mercredi 4 juin 2014

10 bonnes raisons de se faire larguer

J'ai aidé certains patients à abandonner de venir se faire soigner au cabinet, j'en avais marre de leurs retards, comportement ... et je les ai poussé délicatement vers la porte. Eux je ne les regrette pas.

Mais il y a d'autres patients  que j'ai perdu (ou que mes confrères ont perdu) pour des raisons plus ou moins débiles.


  • Faire poireauter un patient plus d'une heure.  Ça ne m'est jamais arrivée mais en tant que collaboratrice j'ai déjà vu un patient du titulaire traverser la salle d'attente pour frapper à ma porte, pour me trouver désœuvrée et me dire "je venais pour un détartrage j'en ai marre d'attendre, vous pouvez me prendre ?". Et je l'ai pris. Je sais ce n'est pas confraternel mais à l'époque quand j'avais 4 patients dans la journée j'étais contente alors que de l'autre côté la titulaire en avait un toutes les 15 minutes (faites le calcul pour une journée de 10h sans pause déjeuner).

  • Tâcher le tee-shirt d'un patient.  On manipule à longueur de journée des produits qui tâchent. Dont un qui tâche ET décolore. Il suffit qu'une goutte échappe à notre contrôle pour venir s'écraser sur la manche du pull noir du patient et on peut observer cette plage rouge se former. C'est fini c'est foutu. Soit on le dit au patient, soit on attend qu'il s'en aperçoive. Si on est honnête on rembourse mais rares sont ceux qui ont gardé une facture.

  • Encaisser un chèque avant l'accord du patient. Dans mes affaires, j'ai une enveloppe "chèques en attente". Souvent on détermine une date et j'attends qu'elle arrive, parfois je patiente pour le coup de téléphone "la mutuelle m'a réglé c'est bon". Et une fois je me suis trompée, j'ai mis le mauvais chèque en banque. Forcément le patient a appelé en colère. Forcément je ne pouvais pas annuler ma bêtise. Forcément il n'est jamais revenu pour les autres travaux.

  • Etre trop longue/lente. Certains soins prennent de l'énergie et demandent un temps imcompressible. Pour chaque praticien le temps dévolu à ce soin peut être modulé en fonction de certains éléments (présence d'une aide au fauteuil, difficulté de la dent ...).  Il m'arrive parfois à avoir du mal à anesthésier certaines molaires mandibulaires. Je sais que c'est la dent le problème car j'en ai anesthésié des centaines (des milliers ?) d'autres avec succès. Mais le patient est un individu et ne se conçoit pas comme un numéro. Pour lui si je n'arrive pas à endormir sa dent c'est forcément que je suis nulle. Surtout si c'est la première dent que je lui soigne. Difficile pour lui de faire suffisamment confiance pour avoir envie de revenir se farcir une séance où il ne sera pas certain que je pourrais terminer le soin. D'autres fois je bloque/bute simplement sur un canal radiculaire un peu trop calcifié/courbé/difficile et le patient ne comprend pas que je veux faire au mieux pour lui (au lieu de lui faire perdre son temps). Surtout qu'au final je suis la plus grande perdante car si la séance se solde par un soin non terminé je ne cote rien. Donc je ne suis pas payée. 

  • Se tromper de dent et anesthésier le mauvais côté. Comment peut-on se tromper de dent ? Parfois on a des patients qui ont des caries symétriques ou plutôt des dents cariées sur chaque hémi-arcade donc ce n'est pas gravissime (surtout si il n'y a aucune urgence). D'autres fois il y a une seule dent atteinte et c'est dur de se rattraper. Comment expliquer qu'on a écrit "droite" dans le dossier alors qu'on pensait "gauche" et qu'on a pas reverifié ? Dans le cas rapporté, le patient s'est interrogé  après. "Bah c'était à droite pourquoi vous endormez à gauche ?". Manque de bol, il (un pote de fac) venait de faire un "bloc" ou anesthésie loco-régionale qui endort la moitié de la mandibule. Et il ne pouvait pas en refaire un en controlatéral donc la séance était fichue … 

