lundi 1 juin 2015

Légende urbaine, j'ai un cancer à cause des radios faites chez mon dentiste

Attention spoiler roman fleuve. Prenez un café/un thé, installez vous confortablement avant d'entamer la lecture.

J'espère que vous ne m'en voudrez pas d'avoir fait plus de l'assemblage de sources que de la réécriture, je ne trouvais pas les mots pour reformuler. Comme d'habitude, chaque mot surligné (ou image) de bleu renvoit vers le lien d’origine (oui tout est bleu je sais).

Seule 42 % de l'irradiation reçue par chaque individu provient de l'imagerie médicale.
En effet nous subissons tous une irradiation naturelle



Pour recevoir une dose d'un millisievert
17 mois à Paris
9 mois dans le Limousin
7 vols aller-retour Paris-Tokyo ou San Francisco
1 jour 1/2 à bord de l'ISS (altitude 400 km)

Mesures réalisées sur des routes représentatives des différentes situations d'exposition aux rayonnements cosmiques. Dans les cercles, est mentionné le débit d'équivalent de dose ambiant moyen sur le vol en microsieverts par heure (µSv/h). La dose totale est donnée pour un aller-retour en millisieverts (mSv). Pour le vol Paris-New York, la mesure est effectuée en Concorde.
https://www.sievert-system.org/#Exposition

L'irradiation artificielle quant à elle  prend son origine de plusieurs sources :
















Voici quelques exemples de Doses Types d’exposition 



Ou encore une frise comparative














http://www.mesure-radioactivite.fr/public/spip.php?rubrique69




Quelles sont les doses délivrées lors d'une radiographie dentaire ?

De telles doses sont considérées comme très faibles.

Ainsi, les doses délivrées par les clichés intra-buccaux et céphalométriques sont faibles, habituellement équivalentes à moins d'une journée d'exposition naturelle. Les doses délivrées par le panoramique sont plus variables, mais même celles qui se situent dans la fourchette haute sont équivalentes à quelques jours d'irradiation naturelle ou a une radiographie du thorax. En ce qui concerne les explorations 3D (ou volumiques) réalisées avec des scanners ou des appareils dédiés, les doses sont toujours inférieures à 10 mGy, quel que soit l’organe considéré. 

La radiation effective générée par la radiographie dentaire est des centaines – voire des milliers – de fois moins importante que celles des examens médicaux courants (radio du poumon, scanner abdominal, etc.) et dans la plupart des cas, n’excède pas la radiation naturelle. « N’oublions pas que l’activité de radiographie dentaire n’est pas un gros pourvoyeur de rayons X, souligne Philippe Rocher. Elle correspond à quelques heures d’irradiation naturelle. Nous sommes constamment soumis à des irradiations telluriques, cosmiques, et même alimentaires. Celles-ci varient d’une région à l’autre en fonction de la nature du sol ou de l’altitude. Par exemple, en Île-de-France, elles sont de 2,4 mSv/an et, en Bretagne, de 3,6 mSv/an. Au rang des irradiations « médicales », la part due aux radiologies dentaires, même si celles-ci constituent un nombre significatif d’actes, est très réduite. Les radiographies dentaires représentent en effet 24,7 % des actes réalisés en 2007, mais seulement 0,2 % de la dose efficace collective. Ainsi, les doses efficaces délivrées par les clichés intrabuccaux (de 1 à 8 μSv) sont à peu près équivalentes à moins d’une journée d’exposition naturelle. Les doses délivrées par une radio panoramique sont plus élevées (de 4 à 30 μSv), mais même celles qui se situent dans la fourchette haute ne sont pas supérieures à quelques jours d’irradiation naturelle. »Le risque reste donc très limité. En regard, la réalisation d’une radio dentaire, qui va permettre de poser un diagnostic précis et de pratiquer des actes adaptés, présente un bénéfice incontestable. 


Grossesse et risques dues à l'irradiation

Les rayons X auraient une action :-    embryoléthale (risque de mort de l’embryon) ;-    ou tératogène (risque de malformations). Cette action serait maximale pendant les deux 1ers  mois (période embryonnaire pendant laquelle a lieu l’essentiel de l’organogenèse). En réalité,  l’exposition du fœtus serait de 0,004 rads pour une radiographie du crâne est de 0,00001 rads pour un bilan dentaire rétro-alvéolaire réalisé sous protection par un tablier plombé. Pour un cliché rétroalvéolaire la dose délivrée (50 mgrays) serait 500 fois inférieure à la dose limite et la dose pour une radiographie panoramique serait 50 fois inférieure (1)

