vendredi 18 octobre 2013

Courir



On me demande souvent comment je fais pour garder la ligne. En réalité, je passe mon temps à courir que ce soit après le temps, le métro, avant la pluie, avant la fermeture de la boulangerie, mais surtout au cabinet.

Lors de mon premier remplacement sans faire de régime j'ai perdu les 3 kg que je voulais perdre depuis plus de 6 mois (avec régime). En un mois c'était réglé. Il faut dire que c'est rare par ici les pauses thé + petits gâteaux donc les tentations ne sont pas les mêmes que quand on joue à domicile.

Mais surtout j'ai des journées fatigantes malgré ma station assise la moitié du temps.

Quand l'assistante n'est pas là (souvent en fin de journée), je suis (ou on est) seul(s). Dans ce cas il faut ouvrir la porte pour vérifier si c'est le coursier du laboratoire de prothèse, le patient suivant, celui qui a vu de la lumière et qui est rentré, celui qui doit repasser pour payer ... 

Dans tous les cas si on a laissé le patient seul sur le fauteuil, il faut se dépêcher d'y retourner (au moins pour qu'il puisse fermer la bouche), finir le composite, enlever le porte-empreinte, finir d'extraire sa dent ... Autant dire que même quelques secondes sont précieuses pour regagner la concentration pour finir correctement le travail commencé et s'assurer de ne pas trop tarder pour ne pas être en retard pour les suivants.

Je ne parle pas du téléphone car je n'y réponds que si j'ai les 2 mains libres. Enlever mes gants pour ouvrir la porte oui mais pour un combiné avec répondeur non. Je pourrais aussi les garder et en mettre plein l'appareil et la porte, mais rien que l'idée d'avoir mes gants contre mon oreille ou mes cheveux me perturbe (c'est dur de survivre aux cours de bactériologie) (mon titulaire ne semble pas dérangé lui). 

Parfois j'ai envie de pousser le patient qui est venu un peu en avance (à 2 minutes près mon patient se rinçait la bouche et j'étais plus disposée à le lâcher) mais qui ne se bouge pas assez vite pour s'installer en salle d'attente (c'est dur de lui faire le coup du couloir de métro et de l'escalader pour le doubler).

Je peste contre le coursier qui attend que je sois enfermée dans les toilettes pour sonner. J'ai toujours peur qu'il parte si je le laisse attendre trop longtemps mais en même temps je veux me laver les mains et bien les sécher (rappel si on ne sèche pas ses mains, le lavage est inefficace)(et en plus on met de l'eau partout)(ma vie est difficile je sais).

Les rendez-vous suivants et les coursiers ça se cale encore facilement en comparaison avec le voisin qui passe. Ce dernier si il veut un rendez-vous nécessite un peu de temps et d'attention (pour ne pas trop se sentir poussé à la porte), voire de la patience si il n'est jamais venu mais ne sait pas quand il est disponible/ parler français correctement/ a un dossier à créer et un nom à rallonge ... Là on a envie de se tuer car on sait qu'à peine réinstallé au fauteuil on devra se relever pour ouvrir à un patient attendu.

Mention spéciale du jury pour le "patient qui est censé passer" mais pas à un horaire précis. On sait qu'on doit l'attendre (mission généralement donnée par le titulaire) car il doit déposer un gros montant en liquide (et forcément il ne peut jamais passer un autre jour que celui où je suis seule)(il ne peut pas non plus déposer l'enveloppe dans la boîte aux lettres). Cette personne ne vient jamais quand je m'ennuie à mourir mais toujours en plein rush (loi de Murphy).

N'oublions pas ceux qui me prennent pour l'assistante du titulaire et me parlent de leur devis ou autres traitements en cours dont je n'ai jamais entendu parler, et qui veulent une réponse là tout de suite alors que je suis pressée.

Je rêve de me téléporter mais en attendant je cours dans les couloirs.





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