vendredi 14 février 2014

Lâcher-prise

2013 ça restera ma grande annus horribilis. On pense toujours que le pire est passé mais finalement quand on y vient on se rend compte que ce qu'on a vécu avant ce n'était rien à côté, même cette année où j'avais perdu ma grand-mère et mon grand amour à quelques semaines d'intervalles.

Dès la fin de l'année 2012 j'aurais dû sentir que ça n'allait pas aller, ma belle-mère ayant fini l'année à l’hôpital. Puis au fur et à mesure des mois, on a découvert 1 puis 2 puis 3 cancers dans la famille. Autant dire que même si on a une grande famille, on garde en tête que la moitié des oncles et tantes puisse être décimée. Et on passe l'année à avoir l'impression de se noyer et avoir quelqu'un qui te replonge à 50 mètres de profondeur en te maintenant la tête sous l'eau dès que tu trouves la force de remonter. Ou le fameux sentiment du "quand y en a plus y en a encore".

J'aurais pu me lamenter, tout plaquer, me laisser mourir de faim, m'enfermer dans le boulot mais j'ai choisi de profiter de ma vie (enfin de ce qu'elle m'offrait) (l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération). 

Et tout d'un coup comme un poids s'est levé de moi, plus de stress pour le cabinet, pour les rentrées d'argent, le CA en berne avec la crise, les mois d'été creux, la reprise de l'activité à la rentrée de septembre qu'on attend toujours en octobre puis novembre, le fameux congrès où tout le monde se targue de son super chiffre et où je pensais à tout autre chose, jamais je ne me suis sentie aussi détendue au travail.

En parallèle il faut dire que MrCarie et moi essayions de mettre un bébé Carie en route. Inutile de dire (ceux qui sont passés par là savent) que ça occupe pas mal l'esprit entre les "ça se trouve là c'est bon", "quand est-ce qu'on réessaie" ... des semaines à calculer les jours avant, les jours après, à ne pas savoir, à espérer, à déprimer, à se réjouir.

Quelque part entre la maladie et la vie, j'ai continué à travailler, à m’inquiéter pour ceux que je soignais, à vouloir leur offrir le meilleur des soins avec le maximum de ce que je pouvais techniquement,. Mais si on avait analysé mes pensées, on aurait vu que  physiquement j'étais là, mais mentalement j'étais dans une galaxie far far away .

J'avais réussi à me détacher des problèmes matériels, à ne plus angoisser sur le "que va t'il penser si je lui réponds ça alors qu'il veut ça ?". Je pensais que j'allais passer pour une soignante froide et antipathique, voire même une "personne qui a des relations sexuelles de qualité insatisfaisante" mais personne ne s'est plaint, personne ne m'a rien reproché.

Finalement dans mon malheur, j'ai compris que si on peut mourir de soucis pour sa famille, on ne devrait pas mourir pour son travail, il y a bien plus grave dans la vie. 

2 commentaires:

  1. Enceinte de 4 mois, et sortant de chez le dentiste pour une extraction de dent de sagesse sous anesthésie locale, merci de bien vouloir trouver ci dessous un immense merci pour :
    -votre blog clair et lisible
    -Les informations que vous apportez sur votre profession (même si, habitant en Suisse, les histoires de sécurité social et de mutuelle me font doucement sourire…!)
    -Tout mes voeux de réussite pour la mise en oeuvre de bébé Carie!

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