vendredi 6 mars 2015

Combien coûte un enfant professionnellement ?

Le début d'année pour les libéraux est marqué par la fermeture de la comptabilité professionnelle de l'année précédente, de belles heures de prise de tête pour les rapprochements bancaires et rendre tout dans les temps à l'association de gestion (quand on a pas de comptable).

Une fois que tout est déposé, et que l'association de gestion a tout vérifié et recalculé, on obtient notre déclaration 2035 sur laquelle est inscrit le bénéfice réel de l'année terminée. Une belle manière de voir combien on a vraiment gagné.

Car en libéral on a toujours (ou presque) de l'argent sur son compte pro. Si on travaille, les entrées (et sorties) sont régulières, pas ponctuelles comme un salaire. Ainsi même si certains mois sont difficiles (sauf quand la régularisation URSSAF dépasse le solde du compte), on a jamais l'impression d'être à sec.

Et puis il y a ce chiffre que j'ai vu en bénéfice net.

J'ai demandé deux fois à la personne qui s'était occupée de la mise en forme si ça correspondait bien à ce que j'avais gagné.

Oui c'était bien ça, en 2014, j'ai gagné 7000 euros.  Pratiquement 40 000  de moins qu'en 2013. Rapportés sur 12 mois ça ne fait pas un SMIC. Même si les indemnités journalières pour le congé maternité ne sont pas comptés (mais il ne sont que de 3000 euros).

Maintenant que je suis sortie du marasme financier ça me fait sourire car je sais que je ne paierais pas d'impôts cette année, et qu'ils vont devoir me rembourser le premier tiers (et le deuxième qui viendra).

Je suis heureuse de m'en être sortie, même si je sais comment: j'ai  vidé mon livret A. Car il fallait bien la payer la régularisation URSSAF et les impôts.

Je ne pense pas qu'il y ait de meilleurs moments pour faire un enfant, je suis collaboratrice, j'aurais pu avoir un cabinet à moi et devoir payer d'autres personnes quoi qu'il arrive, ça aurait sans doute été plus dur ou stressant.

J'aurais pu aussi choisir de reporter mes cotisations retraite comme certaines le font, mais ça aurait repousser l'échéance (ou perdre un semestre).

J'aurais pu me reposer financièrement sur MrCarie ou mes parents mais ça n'est pas ma vision des choses.

Ça n'a pas été un sacrifice.

J'ai le plus beau des sourires chez moi et ça en valait tout l'or du monde.

6 commentaires:

  1. L'année prochaine tu paieras que dalle d'URSSAF, ça compense. Par contre la CARMF... enfin je ne sais pas comment c'est chez les dentistes, mais chez les médecins c'est pas tip top proportionnel. Moins tu gagnes, plus tu payes...

    Mais bref, le problème des libéraux, surtout, c'est qu'on paye toujours les cotisations sur l'année passée, du coup, quand on a des changements de revenus importants, c'est merdique.

    L'année prochaine, ça sera mieux.

    Mais qu'on se leurre pas, la maternité en libéral, c'est une putain de précarité, et il va falloir changer ce système fait par des mecs pour des mecs.

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    1. Tout est en N-2 donc effectivement l'année prochaine ce sera light sauf pour la caisse de retraite car il y a une base de 7000 euros minimum (je crois) quoi qu'on fasse ...

      Après je le savais (même si je n'avais pas anticipé que ce serait aussi vide dans l'emloi du temps). Et je suis prête à) recommencer une fois le livret A rempli :)

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  2. 2 choses:

    • vos indemnités RSI rentrent dans la catégorie "gains divers" de votre 2035, en principe elles sont réintégrées dans le calcul de votre benefice;

    • je suis également nantie... pardon libérale (avocat), et j'ai également eu un bébé en 2014, je ne saurais que trop vous recommander de ne pas laisser les organismes se baser sur une année incomplète.
    Je n'ai jamais compris qu'on se plaigne de se décalage en N+2, alors qu'il suffit de demander une modulation à la hausse.
    En revanche, je ne demande pas de modulation à la baisse.
    Ainsi, en 2014 j'ai parfois tiré la langue (et puisé dans mes réserves), mais je ne fais jamais assassiner sur la régularisation de fin d'année.
    Au contraire, ça permet d'avoir des remboursements en fin de courses, et après une année difficile et stressante (c'est toujours angoissant de ne pas savoir de combien sera amputée une année, et si la grossesse se passe mal, et si on accouche plus tôt, et si, et si, et si...), ça rend la fin de l'année plus agréable.

    Bref, faire un enfant en libéral, c'est surtout une folle aventure, beaucoup d'organisation, mais en anticipant bien on s'y retrouve!

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  3. Mes indemnités CPAM (nous professionnels de santé ne somment pas affiliés au RSI) ne rentrent pas dans le bénéfice mais seront déclarées avec la 2042. Après si ça n'avait pas été le cas ça ne ferait aucune différence sur le montant de mon impôt.

    En ce qui concerne la régularisation URSSAF à part l'échelonner sur plusieurs mois la somme reste due, elle a toujours lieu en fin d'année (je préfère d'ailleurs leur donner ce qu'ils me demandent plutôt que trop car ils ont du mal à rembourser ), donc autant la payer; pareil pour la caisse de retraite.

    Anticiper oui je l'ai fait (ça a été dur mais finalement c'est plus en faisant le décompte que je me suis rendue compte, sur le coup j'ai quand même "vécu").

    Par contre impossible de prévoir la baisse d'activité, mais pour le prochain je saurais.

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  4. Beaucoup se plaignent de l'URSSAF, mais je n'ai jamais eu de souci, sûrement parce que je choisis l'imputation plutôt que le remboursement.

    Dans notre profession, y a pas de remplacement possible, donc l'argent ne rentre tout simplement pas. Par contre, on peut continuer à faire avancer nos dossiers.

    En tout cas, mieux vaut se constituer un petit matelas avant de tomber enceinte, ça rend plus sereine, et c'est pas du luxe.

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    1. J'avais un matelas comme vous dites, sinon je n'aurais pu partir en vacances ou faire les achats que j'ai fait. Je ne me suis pas privée.

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