jeudi 2 octobre 2014

Maniaque (2)


Je rigole quand on me dit que certains bébés ont peur de l'aspirateur. Le son était tellement familier in utéro qu'il n'en a même pas peur. 

Il faut dire que durant ma grossesse non seulement je me retrouvais parfois seule une après-midi entière (à devoir me lever et ouvrir la porte) mais j'ai dû aussi faire le ménage. Enfin du. Personne ne m'a forcée. Mais vous iriez vous faire soigner chez un dentiste dont le sol est parsemé de cheveux ? En bonne maniaque j'ai donc lavé le sol pour redonner un peu de dignité au lieu. (N'étant pas folle et ne voulant pas encourager le titulaire à ne pas engager une femme de ménage ou à ne pas payer l'assistante pour qu'elle le fasse, je n'ai bien sûr nettoyé que ma partie) (inutile de dire que la situation n'a pas bougé et que l'on me regarde toujours passer l'aspirateur avec des grands yeux éberlués).

Avoir une chambre à la maternité avec un distributeur de gel hydro-alcoolique accroché au mur me ravissait, en rentrant chez moi j'en ai collé dans chaque pièce non dotée de lavabo, les bactéries n'avaient qu'à bien se tenir ! Chez moi le terrain est miné, et au fur et à mesure je lâche du lest pour "immuniser" BébéCarie à la vraie vie (sol non javellisé qu'il prend plaisir à lécher). 

Le grand choc de l'année a été le retour au cabinet.

Certains ont eu des ballons et une guirlande disant "welcome back !", pour ma part j'ai retrouvé une pièce sans dessus dessous. 

J'ai un peu fait une crise d'angoisse. Puis j'ai repris mes respirations abdominales (mon ventre me remercie). J'ai commencé à compter les tâches d'eugénol à décaper (tâches qui ont cette propriété d'être tenaces si on oublie de les retirer à la fin de la journée) et j'ai retourné tous les tiroirs. 
C'est tellement drôle et facile de laisser son bébé à la nounou et de retourner bosser, comment ne pas se réjouir de ne pas retrouver un univers familier et de devoir prendre une journée à tout ranger ? J'avais tellement souhaité qu'il soit à l'aise que j'avais rechargé les tiroirs, mis à disposition tout ce qui me paraissait essentiel sans qu'il ait à farfouiller dans la réserve. Apparemment ça ne lui a pas paru opportun de faire de même (l'ergonomie étant le meilleur ingrédient de notre efficacité). 

Finalement remettre tout en ordre n'était pas le plus compliqué, ça c'était la façade, la partie visible de l'énorme horreur que j'allais découvrir.

L'état du cabinet reflétait parfaitement l'état des soins effectués en mon absence par mon remplaçant.

Inutile de dire que c'est catastrophique.

A suivre.

2 commentaires:

  1. ouille, çà ne présage rien de bon!! vous faudra t'il rappeler tous les patients vus par lui!!
    bon courage!!
    Danielle

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    1. C'est impossible techniquement, ils sont trop nombreux. Et ça créerait une psychose inutile. Je préfère prévenir ceux que je vois des complications habituelles sans être alarmiste et surveiller.

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