  • Mention spéciale "je te fous ton traitement orthodontique en l'air".  Dans la lignée du point précédent. Dans le cadre des traitements orthodontistes, on extraie souvent les premières prémolaires définitives. Jamais les secondes ou très rarement. Le patient nous donne la lettre de l'orthodontiste et on se lance. Certains sont moins attentifs et se disent "allez pas besoin de la lire cette lettre" et se rendent compte après qu'ils ont arraché 4 mauvaises dents. Pas des incisives je vous rassure, ni des molaires, juste la dent voisine, qui a l'oeil nu est semblable mais en fait non. Elle fait 2 mm de largeur de moins et ça suffit à faire foirer le plan de traitement de l'ortho, parce que oui parfois on est à 2mm près pour aligner des dents ...

  • Faire un gros devis dès le premier rendez-vous. Même si de gros travaux sont nécessaire il faut amener ça avec délicatesse. Premièrement parce qu'on est pas des commerciaux et deuxièmement car le patent est avant tout un humain qui a besoin d'intégrer le fait qu'il a du travail et qu'il doit investir le prix d'une voiture dedans.  Je sais que beaucoup de confrères adorent faire le listing de tout ce qui serait bon de refaire à la manière du chirurgien esthétique ou de l'orthodontiste qui voient le moindre défaut dont vous n'aviez pas connaissance. Franchement ça change quoi d'attendre 1 an avant de refaire tous les amalgames en inlay-onlay si le patient ne s'en plaint pas ? A part de le dégoûter et de le détourner de l'urgence (la dent qui va casser qui elle n'attendra pas 6 mois). Certains patients sont prêts à faire des efforts financiers car ils en comprennent la raison et la nécessité d'investir. Pour les autres (pas forcément les moins fortunés d'ailleurs) il leur faut faire un travail en amont et les assommer ne fera que reculer les soins (certains diraient bon débarras qu'ils aillent voir quelqu'un d'autre).

  • Faire un travail prothétique et ne pas demander d'acompte. L'erreur de débutant classique, faire confiance au patient qui est tout miel avec vous et vous promet de vous payer en 6 fois en venant déposer les espèces tous les mois. On peut être assuré que non seulement il ne reviendra pas même pour un rendez-vous de contrôle, mais en plus il ne répondra ni au courriers ni aux appels téléphoniques. A moins d'être aidée d'un bon huissier et de vouloir s'acharner pour récupérer ses pions c'est peine perdue.

  • Ne pas répondre à la demande du patient. Nombreux sont ceux qui nous voient comme des vendeurs de sourires ultra-brite et qui veulent qu'on exauce tous leurs voeux les plus fous (ou les plus impossibles). Déçus qu'on ne les perçoivent pas comme des clients mais comme les patients qu'ils sont, ils ne reviennent jamais. 

  • Partir en congé maternité et prendre un remplaçant qui ne plaît pas ...

5 commentaires:

  1. Agathe Tournesoleil4 juin 2014 à 12:53

    Tiens moi j'ai eu l'inverse : le chèque encaissé 6 mois plus tard, sur un compte désormais inactif... Merci les agios... Et l'interdit bancaire qui a failli en découler...

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  2. Généralement on oublie pas d'encaisser les chèques sauf quand on est en congé depuis longtemps. Et là c'est vrai que ça fait mal quand il n'y a pas de provision.

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    1. Agathe Tournesoleil5 juin 2014 à 16:54

      À sa décharge, je crois que c'est un "gentil". Là c'est la 4ème fois qu'il voit mon mari pour une prothèse, a encore rien demandé comme frais... (mais perso sur le coup j'avais vraiment râlé)

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  3. Le remplaçant ne plait pas ?

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    1. Chacun réagit différemment à la "nouveauté". Les anciens reviendront; les nouveaux-non conquis iront ailleurs. Ainsi va la vie !

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