.Ainsi, il semblerait que la prise d’un ou de plusieurs clichés en intra buccal ou même en exobuccal soit sans conséquence pour le fœtus,  car l’irradiation est très faible et la source éloignée du bassin 
.Toutefois, par mesure de sécurité, la prise de clichés radiographiques n’est justifiée chez la femme enceinte que lorsqu’elle est absolument nécessaire au diagnostic ou au traitement notamment en cas d’urgence (pulpite aigue, parodontite apicale aigue débutante, installée, abcédée, cellulite). De plus, les clichés sont obligatoirement réalisés sous protection par un tablier plombé. Par ailleurs, il convient de reporter les examens radiographiques à chaque fois que possible au-delà du 1er trimestre .Enfin, parmi les examens radiographiques formellement contre-indiqués pendant la grossesse : l’examen sialographique des glandes salivaires, car l’iode provoque une insuffisance thyroïdienne responsable de la mort du fœtus par asphyxie .


Que faire après un examen radiologique diagnostique fortuit chez une patiente enceinte ?
Un examen radiologique chez une patiente enceinte peut susciter des inquiétudes. Les professionnels de santé doivent informer la patiente sur le risque associé aux procédures diagnostiques utilisant les rayonnements ionisants.

Les points suivants sont à souligner :  
Dans l’état actuel des connaissances, il est improbable que l'exposition aux rayonnements ionisants résultant d'examens radiologiques entraîne des effets délétères chez l'enfant, mais l'éventualité de survenue d'effets radio-induits ne peut être totalement écartée.
La patiente doit être informée qu'une évaluation du risque a été réalisée, non pas parce qu'il y a raison de croire que le risque est élevé dans sa situation, mais parce qu'il s'agit d'une précaution habituelle chaque fois qu’un examen radiologique est réalisé sur une femme enceinte.
L'évaluation doit être réalisée au cas par cas en fonction de l'âge de la grossesse au moment de l'exposition, et des niveaux de dose reçus par le fœtus.
Une estimation précise de la dose au fœtus nécessite certaines informations sur l'équipement radiologique, le type d'examen réalisé, la morphologie de la patiente,… Toutefois, des valeurs de doses fœtales "types" peuvent être utilisées en gardant à l'esprit qu'il peut y avoir un écart significatif entre les valeurs de doses "types" et les valeurs de doses estimées d'après les conditions réelles d'exposition.
L'évaluation de la dose peut être réalisée par un physicien médical ou en contactant l’IRSN (01.58.35.92.86 ou rpmed@irsn.fr).
Une fois l’évaluation réalisée, et en fonction de la situation, le médecin, la patiente et les autres personnes concernées peuvent alors prendre une décision éclairée sur le déroulement futur de la grossesse.




  
Un examen radiologique ou de médecine nucléaire peut-il entrainer la survenue d'un cancer ?

La quasi-totalité des examens radiologiques ou de médecine nucléaire réalisés selon les guides de bonnes pratiques conduisent à des doses efficaces inférieures, voire très inférieures, à 100 mSv. L'excès de risque de cancer pour des doses inférieures à 100 mSv est discutable à cause du manque de données mettant en évidence cet effet dans les études épidémiologiques. L'excès de risque ne peut être déduit que de la relation dose-effet. Cependant, plusieurs examens, en particulier scanographiques, réalisés chez le même patient peuvent entrainer des doses efficaces de 100 mSv ou plus.

La CIPR a estimé que le risque de cancer mortel radio-induit pour une population adulte est de l'ordre de 5%/Sv ou (en utilisant l'hypothèse de la relation linéaire sans seuil pour l'extrapolation aux faibles doses) de 0,005%/mSv. Les risques liés aux rayonnements ionisants doivent être comparés au risque de cancer mortel spontané (20%) et à l'incidence naturelle du cancer (40%) (tableau ci-dessous). Avec la mise en évidence récente de la radiosensibilité du tissu mammaire, une attention particulière doit être portée aux examens réalisés chez de jeunes patientes. Tout doit être mis en œuvre pour utiliser des protocoles basse-dose.
A lire aussi radioactivité naturelle et médicale expliquées en BD

Et également t les effets des rayonnements sur notre organisme. 

3 commentaires:

  1. Post très intéressant qui permet de relativiser l'exposition médicale (en général) aux rayonnements ionisants !
    D'autant plus intéressant que je sors d'un cours PCR (personne compétente en radioprotection) dans lequel 3 dentistes étaient présents !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci de me rappeler que je dois me mettre à jour sur la formation PCR :D

      Supprimer
  2. Merci pour cet article. La légende était donc fausse... Nous n'avons plus d'excuses maintenant, il faut consulter. Merci de me rappeler que je dois aller faire ma petite visite annuelle chez le dentiste.

    RépondreSupprimer

Une erreur est survenue dans ce gadget