mardi 9 septembre 2014

Culpabilité

J'ai repris le boulot et il ne m'a pas manqué (le bébé pas le boulot). Il faut dire que je n'ai pas eu le temps, tellement occupée que j'étais à courir dans tous les sens pour remettre de l'ordre dans mes affaires, à retrouver mes marques perturbée par l'ouragan remplaçant qui a un sens de l'ergonomie bien différent du mien (et qui a du penser que si j'avais été bien sympa de garnir les tiroirs pour ne manquer de rien il n'avait pas à faire de même). Entre les réglages du fauteuil à refaire (on ne peut pas dire qu'il n'était pas à l'aise au moins) et les patients qui avaient pris rendez-vous pour moi, je n'ai pu me poser qu'à l'heure du déjeuner. 

Je stressais de reprendre car je m'étais habituée à ma vie tranquille sans grande responsabilité (maintenir un être humain en vie n'est guère très difficile comparé à satisfaire tous ses patients). 

Du jour au lendemain, je l'ai laissé une journée entière (non sans m'en occuper avant de partir quitte à me réveiller plus tôt). 

J'étais heureuse au boulot puis soucieuse. Sur moi planais cette mission à accomplir, être une super dentiste doublée d'une super maman. Devoir gérer les 2 en parallèle. Avoir la pression du titulaire qui veut que je bosse plus pour le décharger de sa surcharge de travail, devoir bosser moins pour s'ajuster au mode de garde. 

Etre tiraillée entre son bien-être psychique (=avoir une activité intellectuelle autre qu'apprendre des comptines) et le bien-être de son nourrisson (=qui n'a connu que moi ou presque pendant 4 mois et demi et qui doit composer avec une nounou qui opère différemment).

Mais être poussée aussi par l'URSSAF, les impôts et la caisse de retraite qui n'ont pas manqué de me rappeler qu'il fallait que je travaille si je voulais pas vider mon livret A. 

Maintenant je comprends ces femmes qui ont choisi d'arrêter de travailler, c'est difficile avec nos horaires de dingues quand on a pas de solution de garde adaptée de devoir jongler, et parfois on préfère abdiquer, oublier ses plans de carrière, ses rêves de vacances en club pour se recentrer sur l'essentiel, son enfant.

En attendant je navigue à vue entre l'incapacité financière de démissionner (et l'envie d'avoir une activité professionnelle qui prévaut toujours) et mon envie d'enfoncer ma tête dans un oreiller pour étouffer mes cris.

Bien sûr que je suis aidée. MrCarie est plus que présent et me seconde à merveille.

Mais toute la pression est sur moi. Je suis la mère, je l'ai voulu. 

4 commentaires:

  1. La parentalité est un grand bonheur, mais c'est également incroyablement dur.

    Je suis papa d'une petite fille, en garde alternée. Je bosse comme un dingue les jours où elle est chez sa mère, pour pouvoir m'occuper d'elle quand elle est avec moi. L'organisation doit être millimétrée, et au premier couac c'est le bordel. J'ai annulé un paquet de journées de cab à la dernière minute parce qu'elle était malade et qu'il n'était donc pas question de la poser à la crèche. Clairement, tu ne peux plus avoir le même investissement au boulot qu'avant. J'imagine que ça se calme au bout de quelques années.

    Néanmoins, tu as la chance d'avoir un job qui te permet de gagner confortablement ta vie et de choisir tes horaires. En tant que collab, tu n'as pas de frais fixes, et ça enlève une sacrée pression. A mon sens, il faut accepter de bosser, et gagner moins, pour rester concentré sur l'essentiel. Chacun fera ses choix selon ses possibilités personnelles...

    (là, j'ai fermé 3 jours pour l'amener à Disney, ça vaut tout l'or du monde!)

    Bonne chance et profite à mort.

    @+ Sethef

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    1. Mince je suis désolée pour la garde alternée.
      C'est vrai que j'ai de la chance et le papa s'en occupe beaucoup.
      Mais du coup ça me gonfle qu'on me parle d'achat de cabinet, je ne m'en vois pas capable.
      C'est crevant mais ça vaut le coup !

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  2. Ouais... Clairement, monter un cab avec un enfant en bas âge semble plus que compliqué. Même pour moi qui suis un affreux fainéant, la première année de reprise c'était 70h de boulot par semaine, faut pas espérer s'occuper d'un ptit bout à côté. Ou alors c'est le conjoint qui gère, c'est possible aussi. Là encore, chacun fait à sa manière.

    L'avantage d'être chez toi, c'est que tu gères tes horaires, ce qui est génial avec des enfants. Par contre, vu la conjoncture actuelle, faut les avoir bien accrochées pour se lancer à son compte. Question de caractère j'imagine.

    @+ Sethef

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    1. MrCarie aimerait bien (il pense qu'il pourrait s'arrêter de travailler, mais il rêve), je suis plus réaliste, ce n'est pas le moment je pense. On va attendre les retombées de la loi sur les réseaux de santé.

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