qu'on les savoure encore plus, c'est ça qui les rends si précieuses.

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    1. Quel pied de ne pas avoir à aller au cabinet le samedi matin !!!

      Bien sûr qu'on a tous le droit à prendre des vacances, même si je ne me sentais pas fatiguée avant.

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